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la belle endormie

La Bella addormentata
Italie - 2012 - 1h50
Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir (Fabrizio Falco) Venise 2012
film - version originale sous-titrée en français
de

Marco Bellocchio

scénario : Marco Bellocchio, Stefano Rulli
direction de la photographie : Daniele Cipri
musique ou chansons : Carlo Crivelli
avec : Toni Servillo (Uliano Beffardi), Isabelle Huppert (Divina Madre), Alba Rohrwacher (Maria), Michele Riondino (Roberto), Maya Sansa (Rossa), Piergiorgio Bellocchio jr (Pallido), Gianmarco Tognazzi (le mari de la Divina Madre), Brenno Placido (Federico)
séances : semaine du mercredi 12 juin 2013
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
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synopsis

Le 23 novembre 2008, l'Italie se déchire autour du sort d'Eluana Englaro, une jeune femme plongée dans le coma depuis 17 ans. La justice italienne vient d'autoriser Beppino Englaro, son père, à interrompre l'alimentation artificielle maintenant sa fille en vie. Dans ce tourbillon politique et médiatique les sensibilités s'enflamment, les croyances et les idéologies s'affrontent. Maria, une militante du Mouvement pour la Vie, manifeste devant la clinique dans laquelle est hospitalisée Eluana, alors qu'à Rome, son père sénateur hésite à voter le projet de loi s'opposant à cette décision de justice. Ailleurs, une célèbre actrice croit inlassablement au réveil de sa fille, plongée elle aussi depuis des années dans un coma irréversible. Enfin, Rossa veut mettre fin à ses jours mais un jeune médecin plein d'espoir va s'y opposer de toutes ses forces...

notes de production

Le film s’inspire de la véritable histoire d’Eluana Englaro (1), une Italienne d’une trentaine d’années plongée dans un état végétatif irréversible pendant dix-sept ans, suite à un accident de voiture. Elle mena le pays à ébullition en demandant, via son père, à ce que son système d’alimentation artificielle soit débranché... Opposant ainsi la communauté scientifique et les sources vaticanes, les tribunaux, les journaux, les défenseurs et les opposants à l’euthanasie. Un des segments du film met en scène le personnage d’Uliano Beffardi (Toni Servillo). Il s’agit d’un rôle d’homme politique en référence directe à Silvio Berlusconi, et au décret de dernière minute qu’il tenta de faire passer pour faire halte au processus d’euthanasie engagé. Sans succès.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Eluana_Englaro

Le réalisateur Marco Bellocchio n’a pas souhaité faire un film qui prendrait parti ou imposerait son point de vue sur le bien fondé de l’euthanasie. Ainsi, Eluana Englaro ne figure pas dans le film en tant que personnage. En effet, La Belle endormie est davantage axé sur les histoires respectives de personnages satellites (la Divina Madre, une grande actrice sur le déclin jouée par Isabelle Huppert, un homme politique, un médecin, ou encore une droguée). Leurs histoires se déroulent en parallèle des derniers jours d’Eluana Englaro, comme une œuvre à visages multiples orientés sur une même attente.

La réalisateur Marco Bellocchio s’est interrompu en pleine rédaction de son scénario, et n’y est revenu que deux ans plus tard. C’est ainsi que sont nées les histoires indépendantes à celle d’Eluana Englaro, mais parallèles à son sort.

Plusieurs scènes du film ont été filmées à l’extérieur de la maison médicalisée où Eluana Englaro a séjourné, et où on lui a finalement coupé les vivres pour la laisser partir. Certains figurants dans le film ont été engagés pour jouer leur propre rôle, car ils faisaient partie du groupe de protestataires présents en 2009, lorsque se sont déroulés les évènements.

Isabelle Huppert avait déjà travaillé avec Michele Placido sur Les Ailes de la colombe (2), un film de Benoît Jacquot adapté d’un roman d’Henry James. La Belle endormie est le second film où ils se partagent l’affiche. Alba Rohrwacher avait quant à elle déjà joué pour Marco Bellocchio - encore étudiante, elle avait fait sa première apparition en 2001 au cinéma dans Le Sourire de ma mère, puis était apparue dans Sorelle mai (2010).
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ailes_de_la_colombe_%28film,_1981%29

Le film a été présenté à la Mostra de Venise en 2012. Accueilli avec beaucoup de chaleur de la part du public et des critiques, le film a permis à Daniele Cipri de remporter le Prix Marcello Mastroianni du meilleur acteur émergent.

La Belle endormie aborde le sujet délicat de l’euthanasie, dans l’air du temps, s’inscrivant dans la lignée de films comme le poignant Million dollar baby de Clint Eastwood, le multi-primé Amour de Michael Haneke ou le magnifique Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé.

