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La Mort d’un bûcheron

Québec - 1973 - 1h49
Compétition officielle Cannes 1973 hommage au cinéma québécois festival du film francophone Angoulême 2013
film - film francophone
de

Gilles Carle

scénario : Gilles Carle, Arthur Lamothe
direction de la photographie : René Verzier
musique ou chansons : Willie Lamothe
avec : Carole Laure (Marie Chapdeleine), Willie Lamothe (Armand Saint-Amour), Daniel Pilon (François Paradis), Pauline Julien (Charlotte Juillet), Marcel Sabourin (Ti-Noir L'Esperance), Denise Filiatrault (Blanche Bellefeuille)
séances : semaine du mercredi 21 août 2013
mercredi 21 jeudi 22 vendredi 23 samedi 24 dimanche 25 lundi 26 mardi 27
21:30

synopsis

Marie Chapdelaine se rend à Montréal à la recherche de son père, bûcheron mystérieusement disparu sur son lieu de travail. Elle rencontre Armand Saint-Amour, patron d'une boîte qui la fait travailler comme chanteuse, François Paradis, un journaliste, Charlotte Juillet, un écrivain, Blanche Bellefeuille, l'amie de son père... Tous se retrouveront dans un camp de bûcherons où vécut son père et où il fut tué lors d'une émeute avec la police...

notes de production

Cinéma québécois
S’affirmant culturellement distinct du cinéma canadien anglophone, le cinéma québécois prend son essor à la fin des années 50, lors de la Révolution tranquille. Depuis, il s’est taillé un marché intérieur au Québec et détient une reconnaissance internationale grâce à sa filmographie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_qu%C3%A9b%C3%A9cois

L’oeuvre de Gilles Carle a toujours su se situer quelque part entre culture et cinéma populaires, sans toutefois sombrer dans le populisme simpliste. Modeste, efficace, elle évoque avec une honnêteté irréprochable des réalités banales même lorsqu’elle emprunte quelques artifices séducteurs au cinéma de genre. Refusant l’hermétisme, Carle trouve le moyen d’exprimer ses idées tout en demeurant toujours foncièrement accessible. Voilà d’ailleurs la raison pour laquelle, à une époque où le cinéma d’ici ne semble plus savoir où donner de la tête, le sien semble plus pertinent que jamais...
http://www.panorama-cinema.com/V2/critique.php?id=975

Certains feront un parallèle avec le roman Maria Chapdelaine (1), à cause du nom des protagonistes principaux évidemment, mais aussi comme une illustration moderne des thèmes du livre de Louis Hémon (2). Gilles Carle explore d’ailleurs ces thèmes à travers une incursion dans le monde du papier.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Maria_Chapdelaine
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_H%C3%A9mon

Ironiquement, le personnage joué par Carole Laure s’appelle Marie Chapdeleine, en référence directe au célèbre roman de Louis Hémon, profondément marqué par les valeurs légendaires et chrétiennes de la famille canadienne traditionnelle. Mais plus ironiquement encore, Gilles Carle fait porter à son autre personnage principal le nom de François Paradis (comme dans le roman). Ces emprunts à un passé culturel maintenant contesté aboutit à ce que les Québécois appellent le "kétaine" (équivalent de "kitsch"). Le scénario s’organise autour d’un pôle économique déterminant : l’industrie du papier, symbole du capitalisme local. Gilles Carle s’est ensuite inspiré d’un fait politique qui s’est déroulé en 1962 : contestant l’autorité de patrons étrangers, des bûcherons s’étaient révoltés. La répression policière fit onze morts. Ces éléments d’un passé relativement récent ont été transposés sur le mode de la fiction symbolique.
Les extérieurs du film furent tournés à Montréal, St-Zénon et au lac Delage.

Images et loisirs

C’est une fable. Et de la fable, le film tient son apparente schématisation, ses feintes insistances. Mais il en a bien davantage encore les beautés et les subtilités...
Gilles Carle tourne résolument le dos à toute morale traditionnelle, ne reconnaît de responsabilité que politique, refuse de porter un jugement sur ses personnages, en appelle à la prise de conscience radicale.
Et c’est un film bien plus optimiste que les précédents, même s’il est plus tragique. L’humour y tient une place restreinte, les dangers y sont dénoncés clairement, mais à la fin se préparent deux naissances rassurantes, celles de Maria à la vie "debout" et celle de l’enfant de Charlotte conçu pour être libre.
Moins facile qu’il n’y paraît, plus radical que les les films précédents, La Mort d’un bûcheron est aussi le film où Gilles Carle s’implique le plus lucidement.

Mireille Amiel in Cinéma 73 (n° 181, novembre 1973)

Du cinéma canadien en pleine santé.
Saluons donc cette tentative d’un cinéma qui refuse les structures traditionnelles de narration. Même si elle est alourdie par les déclarations d’amour que Gilles Carle adresse à son actrice par caméra interposée. On devine que les longues scènes du nu intégral sont visiblement tournées pour le plaisir de rendre hommage à la radieuse beauté de Carole Laure. Il va de soi que l’on pardonne aisément de telles faiblesses.

