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monsieur joe

ciné môme
Mighty Joe Young
Usa - 1949 - 1h33
sorti en France le 13 janvier 1950
Oscar 1949 des meilleurs effets visuels pour Willis O'Brien (1)
accessible aux enfants à partir de 6 ans
film - version française
de

Ernest B. Schoedsack

scénario : Ruth Rose
d'après l'oeuvre de : Merian C. Cooper
direction de la photographie : J. Roy Hunt
musique ou chansons : Roy Webb
avec : Terry Moore (Jill Young), Ben Johnson (Gregg), Robert Armstrong (Max O'Hara), Frank McHugh (Windy), Douglas Fowley (Jones), Denis Green (Crawford), Paul Guilfoyle (Smith), Regis Toomey (Young, jeune), Lora Lee Michel (Young, en fille), Nestor Paiva (Brown), James Flavin (Schultz), Joyce Compton (Alice)
séances : semaine du mercredi 20 novembre 2013
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
16:15*
séance spéciale :
* dim 24 à 16h15 ciné môme "en hommage à Ray Harryhausen" dans le cadre du festival le Rayon fantastique organisé en partenariat avec Hidden circle, la Nef, le Lisa et la revue Metaluna

synopsis

Max O'Hara, organisateur de spectacles à Hollywood, est en Afrique, où il a monté une expédition afin de capturer des fauves. L'équipe (dont le chasseur Gregg) est mise en présence d'un singe géant, lequel s'avère apprivoisé par une jeune femme, Jill Young, qui l'a élevé sous le nom de Joe. O'Hara la convainc de venir aux États-Unis avec l'animal (devenu Monsieur Joe, vedette d'un spectacle). Mais celui-ci reste avant tout une bête sauvage, ayant besoin de vivre dans son milieu naturel...

notes de production

(1) 22e cérémonie de remise des prix des Oscar (mardi 23 mars 1950, Rko theatre à Hollywood)
meilleur film
Les Fous du roi (All the king’s men) de Robert Rossen
meilleur réalisateur
Joseph L. Mankiewicz pour Chaînes conjugales (A Letter to three wives)
http://fr.wikipedia.org/wiki/22e_C%C3%A9r%C3%A9monie_des_Oscars
meilleurs effets spéciaux
Willis O’Brien (2)
(assisté de Ray Harryhausen) (3)
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Willis_O%27Brien
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ray_Harryhausen
réalisateur de seconde équipe (non crédité)
John Ford (4)
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Ford

Après King kong en 1933, Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper avaient déjà tenté d’en renouveler le succès en produisant la même année Le Fils de King kong (5). En 1949, à nouveau, ils reviennent là-dessus avec ce Monsieur Joe, destiné à un public plus familial, et donc avec une happy end de rigueur. Schoedsack est chargé de la réalisation, Cooper et John Ford participant au projet par le biais de l’Argosy pictures (6), leur compagnie de production. Robert Armstrong, qui interprétait Carl Denham dans King kong, et Ben Johnson, un habitué des films de Ford, font partie de la distribution. Au générique de l’équipe technique, relevons la présence de Ray Harryhausen, pour sa première participation au cinéma comme concepteur d’effets spéciaux (ici, en qualité d’assistant de son maître, Willis O’Brien, lequel était déjà aux commandes des effets spéciaux de King kong), et de la scénariste Ruth Rose, qui elle était co-scénariste du même King kong.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fils_de_Kong
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Argosy_Pictures

Quant à Harryhausen, qui entretemps mènera la carrière que l’on sait, il apparaît comme acteur - un petit rôle - dans Mon ami Joe (7), remake de Monsieur Joe, réalisé par Ron Underwood en 1998, avec Charlize Theron (Jill Young) et Bill Paxton (Gregg).
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mon_ami_Joe

