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Heimat 1, chronique d’un rêve

Die andere Heimat, chronik einer Sehnsucht (part 1)
Allemagne - 2013 - 1h47
sorti en France le 23 octobre 2013
film - version originale sous-titrée en français
de

Edgar Reitz

scénario : Edgar Reitz, Gert Heidenreich
direction de la photographie : Gernot Roll
musique ou chansons : Michael Riessler
avec : Jan Dieter Schneider (Jakob Simon), Antonia Bill (Jettchen "Henriette" Niem), Maximilian Scheidt (Gustav Simon), Marita Breuer (Margret "Margarethe" Simon), Rüdiger Kriese (Johann Simon), Philine Lembeck (Florinchen Morsch), Mélanie Fouché (Lena Simon Zeitz), Eva Zeidler (la grand-mère Simon), Reinhard Paulus (l‘oncle), Barbara Philipp (madame Niem, mère de Jettchen), Christoph Luser (Franz Olm, ami de Jakob), Rainer Kühn (docteur Zwirner), Andreas Külzer (le Père Wiegand), Julia Prochnow (Sophie, la sage femme), Martin Haberscheidt (Fürchtegott Niem, père de Jettchen), Martin Schleimer (Walter Zeitz), Zoé Wolf (Margotchen), Kathy Becker (femme de l‘aubergiste), Klaus Meininger (l‘instituteur)
séances : semaine du mercredi 15 janvier 2014
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
11:00*
18:30
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae du 15 au 21 janvier 2014. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3 euros la place (par personne). Tarif unique 3 euros pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama des 8 et 15 janvier 2014 - séances Ciné passion 16 au Club de Barbezieux le 16 à 18h00, le 18 à 16h00, le 19 à 14h00.

synopsis

1842-1844, L’histoire de la famille Simon. Johann le père forgeron, Margret la mère, Lena la fille ainée, Gustav et Jakob les fils, Jettchen et Florinchen leurs futures épouses. Les coups du destin risquent de détruire cette famille mais c’est une histoire de courage et de foi en l’avenir. Des dizaines de milliers d’Allemands, accablés par les famines, la pauvreté et l’arbitraire des gouvernants, émigrent en Amérique du Sud. "Un sort meilleur que la mort, ça peut se trouver partout". Jakob Simon le cadet, lit tous les livres qu’il peut se procurer, il étudie les langues des Indiens d’Amazonie. Il rêve d’un monde meilleur, d’aventure, de dépaysement et de liberté. Il décide d’émigrer. Le retour de son frère Gustav du service militaire dans l’armée prussienne déclenche une série d’évènements qui met à rude épreuve l’amour de Jakob et bouleverse son existence...

notes de production

Heimat (1 et 2) intervient comme un prequel à la trilogie Heimat (1) réalisée par Edgar Reitz en 1984, 1992 et 2004. Cette trilogie couvrait le 20ème siècle, alors que le diptyque se déroule au milieu du 19ème siècle.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Heimat_%28mini-s%C3%A9rie%29

Au terme de longs mois de recherche et d’essais organisés pour trouver le bon interprète pour le rôle principal, Edgar Reitz a trouvé son Jakob en la personne de Jan Dieter Schneider. Ce jour-là, raconte-t-il, nous étions tous fatigués et un peu découragés, car une fois de plus, nous n’avions pas trouvé notre Jakob. Je donnai à Jan (...) un extrait du journal de Jakob, le fis venir devant la caméra et lui demandai de jouer l’auteur du journal (…). Et c’est sans en attendre grand-chose que nous avons allumé la caméra vidéo. Lorsque nous avons vu le résultat sur un écran (...), [nous] en sommes restés muets. De tous les candidats que nous avions testés jusque-là, il était le premier que l’on écoutait lorsqu’il lisait ce texte écrit dans un allemand désuet. Etudiant en médecine, Jan Dieter Schneider n’avait absolument pas l’intention de devenir comédien, mais s’était présenté au casting par simple curiosité, intéressé par le film.

