Les Invasions barbares - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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Les Invasions barbares

Québec - 2003 - 1h39
Prix d'interprétation féminine (Marie-Josée Croze) Cannes 2003 César 2004 du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario original Oscar 2004 du meilleur film étranger hommage au cinéma québécois festival du film francophone Angoulême 2013
film - film francophone
de

Denys Arcand

scénario : Denys Arcand
direction de la photographie : Guy Dufaux
musique ou chansons : Pierre Aviat
avec : Rémy Girard (Rémy), Stéphane Rousseau (Sébastien), Dorothée Berryman (Louise), Louise Portal (Diane), Dominique Michel (Dominique), Yves Jacques (Claude), Pierre Curzi (Pierre), Marie-Josée Croze (Nathalie), Marina Hands (Gaëlle), Toni Cecchinato (Alessandro), Johanne Marie Tremblay (Soeur Constance)
séances : semaine du mercredi 21 août 2013
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
23:30*
séance spéciale :
* Séance gratuite en plein air sur le parvis du musée de la bande dessinée. Dans le cadre de l'hommage rendu au cinéma québécois par le festival du Film francophone d'Angoulême

synopsis

Rémy, divorcé, la cinquantaine, est à l'hôpital. Son ex-femme Louise rappelle d'urgence leur fils Sébastien, installé à Londres. Ce dernier hésite - son père et lui n'ont plus rien à se dire depuis longtemps. Finalement, il accepte de revenir à Montréal pour aider sa mère et soutenir son père. Dès son arrivée, Sébastien remue ciel et terre, joue de ses relations, bouscule le système de toutes les manières possibles pour adoucir les épreuves qui attendent Rémy. Il ramène aussi au chevet de Rémy la joyeuse bande qui a marqué son passé : parents, amis et anciennes maîtresses. Que sont-ils devenus à l'heure des "invasions barbares" ? L'irrévérence, l'amitié et la truculence sont-elles toujours au rendez-vous ? L'humour, l'épicurisme, le désir peuplent-ils toujours leurs rêves ? A l'heure des invasions barbares, le déclin de l'empire américain continue...

notes de production

Le cinéma québécois au seuil de l’empire
Le cinéma québécois, longtemps bercé par les percées documentaires qui en firent une des grandes cinématographies nationales émergentes dans les années 1960, occupe une position marginale et ambivalente dans l’inconscient français. C’est le cinéma d’un ovni insolite ; l’œuvre d’une sorte d’exception francophone à l’accent étrange, d’une culture fantomatique et effacée, survivant miraculeusement mais sans coups d’éclats politique aux frontières même de l’empire. Car l’empire est au cœur du cinéma d’Arcand. En effet, pour ce cinéaste formé au département d’histoire de l’Université de Montréal, les complexités de l’histoire nationale et la position historique et géographique qu’occupe la société québécoise aux portes de l’empire américain constituent des moteurs narratifs et discursifs primordiaux. De surcroît, depuis l’échec du référendum sur l’indépendance de 1980 - dont Arcand a tiré un film au titre prophétique : Le Confort et l’indifférence (1) - le déclin de l’empire et la défaite du politique et du projet collectif agissent comme déclencheur de l’action (ou plutôt de l’inaction) des personnages. Son œuvre, suivant ce filon, en est une de constat, voguant sur les idéaux et les ratés du passé national. C’est le cinéma d’un peuple abandonné par les élites françaises qui commencent à fuir le continent américain dès la conquête anglaise de 1760 ; un peuple séparé de la métropole française par un océan et par deux siècles et demi de colonialisme britannique ; cantonné dans la tradition linguistique de Rabelais plutôt que dans celle de Molière ; marqué par le contact avec les cultures amérindiennes ; longtemps patronné sous l’égide et le consentement d’un clergé catholique séculaire, démagogique et réactionnaire ; bouleversé par les promesses non-accomplies, après 1960, d’une Révolution tranquille qui tourne au néo-libéralisme et à la technocratie ; et finalement torturée par le drame d’octobre 1970, par le deuil de deux référendums perdants sur la souveraineté et par une vie désormais douce et anesthésiée par le confort et l’indifférence politique. La société québécoise de Denys Arcand, protectionniste et introvertie, constamment prise entre deux feux, est torturée par un manque, par une incomplétude nationale fondatrice qui nourrit, depuis l’époque du cinéma direct, toute la cinématographie québécoise. Bref, le Québec du cinéma contemporain est celui d’une société complexe et fascinante pour les chercheurs étrangers intéressés aux théories et problèmes du nationalisme et du concept de nation, mais qui est conséquemment source à la fois d’attrait exotique et de frustration pour un public français et étranger en mal de références culturelles stables afin de comprendre cet « Autre » atypique, si ce n’est par quelques a priori folkloriques ou lieux communs nageant parfois aux limites du fétichisme...
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Confort_et_l%27indiff%C3%A9rence
http://www.cadrage.net/dossier/invasions_b/invasions_b.html