Raymond Lefèvre in La Revue du cinéma (n° 278, novembre 1973)

Comme sa Bernadette, Gilles Carle est une vraie "nature", un homme qui a horreur des idées reçues et du confort moral. C’est certainement le moins "cérébral" des cinéastes québécois, le plus enraciné dans le terroir, celui qui reste le plus proche des champs et de la forêt. Ses personnages sont toujours des révoltés, des solitaires, des marginaux. Son cinéma ne s’embarrasse pas d’intellectualisme, il est charnel et insolent, il pète de santé et pétille d’humour...
Ce film, c’est une tranche de vie bien juteuse, c’est aussi la revendication discrète mais ferme de la liberté contre l’exploitation, de la pureté contre la corruption, de la dignité contre l’humiliation. Mais Gilles Carle est un bon copain : pour nous empêcher de nous attendrir, il nous flanque de grandes claques dans le dos. Il nous fait prendre une pinte de bon sang. Qu’il en soit remercié.

Marcel Martin in Ecran 73 (n° 19, novembre 1973)

Gilles Carle expliqua dans une entrevue que le western est une composante importante de ses films, car il a été très influencé par les sonorités qui ont bercé son enfance. Selon le cinéaste, le western se définit comme la vraie musique du pauvre et a représenté une façon de se valoriser en créant un mythe qui constitue le grand rêve de l’Amérique pauvre. Le Québec a aussi sa petite civilisation western, dont le héros, le bûcheron, est notre cow-boy.
Dans plusieurs de ses films, le cinéaste met en scène des exclus ou des marginaux et interroge leur rapport avec la société dite normale. La marginalité m’intéresse, parce que c’est une manière plus vivante de vivre, explique Carle.

À l’occasion du décès de Gilles Carle, en novembre 2009, on a beaucoup parlé dans les médias de sa passion pour les femmes, que certains ont même présentées comme ses muses. Chloé Sainte-Marie, sa conjointe, bien sûr, mais également Carole Laure (à qui l’on doit, notamment, le personnage de Marie Chapdelaine dans La Mort d’un bûcheron)...
http://www.lepanoptique.com/sections/arts-litterature/le-personnage-feminin-chez-gilles-carle-analyse-de-la-mort-dun-bucheron/

J’avais 18 ou 20 ans. A Montréal, dans un restaurant, un homme s’approche de moi et me dit : vous avez une tête de cinéma. J’aimerais vous faire passer une audition. C’était Gilles Carle. Selon moi, le plus grand réalisateur québécois aujourd’hui. Je venais de débarquer de la campagne. Je me cherchais, entre des cours de sciences politiques, les mouvements de la jeunesse québécoise des années 70 éprise de liberté, mes passions pour la musique, la danse… Je ne connaissais pas Gilles Carle, je ne connaissais rien du cinéma, rien du jeu de comédienne...
Carole Laure
http://www.psychologies.com/Culture/Philosophie-et-spiritualite/Savoirs/Articles-et-Dossiers/Carole-Laure-et-Gilles-Carle

La Mort d’un bûcheron est sorti en France le 15 septembre 1973.

Gilles Carle
Né le 31 juillet 1928 à Maniwaki (Canada), décédé le 28 novembre 2009 au Centre hospitalier de Granby.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Carle

Arthur Lamothe
Né à Saint-Mont (France) le 7 décembre 1928.
Emigre au Canada en 1953...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Lamothe

René Verzier
http://www.lesgensducinema.com/biographie/Rene%20VERZIER.htm

Willie Lamothe
Né Joachim Guillaume Lamothe le 27 janvier 1920, décédé le 19 octobre 1992.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Willie_Lamothe

Carole Laure
Née Carole Champagne le 5 août 1948 à Shawinigan (Québec).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carole_Laure

Daniel Pilon
Né le 13 novembre 1940 à Montréal.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Pilon

Pauline Julien
Née à Trois-Rivières le 23 mai 1928, décédée à Montréal le 1er octobre 1998.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Julien

Marcel Sabourin
Né le 25 mars 1935 à Montréal.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Sabourin

Denise Filiatrault
Née à Montréal, le 16 mai 1931.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Denise_Filiatrault

extrait(s) de presse

Le Panoptique - Grande figure du cinéma québécois contemporain, Gilles Carle a créé au cours de sa prolifique carrière des films crus, sensuels, violents et d’une profonde beauté...
Paperblog - Passionné par les marginaux, Gilles Carle, sans doute le meilleur réalisateur québécois, signe ici un de ses meilleurs films...
Contact - J’aime les films avec une signature, je n’aime pas les films tièdes, qui ne prennent pas de risques. De toute façon, l’origine de mon métier, quand j’ai démarré avec Gilles Carle, c’était du cinéma indépendant, un cinéma formidable...
Encyclopédie de l'Agora - Carle n'a pas usé de la même discrétion visuelle que dans La vraie nature de Bernadette, mais ses images sont justes et justement québécoises...
Cinéprofil - "La Mort d'un bûcheron" s'affiche comme une expérience cinématographique à la fois jouissive et déconcertante...
Univers ciné - L'oeuvre de Gilles Carle reste l'une des plus impertinentes et les plus libres du cinéma, ayant fait découvrir et aimer le Québec au monde entier.