Sidewalk stories - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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Sidewalk stories

ciné môme
Usa - 1989 - 1h40
Quinzaine des réalisateurs Cannes 1989
accessible aux enfants à partir de 8 ans
film - film muet
de

Charles Lane

scénario : Charles Lane
direction de la photographie : Bill Dill
musique ou chansons : Marc Marder
avec : Charles Lane (l'artiste), Nicole Alysia (la petite fille), Sandye Wilson (la jeune femme), Darnell Williams (le père), Trula Hoosier (la mère), Michael Baskin (le portier), Gerge Riddick (le vieux pote), Tom Hoover (le portraitste), Olivia Sklar (la bibliothécaire), Ed Kershen (inspecteur Brooks)
séances : semaine du mercredi 11 septembre 2013
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
18:00*
séance spéciale :
* mar 18:00 séance en présence des enseignants inscrits au dispositif "Ecole et cinéma" tarif unique 3,5 €
séances : semaine du mercredi 25 septembre 2013
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 1er
14:00*
14:00
14:30
séance spéciale :
* film inscrit au dispositif "Ecole et cinéma" tarif unique 3,5 €

synopsis

A New York, en plein hiver, un artiste de rue noir gagne sa vie en dessinant le portrait de passants. Il emménage bientôt dans le sous-sol d'un vieil immeuble abandonné. Un soir, il est témoin, dans le quartier de Manhattan, du meurtre d'un homme. Il recueille sa petite fille de deux ans, et, au même moment, vit une histoire d'amour avec une jeune femme de son âge...

notes de production

Tourné à New York en février 1989, Sidewalk stories (Histoires de trottoir) a été, la même année, présenté à Cannes dans la sélection de la Quinzaine des réalisateurs. L’enthousiasme des spectateurs, qui ont applaudi debout le film pendant plus d’un quart d’heure, lui a valu de remporter le prix du public. Puis, accompagné cette fois de la musique de Marc Marder, le film a remporté le grand prix et le prix de la mise en scène au festival de l’humour de Chamrousse. D’autres prix internationaux viendront consacrer le succès de Sidewalk stories , parmi lesquels on peut remarquer le prix spécial Guggenheim, couronnant le film comme meilleure source d’inspiration pour les enfants. Sorti aux Usa le 3 novembre 1989, il remporte un vif succès auprès du public et de la critique. Dès sa sortie en France, le 18 avril 1990, il est loué par une presse nationale presque unanime et remporte un beau succès commercial. Aussi bien, c’est sur des bases solides que le film s’est construit : sur l’amitié et la complicité, nouées dès les années 70 dans les sous-sols de l’université, entre Charles Lane et le compositeur Marc Marder.

Sidewalk stories n’est pas un film muet : la montée sonore de la dernière séquence est là pour attester, non pas de l’absence du son dans toutes celles qui l’ont précédée, mais de son retrait. Et c’est bien de silence qu’il faut parler ici. Quelles forces anciennes Charles Lane entendait-il capter, quelles étaient les qualités du silence dont s’entouraient les films, jusqu’à ce qu’avec l’avènement du parlant, nous les nommions muets ? Ou, plus précisément, revenons à la question ouverte par Stanley Cavell : à quoi a-t-on renoncé en renonçant au silence du cinéma ?
http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films/sidewalk-stories.html

Vingt ans avant The Artist, Sidewalk stories est un hommage incontesté au film mythique de l’homme à la canne, le Kid de Chaplin. Tourné dans un somptueux noir et blanc, et dans l’esprit des films muets des années 1920, Sidewalk stories relate avec malice et tendresse l’histoire d’amitié entre un vagabond et une fillette. Charles Lane capture le quotidien des sans-abri au plus près, avec un réalisme faisant inévitablement penser à On the bowery de Lionel Rogosin, pour délivrer un message intemporel de générosité, de chaleur et d’amour, le tout accompagné par une partition musicale signée du compositeur Marc Marder. Sidewalk stories fait aussi partie de ces films du nouveau cinéma afro-américain des années 1980 qui abordent des sujets polémiques tels que les sans-abri, le quotidien du ghetto, les revendications politiques de la communauté, à l’instar de ses contemporains Do the right thing de Spike Lee et Boyz n the hood de John Singleton.