Déçu de ne pas réussir à monter un film épique et aérien, Merian C. Cooper change d’optique et décide de produire un nouveau film dans la veine de King kong. Avec sa maison de production, fondée avec John Ford, il va donc se lancer dans Mister Joseph Young of africa dont le titre deviendra finalement Mighty Joe Young. Pour les effets spéciaux, il fait inévitablement appel à Willis O’Brien avec qu’il a déjà travaillé auparavant notamment sur King kong ou Les Derniers jours de Pompeï (8). La réalisation sera bien évidemment donnée à Ernest B. Schoedsack et le scénario sera écrit par Ruth Rose en fonction des idées de Merian C. Cooper, du réalisateur et de Willis O’Brien.. Autant dire que la majeure partie de l’équipe de King kong est de retour. Devant la caméra, Robert Armstrong revient, lui aussi, dans le rôle relativement similaire d’un entrepreneur américain qui se sert du gorille à des fins mercantiles !
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Derniers_Jours_de_Pomp%C3%A9i_%28film,_1935%29

Pourtant, le film ne va pas se faire du jour au lendemain et plusieurs années vont s’écouler entre l’idée de départ et sa sortie sur les écrans. La Rko (9) s’avère quelque peu réticente à débloquer l’argent nécessaire à la création du film. La production reste donc assez indécise de 1945 jusqu’à la fin de l’année 1947 où une enveloppe d’un million et demi de dollars est allouée au film. En réalité, il finira par coûter deux millions essentiellement en raison de la longue durée de production puisque le film ne sera terminé finalement qu’en 1949. Durant 14 mois, l’équipe d’animation va ainsi s’employer à donner vie à Monsieur Joe, un gorille articulé miniature qui deviendra un imposant primate à l’écran. En plus d’animer le gorille, l’équipe va devoir aussi s’occuper de lions ainsi que d’autres effets… Tout au long de cette longue gestation, le scénario se verra modifié et quelques scènes vont disparaître. Par exemple, il était question d’un crash sur une île lors du retour du continent africain vers les Etats-Unis où Joe aurait sauvé les humains des lions que l’avion transportait. Autre modification, le grand final était à l’origine le combat entre Joe et un autre gorille agressif. Cette idée fut abandonnée au profit du sauvetage dans un orphelinat...
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/RKO_Pictures

Ray Harryhausen, débutant plein d’enthousiasme et admiratif du travail accompli sur King kong, avait rencontré depuis longtemps Willis O’Brien avec qui il était resté en contact. Le spécialiste des effets spéciaux donne donc sa chance à Ray Harryhausen qui va devenir l’animateur principal du film. D’autres techniciens viendront prêter main forte tel que Buzz Gibson (Le Fils de kong) ou Marcel Delgado (The Lost world) (10) mais ce qu’ils feront ne sera jamais utilisé. Les effets spéciaux seront ainsi conçus par Willis O’Brien et animé en majeure partie par Ray Harryhausen aidé pour quelques scènes par Pete Peterson. En matière d’animation, on fera aussi appel à Scott Whitaker seulement pour créer des pièces lancées par le public à Joe sous forme de dessin animé.
(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde_perdu_%28film,_1925%29
Pendant un temps, il est question de tourner le film en Technicolor. Mais, compte tenu du budget et de quelques tests tournés pour l’occasion, il sera finalement décidé de réaliser le film en noir et blanc. Mais sur les copies d’époque, la scène d’incendie de l’orphelinat sera teintée en rouge. Toutefois, par la suite, cette teinte sera souvent oubliée et le film diffusé intégralement en noir et blanc.
A sa sortie, le film rencontrera un succès critique mais le public ne sera pas au rendez-vous malgré l’Oscar qu’obtiendra Willis O’Brien pour les effets spéciaux. Cela n’empêche pas Merian C. Cooper et Sol Lesser, producteur des Tarzan à la Rko, d’annoncer un Mighty Joe Young meets Tarzan avec, bien évidemment, Lex Barker (11) dans le rôle de l’homme singe. Toutefois, le film ne se fera pas… Presque 50 ans plus tard, Disney revisitera Monsieur Joe en produisant un remake assez réussi sous le même titre original, Mighty Joe Young, et qui deviendra Mon ami Joe en France.
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Lex_Barker

