Pieta - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Pieta

Pieta

피에타
Corée du sud - 2012 - 1h44
Lion d'or Venise 2012
interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
film - version originale sous-titrée en français
de

Kim Ki-duk

scénario : Kim Ki-duk
avec : Lee Jung-Jin ou Jung-Jin Lee (Kang-Do), Min-soo Jo (Mi-sun), Ki-Hong Woo (Hoon-chul), Eun-jin Kan (épouse de Hoon-chul), Jae-rok Kim (le moine)
séances : semaine du mercredi 24 juillet 2013
mercredi 24 jeudi 25 vendredi 26 samedi 27 dimanche 28 lundi 29 mardi 30
21:25
21:25
21:25

synopsis

Kang-do, usurier, n'hésite pas à mutiler sans états d'âme ses clients, afin que l'indemnisation de l'assurance rembourse les taux d'intérêts exorbitants qu'il impose. Un jour, une femme prétendant être sa mère frappe à sa porte. Se sentant coupable d'avoir abandonné son enfant et de l'avoir laissé grandir sans amour, elle observe, voire se rend complice des exactions de son fils. Ce dernier, au moyen d'actes violents, se laisse finalement convaincre et l'accepte comme sa mère. En même temps qu'une certaine complicité s'installe entre eux, Kang-do doit faire face à ses propres exactions pour retrouver sa mère qui se fait croire piégée...

notes de production

Pieta a obtenu le Lion d’or au festival de Venise 2012 et a concouru pour représenter la Corée du Sud pour l’Oscar du meilleur film étranger. A noter que Kim Ki-duk est le premier Coréen à obtenir la statuette dorée vénitienne. Le Sud-Coréen avait déjà obtenu une récompense dans la ville des amoureux, le Lion d’Argent du meilleur réalisateur en 2004 pour Locataires.

La Pietà, aussi appelée vierge de pitié, est une représentation artistique de la Vierge Marie tenant la dépouille de Jésus-Christ sur ses genoux une fois descendu de la croix. Ce thème chrétien a inspiré de nombreux artistes avant Kim Ki-duk, de Michel-Ange à Delacroix en passant par Van Gogh. Martin Scorsese distille également ce thème dans ses films, notamment dans A tombeau ouvert où Patricia Arquette tient Nicolas Cage sur ses genoux à la manière d’une Pietà. Pas étonnant de retrouver cette représentation chez des cinéastes tels que Scorsese ou Ki-Duk qui ont une passion pour les thèmes de la souffrance, la mort, la rédemption et le sacrifice.

Si Jésus a chassé les marchands du temps afin de se dresser contre le pouvoir de l’argent, Kim Ki-duk compte reprendre le flambeau en dénonçant cela dans Pieta : l’argent met inévitablement les individus à l’épreuve dans une société capitaliste. Et ceux-ci sont obsédés par le fantasme selon lequel l’argent rend tout possible. L’argent est la raison principale des incidents qui se passent aujourd’hui dans le monde. Dans ce film, deux personnes qui n’ont aucune raison de se rencontrer, donnent et reçoivent de la souffrance en échange d’argent. Alors réunis, ils deviennent membres de la même famille. Et à travers cette famille, on réalise à quel point nous sommes complices de cette société. À la fin, nous deviendrons nous-mêmes monnaie d’échange pour les autres, explique le metteur en scène.

Pieta a été tourné dans le quartier de Cheonggyecheon à Séoul entre février et mars 2012. Kim Ki-duk a filmé avec deux caméras afin de réduire la durée de tournage et les coûts ; il cadrait lui-même avec l’une d’elle et laissait l’autre à son chef-opérateur Young-Jik Jo.

Pour la scène d’ouverture du film, Kim Ki-duk avait besoin d’un endroit qui ressemble à l’ancien Cheonggyecheon ; après avoir effectué plusieurs repérages pendant des semaines, l’équipe a finalement trouvé le décor idéal un jour avant le début des prises, à l’intérieur d’un building moderne, toujours dans le quartier de Cheonggyecheon.

Avec Pieta, Kim Ki-duk a voulu mettre en avant un monde sans pitié régi par le pouvoir de l’argent et de l’individualisme : le monde entier va progressivement vers le chaos, un chaos pour les nations mais aussi pour les individus. Et tout cela à cause de l’argent, déplore le cinéaste. Bien que la fin du film soit brutal et triste, c’était ma volonté d’espérer que le monde ne deviendra pas comme cela, poursuit le Coréen, dans un regain d’optimisme.

Bien que le film se nomme Pieta et qu’il traite de thèmes liés au christianisme comme la souffrance et la rédemption, le réalisateur Kim Ki-duk ne croit pas en Dieu : il y a tant de souffrances dans une vie. Les humains ont créé Dieu et le prient à cause de ces souffrances. Je pense que Dieu est chacun d’entre nous, ou la nature. Et la prière un processus pour que chacun trouve une explication à ses incompréhensions (...). Pieta est ma lutte pour comprendre la vie, confie le metteur en scène.

Malgré son message pessimiste et ses thèmes austères, Pieta est aussi un film qui parle d’Amour : dans Pieta, la fin démontre que l’amour est nécessaire, même pour son ennemi. Je crois que l’amour est possible pour chacun d’entre nous, précise Kim Ki-duk.

La comédienne Min-soo Jo a remporté le prix de la meilleure actrice aux César coréens pour le rôle de Mi-sun.

Kim Ki-duk
Né le 20 décembre 1960.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kim_Ki-duk

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - La réussite de [Kim Ki-duk] n'est pas banale, "Pieta" constituant d'un même élan un thriller haletant, histoire d'une vengeance terrifiante (...) préparée avec une minutie et une invention folles, exécutée avec une froideur glaçante.
Le Jdd - (...), le réalisateur signe un drame poignant sur la rédemption d'un individu dont l'existence est vouée à la violence, sur fond de crise économique.
Paris match - (...) "Pieta" vous bouscule pour mieux vous piétiner. (...) [Kim Ki-duk] réussit à insuffler une force dévastatrice à ses images. (...) Ce Lion d'or au Festival de Venise 2012 a un sacré mordant.
Positif - "Pieta", un des meilleurs films de son auteur, est dans la ligne de ses créations personnelles antérieures par les thèmes de vengeance, de protestation sociale et de relations familiales troublées, comme par la vérité et la réalité qui y sont entremêlées.
àVoir-àLire - Crépusculaire et cruellement noir, le long-métrage baigne dans une grisaille qui jamais ne se dissipe. (...) Le résultat est un véritable électrochoc, une oeuvre sacrificielle, parfois un brin didactique, critiquant avec sécheresse l'atomisation de nos sociétés.
Ecran large - Cruauté, surenchère et toile de fond sociétale : Kim Ki-duk est de retour, tics et névroses à l'appui.
Le Figaro - Lion d'or à Venise, le film se veut un chemin de croix vers le pardon et la rédemption, mais il est d'une brutalité et d'une cruauté souvent intolérables.
Fiches du cinéma - Entre "Le Samouraï" et "Danny the Dog", le nouveau Kim Ki-duk est un film sacrificiel et éprouvant à l'étrangeté assumée.