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Balada triste

Balada triste de trompeta
Espagne - 2010 - 1h47
sorti en France le 22 juin 2011
Lion d'argent du meilleur réalisateur et du meilleur scénario Venise 2010 Goya 2011 du meilleur maquillage et des meilleurs effets visuels Méliès d'or du meilleur long métrage fantastique européen Neuchâtel 2011
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Álex de la Iglesia

scénario : Álex de la Iglesia
direction de la photographie : Kiko de la Rica
musique ou chansons : Roque Baños
avec : Carlos Areces (Javier), Antonio de la Torre (Sergio), Carolina Bang (Natalia), Sancho Gracia (colonel Salcedo), Juan Luis Galiardo (monsieur Loyal), Enrique Villén (Andres), Manuel Tallafé (Ramiro), Manuel Tejada (chef de piste), Gracia Olayo (Sonsoles)
séances : semaine du mercredi 1er janvier 2014
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : soirée Álex de la Iglesia (2 films : "Balada triste" + "Les Sorcières de Zugarramurdi" = 7 €) en partenariat avec Hidden circle

synopsis

Dans l’enceinte d’un cirque, les singes crient sauvagement dans leur cage tandis qu’à l’extérieur, les hommes s’entretuent sur la piste d’un tout autre cirque : la guerre civile espagnole. Recruté de force par l’armée républicaine, le clown Auguste se retrouve, dans son costume de scène, au milieu d’une bataille où il finira par perpétrer un massacre à coup de machette au sein du camp national. Quelques années plus tard, sous la dictature de Franco, Javier, le fils du clown milicien, se trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown : un clown brutal, rongé par la haine et le désespoir, Sergio. Les deux clowns vont alors s’affronter sans limite pour l’amour d’une acrobate, la plus belle et la plus cruelle femme du cirque : Natalia...

notes de production

Álex de la Iglesia décrit son film comme un conte espagnol sur l’amour, le désir et la mort. Une métaphore de l’Espagne, pays profondément marqué par son histoire où la tragédie se confond avec l’humour.

Balada triste a récolté 15 nominations aux Goya, l’équivalent espagnol des César.

Álex de la Iglesia a réalisé ce film pour se libérer de ces démons : je me sens ridicule, un estropié de la vie à cause d’un passé merveilleux et triste, étouffé par la nostalgie de quelque chose qui n’a pas eu lieu, un cauchemar effrayant qui m’empêche d’être heureux. Je veux annihiler cette haine et cette douleur avec un conte grotesque qui fasse rire et pleurer à la fois.

Álex de la Iglesia a nourri son film des deux personnalités qui l’habitent et qui ne cessent de s’affronter. Il y a tout d’abord celle d’un féroce petit garçon qui le persécute et dont la seule solution est de le laisser sortir pour qu’il puisse s’éclater, rire à s’en tordre les boyaux et tout vomir sur le celluloïde. La seconde est une femme âgée qui voudrait pouvoir aimer follement mais elle sait que ce n’est plus possible. (...) elle désire sincèrement rendre les gens heureux autour d’elle. La confrontation de ces deux identités représente un condensé de la vie du cinéaste, un spectacle confus et absurde, grotesque et décevant mais qui, étrangement, en devient attendrissant par tant d’inepties.

Balada triste met en scène trois protagonistes qui souffrent. Javier est une bête assoiffée de vengeance face à cette vie qui l’empêche de vivre, tandis que Sergio est un homme violent et possessif. Enfin, Natalia est une femme qui n’a pas trouvé sa place dans ce monde.

Film empreint d’humour noir, Balada triste est pourtant marqué par le thème de l’enfance. Le personnage de Javier est ainsi un homme brisé par son enfance : Javier est un enfant qui n’a pas eu le loisir de jouer. Tout comme moi, Javier se sent et se sait fragile à cause d’un passé qu’il a perdu (...). Jamais il ne sera heureux, jamais il ne connaîtra le bonheur, parce que sa vie a très mal débuté, explique le réalisateur. Quant à Sergio, c’est un enfant, brut de décoffrage, primitif et irrationnel.