Merian C. Cooper avait déjà essayé de renouer avec le succès sans précédent de King kong en produisant trop rapidement Le Fils de kong. Cette suite était handicapée par un humour malvenu et qui était certainement dicté par la probable envie de proposer un spectacle plus familial. C’est aussi dans ce registre que se place Monsieur Joe mais il se distingue grandement du Le Fils de kong grâce à un scénario intéressant et des effets spéciaux réussis. De plus, Monsieur Joe suit une trame quelque peu similaire à celle du King kong original. Le film propose ainsi une première partie exotique en Afrique avant le retour aux Etats-Unis où le gorille fini par s’échapper en provoquant la panique… Toutefois, l’histoire a été astucieusement réinventée !

Dans le King kong original, une bête sauvage était subjuguée par la beauté d’une jeune femme. Dans Monsieur Joe, la relation entre le gorille et la jeune femme n’a rien d’ambiguë. Ayant grandi ensemble, ils sont plutôt liés par un sentiment filial ou en tout cas amical. Cela donne tout de suite un côté fort sympathique à Joe qui devient l’animal fantasmé que tous les gamins aimeraient avoir. L’ouverture du film se fait d’ailleurs sur la mignonne adoption de Joe où tendresse et humour se marient merveilleusement bien. La suite du film confirme l’aspect fortement sentimental de l’entreprise lors de l’exploitation outrancière du sympathique gorille pour le seul amusement des riches clients antipathiques d’un night club civilisé. Et les attractions auxquelles participent Joe sont ainsi de plus en plus dégradantes jusqu’à ce que le gorille ne saccage tout sur son passage. Si ce passage est l’un des points culminants de Monsieur Joe, le film réussi à aligner tout du long de nombreux passages spectaculaires et divertissants.

Pour son premier long métrage à destination du cinéma, Ray Harryhausen émerveille par une maîtrise incroyable de l’animation image par image. Car en plus de donner du mouvement au gorille, il lui donne aussi une véritable personnalité qui en fait un personnage à part entière. Toute la magie des effets spéciaux est d’ailleurs là. Car ils s’avèrent réussi, même s’ils peuvent paraître imparfaits aujourd’hui, à partir du moment où on commence à les oublier. Le plus étonnant dans Monsieur Joe, c’est que Joe éclipse même les acteurs de chair et de sang. La prestation du gorille étant largement plus crédible que celle de Terry Moore qui incarne Jill Young. A ses côtés, on reconnaît donc Robert Armstrong comme nous l’avons déjà dit précédemment mais aussi Ben Johnson qui est avant tout connu pour avoir jouer un grand nombre de seconds rôles plus particulièrement dans le domaine du western.
http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1346

Vouloir réitérer l’exploit de King kong était un pari difficile, d’autant que tout le monde a gardé en mémoire le chef d’œuvre de 1933. C’était à prévoir, le public n’a pas porté aux nues ce Monsieur Joe, sans doute à cause d’un scénario un peu déséquilibré, dénué d’une romance digne de ce nom et cédant aux facilités du mélodrame à rebondissements. Cela dit, même sans faire abstraction de l’œuvre maîtresse réalisée par Schoedsack et Cooper, cette histoire gentillette exhale plein de charmes et d’attraits. Formellement, le film est une petite merveille, grâce aux talents combinés du maître des effets spéciaux Willis O’Brien et de son brillant disciple Ray Harryhausen, lesquels vont parfois jusqu’à surpasser l’animation de Kong en dotant Joe d’une personnalité et d’une crédibilité tout à fait remarquables. J’ai pratiquement fait l’animation seul, ce qui m’a pris environ six mois, nous raconte Harryhausen. Nous avions envoyé un cameraman au zoo de chicago pour y filmer un vrai gorille, afin que ça puisse nous servir de référence pour l’animation. Mais le singe se contentait de se promener dans sa cage en se curant le nez ! Ça n’était donc pas très utilisable…
http://www.filmsfantastiques.com/article-1949-monsieur-joe-117830911.html