C’est en sortant d’un championnat de boxe, que m’est venue l’idée du film. Je me hâtais de rentrer chez moi, c’était l’hiver, lorsqu’un clochard m’a abordé. J’ai d’abord eu un mouvement de recul, croyant qu’il voulait me taper de quelques cents. Mais j’ai été estomaqué quand il m’a demandé qui de Ray Sugar Leonard ou de Don Lalonde avait gagné le match. Alors j’ai reconnu en lui mon semblable, quelqu’un qui avait une vie, des passions. Tous mes films sont des comédies, seulement ils ont toujours plusieurs niveaux. C’est-à-dire que je ne travaille pas uniquement pour le niveau superficiel. Tous mes films sont politiques en un sens - je n’aime pas l’admettre, mais c’est vrai : ce sont avant tout des satires sociales. Avec le personnage de la fillette dans Sidewalk stories, je voulais introduire la possibilité que mon personnage, l’artiste, soit amené à s’occuper de quelqu’un d’autre. "Sois le gardien de ton frère" : c’était là le moteur de l’histoire. Mais cette histoire, universelle, je n’ai entrepris de la raconter qu’à seule fin de donner un visage et une voix à ceux qui traversent notre société comme des hommes invisibles : tous les sans-abri.
Je souhaite que lorsque le public verra mon film, il commence par rire mais qu’il finisse par assimiler l’envie de regarder différemment les sans-abri. Tout homme est le gardien de son frère.

Charles Lane

Tourné en deux semaines, en noir et blanc, entièrement muet, il se réfère explicitement à Chaplin en général et au Kid en particulier. Sans être un chef-d’œuvre (il n’y prétend pas), Sidewalk stories évite les écueils majeurs vers lesquels sa singularité le menait. L’action en est contemporaine, ce qui permet de constater que les affrontements sociaux - que le cinéma burlesque décrivait sur le ton de la plaisanterie - pour avoir évolué au cours du siècle, n’en demeurent pas moins d’actualité. L’opposition entre les laissés pour compte, de plus en plus nombreux dans les grandes métropoles, et une classe moyenne en voie d’enrichissement, est d’ailleurs un thème qui a de beaux jours devant lui...
Yves Alion in La revue du cinéma (n° 459, avril 1990)

Sidewalk stories tranche sur la production courante noire américaine : le film s’enracine dans la tradition du mélodrame burlesque à la Chaplin plutôt que dans celle du film afro-américain. L’œuvre, tournée en noir et blanc, est muette (mais sonore et musicale) jusqu’à la séquence finale où l’on entend, effet saisissant, les humiliés faire l’aumône. Cette prise de position esthétique et éthique indique que Charles Lane veut rompre avec l’ethnocentrisme de ses collègues noirs et élargir sa réflexion sur la misère, l’amour frustré..., à de larges couches d’individus. Chaplin et son Kid, peut-être Dickens, sont ainsi convoqués pour donner chair et âme à cette histoire nostalgique, un brin désuète et pas suffisamment agressive pour la fin des années 80. Sidewalk stories est un joli conte de fées moderne. On peut toutefois se poser des questions sur sa genèse. Lane avait tourné en 1977 A place in time (1), un moyen métrage très proche de Sidewalk stories quant au personnage central et, partiellement, de l’intrigue. On sait que le cinéaste n’a jamais pu mener à bien son projet de film sur les amours interraciales, rejeté à la fois par les deux communautés. Est-ce que Sidewalk stories a été tourné comme une compensation ? Peu importe, puisque le résultat est satisfaisant.
Raphaël Bassan in La saison cinématographique 1990
(1) film satirique en noir et blanc inspiré par l’affaire Kitty Genovese, qui lui vaut un student academy award et qui a été présenté dans de nombreux festivals à travers le monde.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Meurtre_de_Kitty_Genovese

Charles Lane
Né à Manhattan en 1953.
http://site-image.eu/index.php?page=auteur&id=182
http://www.lesgensducinema.com/biographie/Charles%20LANE.htm

Bill Dill
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=70715.html

Marc Marder
http://www.cinezik.org/compositeurs/index.php?compo=marder
http://www.imdb.com/name/nm0546278/

extrait(s) de presse

Sens critique - Il sagit d'une tres belle chronique emplie de la tendresse...
Les Enfants de cinéma - Dans "Le Kid", le mauvais père qui abandonne la femme et l’enfant, était peintre ; pour Lane, le peintre est figure de l’altruisme...
Cliclass 33 - Ce film est unique et merveilleux : ne le ratez pas !