Pour bien situer les protagonistes
Rémy le père.
Sébastien le fils
Louise ex-femme de Rémy.
Diane une ancienne maîtresse de Rémy (la brune)
Dominique une autre ancienne maîtresse de Rémy (la blonde).
Sylvaine la fille de Rémy.
Claude un ami de Rémy (homosexuel).
Pierre un ami de Rémy (mari et père de 2 enfants).
Nathalie la fille de Diane.
Gaëlle la copine de Sébastien.
Alessandro le copain de Claude.

Les Invasions barbares marque le retour des principaux personnages du Déclin de l’empire américain, grand succès public réalisé par Denys Arcand dix-sept ans plus tôt. Ils étaient tous là, disponibles, et avaient envie de revivre une nouvelle aventure, explique le cinéaste canadien. Evidemment, le temps ayant fait son œuvre, le ton était devenu plus grave, les échéances plus inéluctables. L’heure des bilans avait sonné.

Les Invasions barbares traite des thèmes de la maladie et de la mort. J’ai écrit le scénario du film au cours des deux dernières années, déclare le réalisateur Denys Arcand. C’est un sujet qui me hante depuis bien longtemps, mais je n’arrivais jamais à lui donner une forme satisfaisante pour moi. J’aboutissais toujours à des scénarios lugubres et déprimants. Jusqu’au jour où j’ai eu l’idée de réutiliser les personnages du Déclin de l’empire américain. Leur bonne humeur, leur cynisme et leur intelligence me permettaient de traiter ce sujet avec une légèreté qui me plaisait.

Pour Denys Arcand, Les Invasions barbares est un film qui s’oppose à la folie médiatique du monde actuel. Je me sens de plus en plus décalé par rapport à la société qui m’entoure, explique-t-il. J’imagine que c’est le signe le plus habituel du vieillissement. L’accélération constante de la vie et le hurlement médiatique me rebutent. Les films fabriqués par des ordinateurs ne m’intéressent pas beaucoup. J’aime les dialogues et les acteurs.

L’un des comédiens des Invasions barbares, Stéphane Rousseau, est une grande star du music-hall au Canada. Imitateur, danseur, crooner, musicien, chanteur, animateur radio, il a réuni des centaines de milliers de spectateurs outre-atlantique. Récompensé par de nombreux prix, Stéphane Rousseau a donné 50 représentations parisiennes au Bataclan, en 2001, avec un spectacle mis en scène par l’ex-Nul Chantal Lauby.

Entretien avec Denys Arcand
Avez-vous fait des biographies des personnages, imaginé ce qu’ils avaient vécu pendant ces dix-sept ans. Pouvez-vous nous donner des exemples ?
La fin du Déclin restait ouverte. J’ai décidé que la femme de Rémy l’avait mis à la porte le lendemain de la première histoire. Il a pris un appartement, il ne s’est pas remarié et a eu de nombreuses aventures. Chaque année, il sautait ses étudiantes les plus jolies. Mais l’âge le rattrapait, il devenait moins séduisant et commençait à sentir la solitude. L’idée était que la maladie venait toucher celui auquel on s’attendait le moins. On pouvait penser que le mourant allait être Claude, l’homosexuel. Il avait des symptômes d’une maladie qui s’avérera être des calculs rénaux, et non le sida. C’était bien de procéder à l’inverse. Que ce soit Claude qui ait trouvé quelqu’un avec qui il mène une vie stable à Rome, dans une planque qu’il a trouvée aux Affaires étrangères, comme plein de Canadiens de cette génération. J’avais aussi des copains qui, comme Pierre, ont recommencé une famille à 50 ans. Ils ont épousé une blondinette et se retrouvent avec des nourrissons sur les bras...
Michel Ciment, Philippe Rouyer in Positif (n° 512, octobre 2003)