Heimat est tourné en noir en blanc, mais on y trouve des éléments en couleur : les caméras d’aujourd’hui ont une définition et une netteté extraordinaires, permettant d’obtenir un espace qui donne à l’image noir et blanc un effet tridimensionnel, sans que nous ayons dû pour cela utiliser la discutable technique 3D. A de rares endroits, il y a dans nos images noir et blanc quelques impressions de couleur, rendues possibles par la technique digitale d’aujourd’hui, explique le réalisateur, qui confie avoir essayé de mélanger le noir et blanc et la couleur depuis quarante ans. Aujourd’hui, à l’ère de la technique numérique, le mélange n’est plus un problème. Nous avons pu satisfaire sans restriction notre désir d’utiliser les grandes traditions esthétiques des films en noir et blanc (...). Et lorsqu’apparaît, en de très rares endroits du film, un élément dont seule la couleur pouvait rendre la sensation ou la valeur symbolique, nous pouvions le réaliser, ajoute-t-il.

Les repérages dans la région du Hunsrück (2), massif montagneux de Rhénanie, ont commencé à la fin du mois de juillet 2011. Rapidement, Edgar Reitz et son équipe se sont rendus compte qu’il n’existait aucun endroit pouvant constituer un décor crédible, la région ayant été bien trop modernisée. Nous en arrivâmes à nous demander (…) s’il y avait encore sur cette planète des régions où le temps se serait arrêté, il y a un siècle, admet-il. Après avoir envisagé d’aller en Europe de l’Est ou dans les coins reculés du Brésil où avaient émigré les paysans du Hunsrück, restés selon la légende à l’écart du progrès (rumeur totalement fausse), l’équipe a décidé en août 2011 de construire le décor du village fictif de Schabbach dans la commune de Gehlweiler (3), et de transformer tout le village en décor de cinéma. Pour les intérieurs, le chef décorateur Toni Gerg a incité ses collaborateurs à tout fabriquer selon les traditions artisanales de l’époque.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Hunsr%C3%BCck
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gehlweiler

Comme le souligne Edgar Reitz, le film est le fruit d’une extrême planification du tournage : jamais encore dans ma vie je n’avais travaillé avec autant de précision que pour ce film, d’une façon aussi planifiée. (...) Nous avons [toujours] suivi un plan précis du découpage pour traduire notre vision. Le film que j’ai pu réaliser avec l’aide de Gernot Roll paraît spontané, simple et naturel. Cela, nous l’avons atteint grâce à une planification très précise.

Le réalisateur Edgar Reitz et le directeur de la photographie Gernot Roll ont décidé de tourner en cinémascope. Cela donne un rapport totalement nouveau au gros plan. Lorsqu’un visage apparaît en gros plan, l’espace sur les côtés existe. Les personnes, même de très près, continuent à faire partie d’un espace qui est donné comme un principe narratif (...). Le format cinémascope offre aussi beaucoup d’avantages dans les intérieurs souvent très exigus des maisons paysannes, indique le cinéaste, en poursuivant : horizontalement, les objectifs anamorphiques sont en fait des grands-angles, mais verticalement ce sont des focales moyennes, avantageuses pour les portraits.

Les habitants de la véritable commune où a été reconstitué le village de Heimat se sont beaucoup impliqués dans le projet : beaucoup ont participé en tant que seconds rôles ou figurants. Ils ont dû, pendant 6 mois, renoncer à utiliser la rue principale et leurs chemins habituels !

Pour l’équipe, trouver les costumes adéquats relevait du défi. En effet, comme l’affirme Edgar Reitz, il n’est pas un livre ni un cours d’histoire des styles où l’on peut apprendre comment s’habillait un artisan pauvre dans le Hunsrück de 1840, les uns et les autres se contentant de retenir les plus riches tenues. Les comédiens ont porté des vêtements d’époques, trouvés sur place par la chef costumière Esther Amuser. Ces vêtements ont été donnés aux acteurs afin qu’ils s’y habituent. Le comédien qui jouait le rôle du forgeron, Rüdiger Kriese, n’a pas quitté ses vêtements pendant des semaines, indique le cinéaste. Les comédiens ne bougent pas de la même façon lorsqu’ils portent des costumes authentiques, la rudesse du lin à même la peau leur apprend à ressentir leur corps autrement.

