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Chatrak

Inde, France - 2010 - 1h30
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2011 Toronto 2011
film - version originale sous-titrée en français
de

Vimukthi Jayasundara

scénario : Vimukthi Jayasundara
direction de la photographie : Channa Deshapriya
musique ou chansons : Roman Dymny
avec : Paoli Dam (Paoli), Sudipto Mukherjee (Rahul), Tomas Lemarquis (un soldat étranger), Sumeet Thakur (frère de Rahul)
séances : semaine du mercredi 24 juillet 2013
mercredi 24 jeudi 25 vendredi 26 samedi 27 dimanche 28 lundi 29 mardi 30
18:15
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synopsis

Dans une forêt, à la limite d'une frontière, un jeune bengali et un soldat européen cherchent à s'apprivoiser. A Calcutta, Rahul, un architecte qui était parti faire carrière à Dubaï, démarre la supervision d'un immense chantier. Il renoue avec Paoli, son amie, qui a longtemps attendu son retour, seule, loin de sa famille. Les deux partent à la recherche du frère de Rahul dont on dit qu’il est devenu un fou, qu'il vit dans la forêt et dort dans les arbres…

notes de production

Le titre original devait être Mushrooms, traduit en français par Champignons. Il faisait référence aux gratte-ciels qui se multiplient très vite sans prendre en compte l’identité culturelle d’un pays. Le réalisateur Vimukthi Jayasundara explique : un champignon est sans racines, mais vit sur des surfaces, et prolifère. Ces constructions bouleversent le rythme naturel de Calcutta et cela ne fait que s’intensifier. Je vois dans les gratte-ciels un stéréotype des pays développés et riches qui se propagent.

Ce qui fait la richesse de l’Inde, c’est sa diversité. En effet, dans ce pays, pas moins de 60 langues sont parlées, et de nombreuses religions sont pratiquées. Ce que Vimukthi Jayasundara veut dénoncer dans son film, c’est l’uniformisation et donc la perte de cette richesse culturelle au profit de l’alignement sur le modèle occidental. Comme si nous allions tous entrer dans un monde où il n’y aurait plus de place pour la différence et la diversité, précise le cinéaste.

Vimukthi Jayasundara compare son métier à celui d’un architecte, la profession de son personnage principal, en s’appuyant sur le processus de création qui lui semble similaire, puisque les deux imaginent d’abord dans leur esprit ce que sera l’œuvre avant de la fabriquer, avant de donner corps à leurs rêves et conceptions, l’un avec les moyens et les possibilités du cinéma, l’autre avec ceux qu’offrent les matériaux modernes.

Comme dans ses deux premiers longs métrages, Vimukthi Jayasundara interroge son époque à travers les thèmes de la guerre, de la sexualité et du mysticisme. Il déclare vouloir s’attacher à rompre avec les conventions de la narration occidentale en faisant s’entrechoquer des temporalités et en voyageant à travers différents modes de récit.

Une scène de nu a filtré sur internet, ce qui a choqué le public en Inde, en particulier à Calcutta, la capitale du Bengale occidental. Le réalisateur Vimukthi Jayasundara a alors proposé une deuxième version du film, dans laquelle cette fameuse scène n’apparaissait pas.

Mes deux premiers films, La Terre abandonnée et Entre deux mondes, exploraient des thèmes contemporains qui me touchent intimement, comme la guerre, la violence, la sexualité et la mystique. Ils s’attachaient à rompre avec les conventions de la narration occidentale en faisant s’entrechoquer des temporalités et en voyageant à travers différents modes de récit.
Ici, m’est donnée l’occasion unique d’élargir le champ de mes contes sans rien céder sur la manière. D’exprimer l’idée d’une uniformisation progressive de nos existences et de nos avenirs. Comme si nous allions tous entrer dans un moule, dans un formatage, dans une labellisation du style de vie, et en définitive dans une seule et même histoire contaminés par notre rapport à un habitat mondialisé qui est partout reproduit et à l’infini, piégés par une sorte d’espéranto architectural. Comme si nous allions tous entrer dans un monde où il n’y aurait plus de place pour la différence et la diversité.
Mettre en scène cela en Inde a quelque chose d’effrayant. Je ne connais pas de nations ni de territoires qui dépassent l’Inde en termes de multiculturalisme. Soixante langues différentes, des dizaines de religions, d’ethnies, des milliers de dieux ! À partir d’un tel socle social et culturel foisonnant, le processus de transformation de l’Inde en une seule story a de quoi épouvanter ou exaspérer. Et les architectes se retrouvent au centre de cette turbulence...

Vimukthi Jayasundara

Entretien avec Vimukthi Jayasundara
http://www.critikat.com/Vimukthi-Jayasundara.html

Vimukthi Jayasundara
http://www.quinzaine-realisateurs.com/vimukthi-jayasundara-r13556.html
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/325920/vimukthi-jayasundara

Channa Deshapriya
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/325925/channa-deshapriya
http://www.afcinema.com/Channa-Deshapriya-directeur-de-la.html

Roman Dymny
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/317286/roman-dymny

Paoli Dam
http://www.top250.fr/Person/Actor/150409

Tomas Lemarquis
http://www.commeaucinema.com/personne/tomas-lemarquis,17183

extrait(s) de presse

Critikat - Sur un sujet qui pourrait aisément sombrer dans les poncifs bien-pensants (la standardisation progressive de nos existences), le cinéaste fait preuve d'inventivité et d'intelligence à chaque scène.
Le Monde - Sur un fil narratif léger, [le] film suggère beaucoup et invite à méditer sur les rapports de l'homme à la terre mère avec une force poétique captivante.
Les Inrocks - Une œuvre quasi médiumnique, voire hallucinogène.
Positif - (...) le film dépasse de loin son histoire d'amour filiale pour saisir un certain ratio du cinéma à l'espace et à la lumière. (...) "Chatrak" se ferme et s'ouvre, tel un oeil qui cligne, rêve le réel puis le voit.
Télérama - Entre plans-séquences envoûtants et humour absurde, le réalisateur mêle, avec ardeur, cinéma politique et burlesque contemplatif.
Le Nouvel obs - La mise en scène tient jusqu'au bout sa belle étrangeté hypnotique.
Cahiers du cinéma - Le film touche, étonne et inquiète.