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93 la belle rebelle

France - 2010 - 1h13
documentaire - film francophone
de

Jean-Pierre Thorn

direction de la photographie : Frédéric Serve
avec : Daniel Baudon (Sixties memory), Marc Perrone, Loran (Bérurier noir et Les Ramoneurs de menhirs), Dee Nasty, Lionel D, Ntm, Casey, Serge Teyssot-Gay (et Zone libre), Grand corps malade
séances : semaine du mercredi 22 mai 2013
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
21:00*
séance spéciale :
* en prélude à la venue de Casey à la Nef le 1er juin 2013 tarif unique (pour le film) 3,5 €

synopsis

Une épopée - du rock au slam en passant par le punk & le hip hop - incarnant un demi-siècle de résistance musicale flamboyante et se faisant porte-voix d'une jeunesse et de territoires en perte d'identité, sous les coups des mutations industrielles, des désillusions politiques et de l'agression constante des pouvoirs successifs les stigmatisant comme "voyous", "sauvageons" ou "racailles". Ou comment, par strates successives, s'est fabriquée une contre-culture "underground" réinventant - par-delà le délitement des valeurs traditionnelles de la "banlieue rouge" - d'autres codes, d'autres mots, d'autres sons, d'autres façon de bouger, de colorer les espaces, d'écrire et de penser le monde… qui permettent à toute une jeunesse, se vivant comme exclue, de trouver ses repères et sa place dans la cité. La banlieue - à contrario des clichés - se révèle un espace incroyablement riche de métissages engendrant une créativité époustouflante...

notes de production

Jean-Pierre Thorn définit ainsi son travail de cinéaste : je ne cesse de chercher - d’un film à l’autre – un cinéma épique : trouver une forme éclatée, hybride, une écriture faite de collages, cette fameuse unité des contraires : les contrepoints image/son, les cadrages en conflit avec les couleurs, les cadrages serrés avec l’immensité des plans densemble, l’intimité des êtres en conflit avec l’universalité de la fable qui les traverse. Un cinéma musical qui pulse le spectateur.

Jean-Pierre Thorn sur ses intentions de réalisation : j’aime l’immensité des espaces de la banlieue : cet enchevêtrement darchitectures en perpétuel mouvement : construit, rasé, remodelé, reconstruit… Et dans ce « no mans land » fascinant – intervalle de la ville en jachère – l’incroyable surgissement de la nature qui ne cesse de repousser et recouvrir les ruines des industries passées. J’aime les friches, la poésie des squats, la beauté des canaux et voies RER qui transpercent la ville et ouvrent des brèches dans l’imaginaire vers d’autres destins possibles. J’espère, par mes images, rendre compte de cette beauté sauvage, de ces vibrations de couleurs pastel, de ce murmure de la ville quand on la contemple depuis les tours.

Jean-Pierre Thorn, le réalisateur de 93 la belle rebelle, est un cinéaste expérimenté et engagé politiquement. Il a commencé sa carrière en 1968 en filmant des films sur les mouvement sociaux ayant touché la France d’alors. La culture des banlieues et le mouvement musical hip-hop l’ont inspiré dès les années 90.

Pour le réalisateur, il est important de filmer les histoires individuelles qui composent l’Histoire afin de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas : pour des jeunes, comprendre que leur histoire individuelle s’inscrit dans une histoire collective, c’est leur donner une distance face à l’hégémonie de l’Histoire « officielle ». C’est comprendre que - même en rupture scolaire ou au chômage - ils ont, eux aussi, une valeur ; qu’il leur faut cesser de croire que « la culture, ce n’est pas pour moi » ou qu’ils seront toujours citoyens de « seconde zone ». Donner à voir et entendre la richesse de la parole ouvrière, les mots et la culture des « sans grade », revaloriser la culture des enfants de l’immigration (la culture Hip Hop en particulier), c’est permettre à une jeunesse (aujourd’hui exclue et stigmatisée) de se respecter et de prendre conscience de son potentiel.

Plus jeune, le réalisateur a travaillé pendant 8 ans comme ouvrier spécialisé dans une usine. Il a ainsi vécu de l’intérieur et filmé la grande grève de l’Alsthom de 79. 30 ans après, il revient avec sa caméra avec le sentiment de côtoyer les enfants de ces anciens collègues : retrouver les mots de leurs pères, leurs gestes, leurs regards, cette rage à rejeter la dévalorisation engendrée par le système : la sélection par le fric, l’école, les origines, la classe sociale. (...) Filmer les mots et les musiques des rebelles du « 93 » cétait pour moi un retour aux sources de mes premières amours. Un engagement qui dorénavant passe par la musique, le chant et la danse, témoigne-t-il.