Le réalisateur de Heimat s’explique quant à son refus de la dramaturgie et justifie ainsi son style : je refuse radicalement ce modèle du cinéma "qui vous prend aux tripes", cette dramaturgie du suspense (...) dont je me suis tenu à l’écart toute ma vie. Les stratèges de la dramaturgie à effets font passer leurs concepts avant les images de la vie et renvoient la réalité au domaine du banal. Voilà des décennies que je me moque complètement de savoir quels succès on peut atteindre avec de telles méthodes. Ce qui m’intéresse est totalement différent : le cinéma est pour moi une "école du regard". (...) Avec mes films je veux apprendre à mieux comprendre la vie réelle. Ce qui compte le plus, pour moi, c’est l’observation exacte, la connaissance des hommes et de leurs comportements.

Edgar Reitz souhaitait que l’éclairage de son film soit le plus authentique possible, il a donc choisi une caméra lui permettant d’enregistrer des séquences d’intérieur avec un éclairage le plus naturel possible. La caméra "Alexa studio" de chez Arri, a une incroyable sensibilité à la lumière. Il suffit d’une bougie pour éclairer une scène. (…) Le plus souvent, nous avons pu éviter l’effet produit par des sources d’éclairage modernes en prenant garde à ce que les flammes des bougies et des torches soient toujours les éléments les plus clairs de l’image, indique-t-il.

Edgar Reitz
Né le 1er novembre 1932 à Morbach.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Reitz

Gert Heidenreich
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/390712/gert-heidenreich

Gernot Roll
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/118578/gernot-roll
http://www.toutlecine.com/star/0004/00042979-gernot-roll.html

Michael Riessler
http://sonosphere.org/fr/collection_fr/tags/single_fr/items/121.html

Marita Breuer
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-62322/filmographie/

Christoph Luser
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=397608.html

extrait(s) de presse

La Croix - Cette nouvelle chronique – celle du départ rêvé –, superbement mise en scène, ne cache rien de l’âpreté des existences de l’époque, tout en laissant s’exprimer à l’image le romantisme allemand. Une œuvre ambitieuse et réussie (...)
Le Figaro - Un film d'une rare beauté et d'une énergie romanesque captivante.
Paris match - La photographie exceptionnelle, le scé­nario aussi riche qu’imprévisible, l’interprétation d’une profondeur atavique bouleversante font de cette œuvre unique un joyau de mise en scène. (...) "Heimat" s’impose comme un chef-d’œuvre.
Positif - Par sa maîtrise artistique, et par l'amour du sujet, [le cinéaste] recréé l'émotion et la beauté disparues à jamais de nos univers révolus.
Elle - Ce qui frappe dans ce film en deux parties, qui raconte un pan de l'histoire allemande à travers un microcosme, ce sont les images fabuleuses au sens propre.
L'Humanité - Sa fluidité induite par l’emploi du numérique, la limpidité de l’image ajoutent une plus-value presque luxueuse à cet univers que, parfois, on aimerait un peu plus rugueux visuellement. Ces réserves mises à part, on est à nouveau emporté par le souffle romanesque du cinéma de Reitz, (...). Splendide.
Libération - La plupart des traits du romantisme sont présents, mais s’épanouissent entre le puits et la basse-cour, dans la boue, de plain-pied avec le bétail. (...) Le ciel fait penser aux westerns de John Ford. Les bruits habitent puissamment l’image.
Télérama - Partisan d'une fine distanciation, Edgar Reitz se refuse au specta­culaire, à la psychologie, comme si tout cela obéissait trop à une logique d'aujourd'hui.