Jasmine - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Jasmine

Jasmine

France - 2013 - 1h10
sorti en France le 30 octobre 2013
compétition Annecy 2013
film d'animation - film francophone
de

Alain Ughetto

scénario : Alain Ughetto, Chloé Inguenaud, Jacques Reboud
direction de la photographie : Pierre Benzrihem
musique ou chansons : Isabelle Courroy
voix : Jean-Pierre Darroussin, Fanzaneh Ramzi
séances : semaine du mercredi 29 janvier 2014
mercredi 29 jeudi 30 vendredi 31 samedi 1er dimanche 2 lundi 3 mardi 4
18:45
20:30
18:45
20:35
18:45

synopsis

Dans le Téhéran de Khomeiny, mystérieux et oppressant, dans le tumulte de l'Histoire, des êtres de pâte et de sang luttent comme bien d'autres pour l'amour et la liberté. Du frémissement de la pâte modelée, surgit la plus incroyable des histoires mêlant l'amour et la révolution : France, fin des années 70, Alain rencontre Jasmine, une Iranienne ; elle change le cours de sa vie...

notes de production

Jasmine est le premier long-métrage d’Alain Ughetto qui a déjà fait beaucoup de courts et moyens métrages dans le domaine de l’animation. Il a d’ailleurs reçu la haute distinction du César du meilleur court métrage d’animation en 1985 pour La Boule (1).
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Boule

Jasmine a fait partie de la sélection officielle du Festival international du film d’animation d’Annecy 2013. Il était nommé au Cristal du long métrage qui a été remporté cette année par Uma História de amor e fúria (2), film d’animation brésilien.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rio_2096:_A_Story_of_Love_and_Fury

Le projet Jasmine est né du réalisateur Alain Ughetto qui a retrouvé sur internet la trace de Jasmine, une femme qu’il a côtoyée dans sa jeunesse. Ayant abandonné l’animation depuis quelques années au profit de documentaires pour la chaîne régionale Paca de France 3, il a retrouvé son ancien matériel (du temps de Jasmine) et a décidé de raconter son histoire au moyen de l’animation en pâte à modeler.

Le film d’animation Jasmine a la particularité d’être un documentaire, à l’instar de Valse avec Bachir (3). Le film réuni des images d’archives de l’Ina qui dénotent avec l’animation en pâte à modeler, images d’actualité de l’époque sur la révolution iranienne qui a touché directement le réalisateur Alain Ughetto et sa relation avec Jasmine.
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film98

Pour l’écriture de son premier long métrage, le réalisateur Alain Ughetto a décidé de s’entourer de plusieurs collaborateurs qui l’ont aiguillé sur des pans bien spécifiques de son script. Jacques Reboud, réalisateur, a ainsi conseillé Ughetto sur les parties centrées sur son personnage masculin ; Chloé Inguenaud, réalisatrice, l’a aidé sur tout ce qui concernait le personnage féminin tandis que Christian Bromberger, ethnologue spécialisé sur l’Iran, a vérifié la véracité du film par rapport à la révolution iranienne.

A l’ère du numérique, le réalisateur Alain Ughetto était encore et toujours habitué à travailler à l’aide de la pellicule dans la réalisation de ses films. Pour Jasmine, il a dû se mettre à la page et apprendre à changer ses habitudes puisqu’il s’agit de son premier film tourné en numérique.

S’il a reçu de nombreuses aides professionnelles pour tourner Jasmine, Alain Ughetto a réalisé le film à l’ancienne. Si aujourd’hui, les nombreux films d’animation en stop-motion - avec des figurines articulées prises en photo pour créer l’animation - sont faits dans de gros studios avec une équipe importante, Ughetto s’est occupé de l’animation de son film seul, dans son atelier (avec les décors créés par Bernard Vezat et Sylvain Tetrel), comme sur ses anciens courts métrages.

La comédienne qui incarne Jasmine ne porte pas vraiment le nom de Fanzaneh Ramzi. Il s’agit en fait d’un pseudonyme qui vise à cacher la véritable identité de l’actrice. Le film traitant d’un passage de l’Histoire iranienne houleux, Ramzi - d’origine iranienne et choisie par le réalisateur Alain Ughetto - a tenu à préserver son anonymat à cause du climat actuel du régime en Iran.

Nous entraînant aux confins du vrai et du fantasmé, Alain Ughetto réussit le tour de force de donner aux images qu’il utilise entre les séquences de pâte à modeler une dimension fictionnelle. Ces images obsédantes, d’une beauté abîmée par les ravages du temps, semblent avoir été traitées, scratchées à dessein : il n’en est rien. Ce sont bien des images d’époque, d’Alain, de Jasmine, conservées dans leur jus dans la cave du réalisateur, et qui attestent du temps qui passe et du mystère de l’amour entre deux êtres, mystère qui ne se laisse jamais totalement dissiper...
http://cinemadocumentaire.wordpress.com/2013/10/29/jasmine-un-documentaire-anime-dalain-ughetto/