Derrière la musique et les mots du "93", c’est autre chose que cherche à saisir le réalisateur : le film épouse le mouvement allant du rock pour fuir l’usine (dans les années 60) jusqu’au slam aujourd’hui pour recréer de l’activité et du lien social dans un monde d’où le travail s’en est allé. C’est cette mutation intense, que je cherche à cerner, derrière le déplacement des musiques et des personnages. (...) À travers le raccourci du film, prendre conscience de l’incapacité chronique de tous les pouvoirs (de droite comme de gauche) à répondre aux utopies de la jeunesse autrement que par l’expulsion et la violence, explique-t-il.

Jean-Pierre Thorn a reçu dès le début du projet le soutien de deux associations culturelles, Zebrock et Périphérie, toutes les deux actives en Seine-Saint-Denis. Zebrock agit dans le champ des musiques actuelles tandis que Périphérie intervient dans le documentaire de création.

Avec 93 la belle rebelle, le réalisateur Jean-Pierre Thorn propose un stimulant mélange des deux grands thèmes qui structurent son œuvre cinématographique : les luttes sociales (Oser lutter, oser vaincre, Flins 1968, 1968 ; Le Dos au mur, 1980 ; Allez Yallah, 2005) et les cultures populaires (Génération hip-hop ou Le mouv des Zup, 1995 ; Faire kiffer les anges, 1996 ; On n’est pas des marques de vélo, 2002). Il est en effet question ici de brosser une Histoire de la musique en banlieue, ainsi que l’annonce le sous-titre du film. Et puisque les musiques dont il s’agit sont celles qui sont nées depuis les années 1960, elles résultent, épousent et accompagnent les mutations sociales qu’a vécues la Seine-Saint-Denis...
http://lectures.revues.org/1276

Jean-Pierre Thorn
Né à Paris le 24 Janvier 1947.
http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=8222
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/20811/jean-pierre-thorn

Frédéric Serve
Né à Marseille en 1972.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Serve
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/303746/frederic-serve

Daniel Baudon
http://www.christineproduction.com/edition

Marc Perrone
Né en 1951 à Villejuif.
Accordéoniste d’origine italienne, jouant principalement de l’accordéon diatonique...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Perrone

Loran
Laurent Katrakazos, plus connu comme Loran Béru...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Katrakazos

Dee Nasty
De son vrai nom Daniel Bigeault, il est un des premiers à avoir importé le style hip-hop en France...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dee_Nasty

Lionel D
De son vrai nom Lionel Eguienta, animateur de radio et rappeur français né en 1959 et décédé en 2010...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lionel_D

Ntm
Suprême Ntm, groupe de hip-hop et de rap. Originaire du département de la Seine-Saint-Denis, composé principalement de deux rappeurs, JoeyStarr (Didier Morville) et Kool Shen (Bruno Lopes), et qui a marqué les débuts du rap des années 90 en France...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Supr%C3%AAme_NTM

Casey
De son vrai nom Cathy Palenne, rappeuse d’origine martiniquaise, née en 1976 à Rouen...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Casey_%28rappeuse%29

Serge Teyssot-Gay
Né le 16 mai 1963 à Saint-Étienne.
Cofondateur du groupe Noir désir, a également créé les groupes Zone libre et Interzone...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Teyssot-Gay

Grand corps malade
Fabien Marsaud, né le 31 juillet 1977 au Blanc-Mesnil, a mis en lumière le slam et popularisé le genre en France...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Corps_Malade

extrait(s) de presse

Critikat - Le film bat simplement en brèche l'image fantasmatique du rappeur flambeur en montrant la précarité d'artistes, artisans des banlieues, témoins conscients de la complexité du milieu dont ils se sont faits les chantres...
Le Parisien - Si vous cherchez toujours à comprendre pourquoi Serge Teyssot-Gay a quitté Noir Désir, courez voir ce film aussi singulier qu'instructif de Jean-Pierre Thorn (...).
Les Inrocks - Thorn touche juste en mettant en parallèle transformations du tissu urbain et culture populaire des banlieues (...). Discours mis en perspective par un filmage in situ et des bribes de concerts en plein air.
Positif - (...) loin des clichés médiatiques et du côté boy-scout bien-pensant, la banlieue chante sa révolte, et c'est revigorant.
Le Monde - Porté par une foi dans l'art, dans le bouillonnement d'énergie de la jeunesse, le film n'en est pas moins sous-tendu par la perspective très noire d'une évolution constante de la situation de la banlieue en général, et du 93 en particulier.
Télérama - (...) un hommage tonique, et militant, du documentariste Jean-Pierre Thorn au département mal-aimé de la Seine-Saint-Denis (...).