Le réalisateur a décidé d’ancrer son film en 1973, l’année de mes huit ans. J’en ai un souvenir entre rêve et cauchemar. C’est peut-être l’année où rêve et réalité se sont le plus rapprochés, explique-t-il. En plein régime franquiste (qui se termine deux ans plus tard avec la mort de Franco) (1), l’Espagne est marquée cette année-là par la nomination de Carrero Blanco (2) au poste de Premier Ministre. Ce collaborateur de Franco trouve la mort la même année dans l’explosion d’une bombe posée par l’Eta (3). 1973 est aussi la fin de la cavale de El Lute (4), un prisonnier espagnol célèbre pour ses nombreuses évasions. Il est finalement libéré en 1981, après des années à clamer son innocence.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Franco
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Carrero_Blanco
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Euskadi_ta_Askatasuna
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/El_Lute,_marche_ou_cr%C3%A8ve

Antonio de la Torre est l’un des acteurs espagnols les plus courtisés du moment. Récompensé par deux Goya (meilleur acteur et meilleur second rôle), ce comédien a tourné sous la direction des réalisateurs phares de son pays : Daniel Monzón (Cellule 211) (5) l’a dirigé dans Le Coeur du guerrier (6), Daniel Sánchez Arévalo dans Azul (7), Pedro Almodóvar dans Volver (8) et enfin Icíar Bollaín (Même la pluie) (9) dans Ne dis rien (10).
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film495
(6) http://www.mad-movies.com/forums/index.php?showtopic=13220
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Azul_%28film,_2006%29
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Volver
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film551
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ne_dis_rien_%28film,_2003%29

Balada triste est le premier film qu’Álex de la Iglesia écrit sans son fidèle collaborateur Jorge Guerricaechevarria, également scénariste de Cellule 211 et En chair et en os (11). http://fr.wikipedia.org/wiki/En_chair_et_en_os

Álex de la Iglesia s’est entouré de techniciens qu’il connait bien. Kiko de la Rica était en effet déjà directeur de la photographie sur Crimes à Oxford (12) et Mes chers voisins. (13) Le monteur Alejandro Lazaro a travaillé sur Crimes à Oxford, Mes chers voisins et 800 balles (14). Enfin, le chef costumier Paco Delgado collabore pour la cinquième fois avec le cinéaste espagnol.
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Crimes_%C3%A0_Oxford
(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mes_chers_voisins
(14) http://fr.wikipedia.org/wiki/800_balles

D’une originalité débordante, Balada triste se présente comme un électrochoc sensitif particulièrement poignant. Cruel et tourmenté, le script d’Álex de la Iglesia ne témoigne à aucun moment d’un semblant de clarté. Si le tout s’abandonne occasionnellement dans le registre de l’humour, le cinéaste répand un noir d’encre si épais qu’il en occulte immédiatement toute lumière. Balada triste vire de ce fait dans un grand-guignol volontairement grotesque, usité avec virulence afin de renforcer l’aspect ridicule et pitoyable de ses personnages. En près d’une heure quarante, De la Iglesia s’enfonce dans les soubassements de l’âme humaine, tirant sur les émotions sans compromis ni détours. Balada triste fait mal, intellectuellement comme visuellement. Complètement déjanté dans son développement initial, le tout dérive inlassablement vers un chaos scénaristique certes maitrisé, mais parallèlement relativement hermétique. La lutte incessante entre les deux clowns fulmine dans son dernier tiers dans un quasi n’importe-quoi qui frôle à plusieurs reprises la surenchère incompréhensible, égarement que De la Iglesia rattrape à travers un climax final Tarantinien estomaquant...
http://www.strange-movies.com/critique-balada-triste.html

Alex de la Iglesia déroule son histoire à coup d’idées folles, conférant une direction artistique propre à chaque étape du film et démontrant un peu plus son talent pour le plan qui va accrocher durablement les rétines via une imagerie iconique en diable. De purs moments de cinéma surréalistes viennent aussi surgir à l’écran, comme cette apparition inopinée d’un sanglier ou cette étrange partie de chasse où l’ombre d’un Salo le dispute à celle d’un Jodorowski, réalisateur dont le Santa sangre revient d’ailleurs à l’esprit à plusieurs reprises pendant le métrage (probablement l’imagerie foraine qui veut ça). Le film maintien sa tension tout le long, passant dans sa deuxième partie par les cases film d’horreur et vigilante pour finir au sommet du gigantesque tombeau de Franco, à la croisée de La Mort aux trousses d’Hitchcock et du combat de monstre tout droit sorti d’un King Kong. Un final épique s’achevant sur un dernier plan cathartique aussi minimaliste qu’évident, un électrochoc à l’image du métrage entier.
http://www.films-horreur.com/2011/06/critique-film-balada-triste-alex-de-la-iglesia-2011/