Ce film naît de la très grande émotion (et de la stupeur) suscitée par la mort d’Eluana Englaro (et surtout comment sa mort a été vécue par les Italiens, je pense aux internautes, aux hommes politiques, à l’église…), de ma solidarité et de mon admiration pour le père d’Eluana. Cependant, je sentais aussi que cette solidarité partisane risquait de limiter mon imagination, je sentais qu’il était nécessaire d’élargir l’horizon, de voir à plus long terme…
Attendre… J’ai attendu deux ans avant de reprendre mon travail, de l’approfondir. Et c’est ainsi que sont nées d’autres histoires qui, bien qu’indépendantes, ne sont en rien étrangères à celle d’Eluana. Des histoires qui plongent leurs racines dans un temps plus ancien (très antérieur au temps d’Eluana),
le temps de ma vie toute entière, l’enfance, l’adolescence, la famille, l’éducation catholique, les compromis de la politique, les principes moraux, l’importance d’être cohérent avec ses propres idées, le refus de s’avouer vaincu devant une vie en danger, mais encore riche de potentialités et capable de se ressaisir, de renaître (cf. Rossa et Pallido…).
Voilà en quelques mots mon parcours, un parcours dans lequel le style, le choix des images, la structure du drame sont venus après ou d’eux-mêmes… Pendant le tournage, nous avons improvisé assez souvent, tout en respectant les dialogues (raccourcis au montage).
Sans Eluana qui meurt, il n’y aurait pas de Belle Endormie qui se réveille. Dans ce film, il n’y a ni préjugés ni partis pris. Certes, ce n’est pas un film impartial, je crois que l’impartialité n’existe pas dans l’art, mais ce film est sincère et n’est en rien idéologique. J’ai ma propre conviction mais ce film n’en est pas l’illustration. Je reste ouvert à la discussion (j’espère qu’elle aura lieu) et confiant en un public non indifférent.

Marco Bellocchio

Entretien avec Toni Servillo
Comment ce projet vous a-t-il été présenté ? Marco Bellocchio vous a-t-il dit tout de suite quel genre de film il voulait faire ?
Bien sûr ! Il m’a expliqué tout de suite, comme il l’a par ailleurs répété souvent lors de débats publics, que ce n’était pas - comme il était facile de l’imaginer pour ceux qui comme moi aiment le cinéma de Marco Bellocchio - un film retraçant l’histoire d’Eluana Englaro, mais un film qui, à partir de cette expérience qui a interpellé profondément la politique et la conscience de l’Italie, était une réflexion sur des thèmes liés à une politique de la profondeur, ou si vous préférez, à une profondeur qui a aussi à voir avec la politique...
http://www.gncr.fr/films-soutenus/la-belle-endormie

Entretien avec Marco Bellocchio
http://www.cinematraque.com/2013/04/entretien-avec-marco-bellocchio-autour-de-la-belle-endormie/

Marco Bellocchio
Né le 9 novembre 1939 à Bobbio (Italie).
Brisant avec le cinéma néoréaliste, il s’attaque aux symboles conformistes italiens en créant une œuvre politiquement engagée...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marco_Bellocchio

Stefano Rulli
Né à Rome en 1949.
http://www.commeaucinema.com/personne/stefano-rulli,17202
voir fiche du film Piazza fontana.
http://www.citebd.org/spip.php?page=cinemarecherche&id_film=996&alpha=16&a=2013&m=6#film

Daniele Cipri
Né le 17 août 1962 à Palerme.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniele_Cipr%C3%AC
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/358021/daniele-cipri

Carlo Crivelli
Né le 15 avril 1953 à Rome.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carlo_Crivelli_%28compositeur%29

Toni Servillo
Né le 25 janvier 1959 à Afragola.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_Servillo

Isabelle Huppert
voir fiche du film La Religieuse
http://www.citebd.org/spip.php?page=cinemarecherche&id_film=1004&alpha=18&a=2013&m=6#film

Alba Rohrwacher
Née le 27 février 1979 à Florence.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alba_Rohrwacher

Michele Riondino
http://cineday.orange.fr/star/michele-riondino_517926/

Maya Sansa
Née le 25 septembre 1975 à Rome.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maya_Sansa

Piergiorgio Bellocchio jr
http://www.filmsavoir.fr/films-avec-piergiorgio-bellocchio-jr-27235

Gianmarco Tognazzi
http://www.cinemotions.com/Gianmarco-Tognazzi-nm56370

Brenno Placido
http://cineuropa.org/id.aspx?t=filmography&l=fr&did=154427
http://dvdtoile.com/Filmographie.php?id=186642

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Marco Bellochio s'éprend d'un fait de société qui déchira l'Italie et en extrait toute la complexité dans une réflexion sur le droit à la mort au coeur d'un film choral qui confine au sublime. Totalement bouleversant.
Critikat - "La Belle endormie" a deux fardeaux, deux courages : celui d'être un vrai mélo, venu de lui-même s'emmêler dans un gros sujet. Sauf qu'au lieu de s'enfoncer mutuellement, ces deux poids s'équilibrent : on dirait que les gros sabots de son histoire poussent naturellement la mise en scène à manoeuvrer à pas feutré.
Le Nouvel obs - (...) "La Belle Endormie" [mêle] avec virtuosité les intrigues, [dessine] de la classe politique italienne un tableau saisissant. (...) Le regard que [Marco Bellocchio] n'a cessé de porter sur le monde paraît avoir gagné encore en acuité.
Fiches du ciéma - En mettant en scène des cas concernés par l'acharnement thérapeutique, Bellocchio chante un superbe hymne à la liberté et à la vie, évitant le pamphlet sans chercher non plus le consensus.
Ouest France - Mise en scène rigoureuse, avec une Isabelle Huppert émouvante au possible, ça va de soi. Mais il y a aussi à l'écran le formidable Toni Servillo.
Positif - La sensibilité de la mise en scène ne dédaigne aucun personnage, elle invite à percevoir et à recevoir la vie dans sa plénitude.
Télérama - A chaque fois émergent des inter­rogations, qui dépassent la controverse autour de l'euthanasie, (...) [que] Bellocchio traite avec une liberté et une fluidité étonnantes.
Le Monde - Isabelle Hupert (...) apporte une dimension quasi mystique (...).