Un habitué de la Croisette
Denys Arcand est un invité récurrent du festival de Cannes. Ainsi, avant Les Invasions barbares, certains de ses films ont été projetés à la Croisette. Plusieurs d’entre eux ont obtenu une récompense. En 1973, il présentait Rejeanne Padovani à la Quinzaine des réalisateurs. Treize ans plus tard, Le Déclin De l’empire américain décrochait le prix de la critique internationale dans la même catégorie que le précédent. En 1989, il remportait le prix du jury en sélection officielle pour Jésus de Montréal. En 2000, son film Stardom clôturait le festival.

Les Invasions barbares est sorti en France le 24 septembre 2003

Denys Arcand
voir fiche du film Gina
http://www.citebd.org/spip.php?film1104

Guy Dufaux
voir fiche du film Le Déclin de l’empire américain
http://www.citebd.org/spip.php?film1105

Pierre Aviat
Né en 1973.
http://www.toutlecine.com/star/biographie/0005/00057335-pierre-aviat.html
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/324362/pierre-aviat

Rémy Girard
voir fiche du film Le Déclin de l’empire américain
http://www.citebd.org/spip.php?film1105

Stéphane Rousseau
Né le 17 septembre 1966 à LaSalle (Québec).
http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Rousseau_%28humoriste%29

Dorothée Berryman
voir fiche du film Le Déclin de l’empire américain
http://www.citebd.org/spip.php?film1105

Louise Portal
voir fiche du film Le Déclin de l’empire américain
http://www.citebd.org/spip.php?film1105

Dominique Michel
voir fiche du film Le Déclin de l’empire américain
http://www.citebd.org/spip.php?film1105

Yves Jacques
voir fiche du film Le Déclin de l’empire américain
http://www.citebd.org/spip.php?film1105

Pierre Curzi
voir fiche du film Le Déclin de l’empire américain
http://www.citebd.org/spip.php?film1105

Marie-Josée Croze
Née le 23 février 1970 à Montréal.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Jos%C3%A9e_Croze

Marina Hands
voir fiche du film Sport de filles
http://www.citebd.org/spip.php?film787

Toni Cecchinato
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_Cecchinato
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/131152/toni-cecchinato

Johanne Marie Tremblay
Née en 1950 à Montréal.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Johanne-Marie_Tremblay
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/325041/johanne-marie-tremblay

extrait(s) de presse

Le Parisien - Un film épatant et salutaire.
Le Figaro - Un film superbe qui donne à rire et à pleurer.
Le Quotidien du cinéma - Comme le résume parfaitement Remy : "le socialiste voluptueux a engendré un capitaliste puritain"....
Courte focale - Le temps des utopies n’existe plus. L’empire américain a été touché par les invasions barbares. Pour la petite bande de Denys Arcand, c’est l’heure des adieux...
Télérama - Un drôle de film très gai, tout triste...
àVoir-àLire - Du "socialisme voluptueux" à la mort des utopies, Denys Arcand remet le couvert dix-sept ans après "Le Déclin de l’empire américain", dans une comédie humaine sensible et cruelle...
Panorama - Né d'un constat plutôt sérieux de la part du cinéaste Denys Arcand, le scénario se permet de dépeindre bien des aspects peu reluisants de la société québécoise...
Positif - Une fois encore, la qualité du dialogue fleuri associe confessions intimes et considérations générales sur l'état de la société nord-américaine à l'heure de la mondialisation et de ces "invasions barbares" dont l'attentat du 11 septembre demeure l'exemple le plus marquant...