Le tournage de ce film a duré plus d’un an. C’est clairement lié à la nature du projet et à la façon de construire cette narration. Un homme, les mains dans la pâte, fait remonter des souvenirs anciens. Il convenait que le réalisateur ait le temps de cette confrontation intime et puisse, dans le calme et la solitude de son atelier, convoquer et surtout rendre compte de ce sentiment amoureux enfoui pendant trente ans. Durant le parcours de Jasmine, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), le Centre national du cinéma et de l’image animée (Cnc), l’Institut national de l’audiovisuel (Ina), nous ont tendu la main et ce film a pu exister grâce à ces institutions. Derrière ces sigles ce sont surtout des personnes qui nous ont soutenu, encouragé, aidé, supporté et qui ont contribué à faire exister ce film qui, chose rare dans le cinéma a pu se faire chemin faisant. En août 2009, William Benedetto, Jean-Pierre Daniel et toute l’équipe du Cinéma l’Alhambra nous bien accueilli. Derrière l’écran nous avons construit cette immense ville en polystyrène ! Le décor n’a jamais été détruit et se trouve toujours à l’Alhambra, car l’idée de William Benedetto, le directeur du cinéma, est de montrer aux spectateurs, les décors de Téhéran au moment de la sortie du film. Le réalisateur a tourné d’avril 2009 à septembre 2010, mais a continué également pendant le montage, car au fil de l’avancée du récit, quelques plans manquaient, d’autres émergeaient, devenaient évidents, ils fallait les tourner... Alain Ughetto vient de la pellicule film, il a dû, au fur et à mesure que le tournage avançait, se former entièrement aux nouvelles techniques numériques pour les prises Il y a eu beaucoup d’essais, de recherche, pour la lumière, le travail d’incrustations, les séquences en mouvement, etc...
Alexandre Cornu (producteur)

Entretien avec Alain Ughetto
Quel a été votre parcours professionnel avant "Jasmine" ?
Toute mon enfance, toute mon éducation ont baigné dans ce discours : "l’art, c’est pas pour nous. Tu trouves un vrai travail dans l’administration et le dimanche tu pourras faire de la peinture". Fils d’ouvrier, je voulais quand même prendre une caméra. J’ai commencé en Super 8, j’ai d’abord adapté un dessin de Sempé (4) où en une dizaine d’images, il emmène élégamment à un gag. J’ai tenté en animation en volume de rendre ce même sourire. Curieux de cette proposition, il m’a reçu à Paris. Je lui ai projeté mon travail sur un écran en carton plume. Au-delà de l’intérêt qu’il a porté à ce travail, il s’est vite aperçu que je n’avais pas les codes de l’économie de cette industrie. "Faites d’abord vos films et revenez me voir". Dans la banlieue de Marseille René Allio (5) ouvrait le Centre méditerranéen de création cinématographique (Cmcc). Tel un père de cinéma, il m’y a accueilli et accompagné. J’y ai écrit et réalisé L’Echelle puis La Fleur puis La Boule... Une dizaine de films d’animation, dans une toute petite économie de court-métrage.
De film en film quel que soit les succès (Perspective du cinéma français à Cannes, nomination pour un et César pour l’autre, vente à une chaîne, au cinéma...), il me fallait repartir à zéro. Aucun de ces films ne m’a ouvert à un travail ou à du travail, aucun d’eux n’a été rentable. Malgré la force, la qualité et la quantité de ses films, René Allio ne vivait pas que de son activité de réalisateur. Il a dû me le dire, mais à ce moment-là, je ne l’ai pas entendu...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/jasmine-documentaire-animation,270639
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Semp%C3%A9
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Allio

Jacques Reboud
http://www.imdb.com/name/nm0714369/
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/326204/jacques-reboud

Pierre Benzrihem
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/308969/pierre-benzrihem
http://www.imdb.com/name/nm1768492/

Isabelle Courroy
http://www.musiquesdumonde.fr/Isabelle-Courroy,5646

Jean-Pierre Darroussin
voir fiche du film Mon âme par toi guérie
http://www.citebd.org/spip.php?film1151

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Ce "Jasmine" est une pure merveille !
Ecran large - On reste devant "Jasmine" comme devant une œuvre aux multiples facettes, simple et complexe, d’une densité folle et d’une légèreté absolue.
Les Inrocks - "Jasmine" fait revivre tout un pan d’histoire par les moyens les plus enfantins et a priori dérisoires (...). Aux atrocités khmères répondent ici les horreurs du régime khomeiniste et la douleur d’une histoire d’amour précocement interrompue, mais la puissance évocatrice est du même ordre.
Positif - Avec "Persepolis", ""Valse avec Bachir, "Le Voyage de monsieur Crulic", un nouveau genre est apparu : le documentaire d'animation. "Jasmine" est son nouveau joyau...
Le Monde - Une véritable épopée historique et amoureuse (...) C'est à un voyage sensoriel et mental qu'on est convié.
Fiches du cinéma - Une animation en pâte à modeler s'attache à dire la douce et poétique archéologie d'un amour qui, autrefois, brûla entre l'auteur et une belle Iranienne. Émouvant et inventif.
L'Humanité - Ici s’entrelacent battements de l’intime et grand mouvement du monde. Superbe. (...) Alain Ughetto manie la matière en profondeur, la pétrit des pouces, de sensualités en douleurs, filme son arte povera avec les ressources du cinéma.
Libération - Beau matériau pour évoquer le sentiment amoureux. La pâte se réchauffe, s’allonge, se détend dans la main. Celle du réalisateur apparaît, mélangeant et sculptant, comme une trace du temps qui passe, et des souvenirs que l’on caresse, que l’on malaxe.