Le personnage du gorille géant fut composé à l’aide de six figurines de grandeurs différentes(allant de 12,5 à 45 cm)construites par Roger Delgado. Chacune d’elles comprenait 150 pièces mobiles et une fourrure faite à l’aide de dépouilles d’agneaux morts-nés...
Images et loisirs

Ernest B. Schoedsack
voir fiche du film King Kong
http://www.citebd.org/spip.php?film260

Ruth Rose
Née le 16 janvier 1896 et décédée le 8 juin 1978 à Santa Monica.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ruth_Rose

Merian C. Cooper
voir fiche du film King Kong
http://www.citebd.org/spip.php?film260

J. Roy Hunt
Né le 7 juillet 1884 à Caperton (Virginie-Occidentale), décédé en octobre 1972 à Sheffield (Alabama).
http://fr.wikipedia.org/wiki/J._Roy_Hunt

Roy Webb
Né le 3 octobre 1888 à New York, décédé le 10 décembre 1982 à Santa Monica.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roy_Webb

Terry Moore
Née le 7 janvier 1929 à Los Angeles.
Connue sous divers autres pseudonymes Jan Ford, Judy Ford, ou sHelen (Luella) Koford...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Terry_Moore_%28actrice%29

Ben Johnson
Né le 13 juin 1918 à Shidler (Oklahoma), décédé le 8 avril 1996 à Mesa (Arizona).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ben_Johnson_%28acteur%29

Robert Armstrong
Né à Saginaw (Michigan) le 20 novembre 1890, décédé à Santa Monica le 20 avril 1973.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Armstrong

Frank McHugh
Né le 23 mai 1898 à Homestead (Pennsylvanie), décédé le 11 septembre 1981 à Greenwich (Usa).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_McHugh

Douglas Fowley
Né le 30 mai 1911 à New York) et décédé le 21 mai 1998 à Woodland Hills.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_Fowley

Denis Green
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=107482

Paul Guilfoyle
Né le 14 juillet 1902 à Jersey City, décédé le 27 juin 1961 à Hollywood.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Guilfoyle_%28acteur,_1902-1961%29
http://www.cinemotions.com/Paul-Guilfoyle-nm167078

Regis Toomey
Né John Regis Toomey à Pittsburgh le 13 août 1898, décédé à Los Angeles le 12 octobre 1991.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Regis_Toomey

Lora Lee Michel
http://www.notrecinema.com/communaute/stars/stars.php3?staridx=142370
http://tcmcinema.fr/personnes/fiche/lora-lee-michel_131075_100291/

Nestor Paiva
Né Nestor Caetano Paiva à Fresno (Californie) le 30 juin 1905, décédé à Hollywood le 9 juin 1966.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nestor_Paiva

James Flavin
Né James William Flavin Jr. le 14 mai 1906 à Portland (Maine), décédé le 23 avril 1976 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Flavin

Joyce Compton
Née le 27 janvier 1907 à Lexington (Kentucky), décédée le 13 octobre 1997 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joyce_Compton

extrait(s) de presse

Films fantastiques - Formellement, le film est une petite merveille...
Sueurs froides - Le film ne rencontra pas de succès, ce qui est bien dommage car l'oeuvre possède d'énormes qualités, ne serait-ce que son final.
Devil dead - "Monsieur Joe" est un film particulièrement vivant. Le type même de métrage où bons sentiments ne riment pas avec mièvrerie et que l’on a envie de montrer à ses amis et à des enfants.