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Les Apaches

France - 2013 - 1h22
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2013
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - film francophone
de

Thierry de Peretti

scénario : Thierry de Peretti, Benjamin Baroche
direction de la photographie : Hélène Louvart
avec : François-Joseph Culioli (François-Jo), Aziz El Haddachi (Aziz), Hamza Meziani (Hamza), Joseph Ebrarb (Jo), Maryne Cayon (Maryne), Andréa Brusque (Pascale), Henry-Noël Tabary (Jean-Si), Danielle Arbid (Sophie), Michel Ferracci (Bati)
séances : semaine du mercredi 11 septembre 2013
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
16:30*
séance spéciale :
* le meilleur de la Quinzaine 2013 dim 16:30 tarif unique 3,5 € - en partenariat avec le groupement national des cinémas de recherche

synopsis

Corse / Extrême Sud / L’été. Pendant que des milliers de touristes envahissent les plages, les campings et les clubs, cinq adolescents de Porto-Vecchio trainent. Un soir, l'un d'eux conduit les quatre autres dans une luxueuse villa inoccupée... La bande y passe clandestinement la nuit. Avant de partir, ils volent quelques objets sans valeur et deux fusils de collection. Quand la propriétaire de la maison débarque de Paris, elle se plaint du cambriolage à un petit caïd local de sa connaissance…

notes de production

Les Apaches est le premier film de Thierry de Peretti. Il a néanmoins réalisé un moyen-métrage (Sleepwalkers) et s’est illustré comme metteur en scène avec la pièce de Bernard-Marie Koltès, Le Retour au désert pour laquelle il a reçu plusieurs prix. Il ne débute pas non plus au cinéma puisqu’il a notamment joué dans De la guerre de Bertrand Bonello et Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chereau.

Pour écrire le scénario des Apaches, Thierry de Peretti et Benjamin Baroche se sont inspirés d’un fait divers sanglant qui a défrayé la chronique en Corse. Après avoir volé des fusils dans une maison de Porto Vecchio, trois jeunes sans histoire en ont tué un autre et l’ont enterré dans la forêt, persuadés qu’il allait les dénoncer. Une histoire qui a permis au réalisateur de se confronter à des questions essentielles de la Corse contemporaine : celle du rapport à la violence, la question du meurtre. Et par extension celle de l’héritage. De quoi hérite-t-on quand on naît dans tel ou tel endroit, avec telle ou telle histoire ?

Si Thierry de Peretti a décidé de réaliser son premier long-métrage en Corse (principalement dans la région de Porto Vecchio), c’est avant tout parce qu’il y a grandi et donc connaît très bien l’île. Mais c’est également parce que peu de films montrent la Corse d’aujourd’hui. Selon lui, elle apparaît le plus souvent au cinéma comme un repère d’assassins ou comme une magnifique carte postale. Le cinéaste a voulu au contraire saisir la réalité de la Corse.

Thierry de Peretti a commencé à recruter ses comédiens avant même d’avoir fini d’écrire son scénario. Si la plupart d’entre eux ont passé un casting de façon habituelle, Joseph Ebrarb qui tient le rôle de Jo a été repéré un soir dans la rue à Porto Vecchio et comme presque tous les acteurs des Apaches, il n’avait jamais joué au cinéma ou au théâtre. Le réalisateur, qui a essentiellement rencontré des jeunes connaissant déjà le fait divers, a eu rapidement une idée de ce qu’il recherchait : iI n’était pas question de rejouer ou de reconstituer quoi que ce soit de toute façon, mais de tenter d’ajuster ensemble par le travail notre conscience de ce qui s’était joué, au sens le plus large et spirituel du terme presque. Le plus important, c’était de trouver des acteurs capables de cette conscience, de cette gravité-là, et aussi d’incarner avec le plus de liberté possible.

Thierry de Peretti a voulu filmer la scène du meurtre, aussi choquante soit-elle, afin d’illustrer la violence de ce fait divers mais également celle de l’île dans laquelle il a vécu : tous les gens de mon âge qui ont grandi en Corse ont assisté à un nombre extrême d’actes violents de cette nature, ils la comprennent de façon intime. On a souvent, entre amis venant du même endroit, cette discussion macabre et un peu désespérante sur le nombre d’exécutions, de cadavres qu’on a pu voir depuis l’enfance, de gens qu’on a connus qui se sont fait tuer…

Dans Les Apaches, Aziz El Haddachi joue le jeune qui va se faire tuer. Le hasard a fait que l’acteur vit justement dans le quartier dans lequel vivait la victime du meurtre. Thierry de Peretti a tenu à tourner dans les véritables lieux des évènements. Pour plus de réalisme, mais également car en réalisant un tel film, il s’est senti comme investi d’un devoir de mémoire.