Entretien avec Alex de la Iglesia
"Balada triste" aborde le franquisme d’une manière directe et frontale, était-ce le bon moment en Espagne pour réaliser un tel film ?
C’était le moment où moi j’ai senti la nécessité de faire ce film, de raconter cette histoire, le moment où je me suis senti capable de le faire. J’essaie de raconter mon passé, j’essaie de raconter l’histoire de l’Espagne à travers mon passé, de ce dont je me souviens et de la manière dont j’ai vécu le monde qui m’entourait. J’étais très jeune alors, j’avais 8 ans en 1973 et dix ans quand Franco est mort. Je me souviens de cette période comme d’un cauchemar, d’un enfer, une sorte de tragédie grotesque et ridicule où existait une confrontation féroce dont chacun de nous a hérité : deux manières de voir le monde en lutte constante nourries d’une haine objectale et sans aucune possibilité d’entrevoir un changement ou une transformation parce que le dialogue est totalement interdit, impossible...
http://www.culturopoing.com/Cinema/Entretien+avec+Alex+de+la+Iglesia+le+6+juin+2011+autour+de+Balada+Triste-4146

Álex de la Iglesia
Né Alejandro de la Iglesia Mendoza le 4 décembre 1965 à Bilbao.
passe à la réalisation au début des années 1990 grâce à Pedro Almodovar qui finance son premier long métrage, Action mutante...
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%81lex_de_la_Iglesia

Kiko de la Rica
voir fiche du film Blancanieves
http://www.citebd.org/spip.php?film972

Roque Baños
Né à Jumilla (région de Murcie) en 1968.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roque_Ba%C3%B1os

Carlos Areces
Né le 27 mars 1976 à Madrid.
Auteur de bandes dessinées et acteur...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carlos_Areces
http://www.commeaucinema.com/personne/carlos-areces,186804

Antonio de la Torre
Né le 18 janvier 1968 à Malaga.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_de_la_Torre

Carolina Bang
Née Carolina Herrera Bang le 21 septembre 1985 à Santa Cruz de Tenerife (Canaries).
http://www.staragora.com/star/carolina-bang/biographie

Sancho Gracia
Né le 27 septembre 1936 à Madrid où il est décédé le 8 août 2012.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sancho_Gracia

Juan Luis Galiardo
Né le 2 mars 1940, décédé le 22 juin 2012.
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-76212/filmographie/
http://www.laviedapres.com/deces-celebrites/jean-luis-gallardo

Enrique Villén
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-28239/filmographie/

Manuel Tallafé
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-123663/filmographie/

Manuel Tejada
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=123758.html

Gracia Olayo
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-123725/filmographie/

extrait(s) de presse

L'Ecran fantastique - un spectacle incroyable qui se vit presque comme un tour de montagnes russes nous ballotant sans cesse d'une émotion à une autre pour finalement nous laisser K.O.
Mad movies - En résulte une narration proprement inhabituelle, (...) et le résultat aurait très bien pu larguer le spectateur plus d'une fois si Alex de la Iglesia, animé par une rage assez inouïe et particulièrement viscérale, ne portait pas la symbolique de son oeuvre sur ses seules épaules.
Paris match - Aussi sombre qu'une BD de Carlos Gimenez, aussi gothique et flamboyant que du Tim Burton, speed et violent comme du Tarantino, et aussi surréalistement déjanté que du Jodorowsky, Iglesia pioche dans l'histoire récente de son pays comme on creuse une tombe, avec un humour plus noir que la langue d'un pendu...
Critikat - Cinéaste du baroque et du monstrueux, Álex de la Iglesia montre avec "Balada Triste" qu'atteindre à la maturité ne rime pas avec s'assagir, ni avec composer avec la respectabilité. Enthousiasmant avatar de son ode à la différence et au grotesque, son film se double d'un retour en force d'un cinéma de genre revendicatif et sans peur. Et ça fait du bien.
Films actu - Un film profond et profondément original, dans lequel le cinéaste démontre à la fois son génie de réalisateur et de metteur en scène, et son mépris total des conventions et de la bonne morale. Un film complètement fou. Mais que c'est bon, parfois, un peu de folie dans ce monde de brutes.
Le Jdd - Un récit foisonnant, des personnages complétement barrés, de l'humour noir, une musique grandiloquente, des giclées d'hémoglobine. L'oeuvre de la maturité.
Le Monde - Imaginez que les démons qui hantaient Goya se jettent sur Sam Raimi et vous aurez une idée de la grandeur grotesque et kitsch de "Balada triste". Le finale doit un peu à Hitchcock et pas mal à Gaston Leroux. Les dernières strophes du film sont empreintes d'une profonde tristesse qui lui donne une gravité impressionnante.
Le Nouvel obs - Le sublime côtoie souvent le n'importe quoi absolu, mais le charme du projet réside justement dans ce détraquement en règle. Ou comment passer en un plan de John Waters à Ernst Lubitsch.