Même s’il ne s’agit pas du sujet principal des Apaches, Thierry de Peretti évoque dans son film les problèmes rencontrés par la communauté marocaine en Corse. Deux des jeunes impliqués dans le meurtre en sont issus. La question de l’immigration touche le réalisateur : la communauté marocaine est une de celles qui a le plus souffert en Corse, tant en raison des conditions de travail que les hommes trouvaient en débarquant sur l’île de la fin des années 60 au milieu des années 70, que par le sentiment de rejet dont elle a fait l’objet. Mais les Marocains ont contribué à construire la Corse telle qu’elle est aujourd’hui. Ils appartiennent légitimement à cette île et cette île leur appartient. Comme à tous ceux qui y vivent et y travaillent. Sa jeunesse est pour moi certainement un espoir.

En 2004, Thierry de Peretti a joué dans Le Silence de Orso Miret, film également tourné en Corse. Il y menace Mathieu Demy, venu sur l’île avec sa petite amie interprétée par Natacha Régnier, afin qu’il ne révèle pas le meurtre dont il a été témoin.

Si Thierry de Peretti a choisi d’appeler son premier film Les Apaches, c’est parce qu’il fait immédiatement référence à la notion de territoire : on pense forcément aux westerns, et en même temps c’est un peu burlesque. Ça fait aussi référence à la façon dont le préfet de police appelait autrefois les hors-la-loi de Paris à Belleville, les mauvais garçons, ajoute le réalisateur.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Apaches_(gang)

Comme souvent à la Quinzaine, il est des films qui, comme des bombes, vous explosent au visage et couvrent d’un voile de ridicule les artifices de la Croisette. Par le tableau qu’il dresse du racisme ordinaire, Les Apaches en fait assurément partie...
En cela, Les Apaches fonctionne tel un doigt accusateur, au sens figuré comme au sens propre (la dernière scène du film), à l’adresse de la bonne conscience du spectateur. Et la grande réussite de Peretti est de construire sa dénonciation en évitant le piège de l’angélisme comme celui de la diabolisation. Elle se fait en douceur, portée par la grâce amateure de ses interprètes.
Julien Nève in Fiches du cinéma (hors série Cannes 2013)

Thierry de Peretti
Né le 19 novembre 1970 à Ajaccio.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_de_Peretti

Benjamin Baroche
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/3883-benjamin-baroche.html
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/350259/benjamin-baroche

Hélène Louvart
Née en 1964.
http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Louvart

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - "Les Apaches" est à la Corse ce que le cinéma des Dardenne est à la Belgique, un manifeste naturaliste puissant dont on ne ressort pas indemne.
Le Parisien - (...) "Les Apaches" (...) puise sa substantifique moelle dans le racisme toujours à fleur de peau en Corse.
Les Inrocks - "Les Apaches" n’est pas seulement un drame social et une vue en coupe de la Corse, c’est aussi un beau teen-movie porté par des acteurs débutants mais tous remarquables.
L'Humanité - La recette est simple. Il suffisait de charpenter son récit et de disposer d’une bande de jeunes acteurs, tous convaincus et donc convaincants. Le plat est réussi.
Libération - S’il manque parfois d’autorité dans son script, "les Apaches" ne manque pas de style dans sa mise en scène (...), une exceptionnelle inventivité nocturne.
Positif - Thierry de Peretti enracine son récit dans une veine documentaire tout à fait probante...
Télérama - Le réalisme du film (...) est d'autant plus efficace qu'il donne à cette histoire, inspirée d'un fait divers, sa vraie mesure. Un côté minable, terriblement dérangeant.
Critikat - On sait que les films se piquant de prendre une minorité pour sujet sont rarement bien avisés, menacés d’accréditer sournoisement la discrimination du regard à leur égard. Heureusement, ces "Apaches" savent prendre d’autres hauteurs.