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les chevaux de dieu

Maroc, France, Belgique - 2012 - 1h55
Un certain regard Cannes 2012 Prix jeune public Montpellier 2012 Prix spécial du jury festival film francophone Namur 2012 Prix du meilleur scénario Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco)
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - film francophone
de

Nabil Ayouch

scénario : Jamal Belmahi
d'après l'oeuvre de : Mahi Binebine
direction de la photographie : Hichame Alaouie
musique ou chansons : Malvina Meinier
avec : Abdelhakim Rachid (Yachine), Abdelilah Rachid (Hamid), Hamza Souideq (Nabil), Ahmed El Idrissi Amrani (Fouad), Saïd Lalaoui (Hamid à 13 ans), Achraf Aafir (Yachine à 10 ans)
séances : semaine du mercredi 1er mai 2013
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
21:45*
14:00
19:00
21:45
séance spéciale :
* Film présenté dans le cadre de Cinémétis. Cinémétis est organisé en partenariat avec Musiques métisses, le Pôle régional d'éducation à l'image, le Conseil général de la Charente et Ciné passion 16. tarif unique à chaque séance 3,5 €
séances : semaine du mercredi 8 mai 2013
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
16:00
15:30
15:30

synopsis

Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l'armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs "frères". L'Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs…

notes de production

Le titre Les Chevaux de dieu renvoie à une expression ancienne, dont l’intitulé complet est Volez, chevaux de dieu. Dans les légendes arabes, cette formule est prononcée par les premiers musulmans, qui se retrouvent aux côtés du prophète Mohammed.
De nos jours, sa signification n’est plus la même :
cette expression a été reprise au fil des siècles, que ça soit dans des discours, des chants ou des poèmes incitant à la guerre sainte. On la retrouve dans la propagande actuelle d’Al Qaida notamment dans le célèbre communiqué de l’organisation au lendemain du 11 septembre. (cf. dossier de presse)

Les Chevaux de dieu s’inspire de faits réels survenus en 2003 à Casablanca, où de jeunes kamikazes d’une vingtaine d’années se sont fait exploser, causant la mort de 41 personnes et en blessant une centaine d’autres : ça a été un traumatisme énorme au Maroc, parce qu’on s’attendait à ce que ces actes soient l’oeuvre de terroristes entraînés, venus d’Afghanistan ou d’Irak, et pas que leurs auteurs soient des gamins de bidonvilles, explique Nabil Ayouch.

Malgré le sujet délicat de ce film, Nabil Ayouch a tout de même réussi à être aidé financièrement par l’État marocain (notamment grâce à l’équivalent de l’avance sur recettes du Cnc), et à obtenir toutes les autorisations de tournage dont il avait besoin.

Les Chevaux de dieu n’a pas été tourné dans le quartier où a eu lieu les attentats mais dans un autre, à quelques kilomètres de celui-ci : j’ai envisagé de tourner au cœur de Sidi Moumen. Mais ce quartier a très rapidement changé, il y a eu la construction de barres d’immeubles, la poche de bidonville d’où étaient originaires les kamikazes se réduisait. En termes d’axes de tournage cela devenait impossible à filmer. Cela n’avait plus de sens, tout avait tellement changé, explique le cinéaste.

Le tournage a été interrompu à de nombreuses reprises et notamment lors d’une tempête de pluie très violente. Inondant une grande partie du décor et endommageant le matériel, elle a laissé l’équipe sur le carreau : c’était d’une violence inouïe. On était tous abattus, impuissants. Je me rappelle d’un jour où toute l’équipe s’était regroupée sous un carré de toile, le seul abri qui restait. On se regardait tous sans savoir quoi dire pour se remonter le moral. Je pensais à Terry Gilliam et à Lost in la Mancha (1), se souvient Nabil Ayouch.
(1) documentaire de Keith Fulton et Louis Pepe (2000) sur le tournage avorté de L’Homme qui a tué Don Quichotte de Terry Gilliam.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lost_in_La_Mancha

Entretien avec Nabil Ayouch
Quelle est l’origine de votre film Les Chevaux De Dieu d’après le récit de ces jeunes marocains qui ont commis des attentats kamikazes en 2003 ?
D’abord cela vient d’une histoire personnelle que j’entretiens avec le bidonville de Sidi Moumen, quartier d’où sont issus les jeunes kamikazes qui ont commis les attentats de Casablanca en 2003. J’avais tourné dans ce quartier quelques séquences d’un précédent film en 1999, Ali Zaoua. C’est un lieu que j’avais donc beaucoup arpenté, je m’y sentais très bien et il présente par ailleurs une particularité étonnante, celle d’être la partie la plus haute de la banlieue de Casablanca. Les habitants de ce quartier étaient dans mon souvenir très pacifistes, très ouverts, alors lorsqu’il s’est passé les attentats de 2003 je n’ai pas compris. Quatorze gamins de Sidi Moumen se sont faits sauter. On se dit : “Non, ce n’est pas possible !” Ça a été un traumatisme énorme au Maroc, parce qu’on s’attendait à ce que ces actes soient l’œuvre de terroristes entraînés, venus d’Afghanistan ou d’Irak, et pas que leurs auteurs soient des gamins de bidonvilles dont ils n’étaient jusqu’alors jamais sortis. Ils avaient pour la plupart vingt ans. C’était tellement choquant qu’immédiatement j’avais besoin de réagir, de faire quelque chose. Sauf que je n’ai pas fait ce qu’il fallait !...
http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod/les-chevaux-de-dieu,235256-note-98548

Entretien avec Jamal Belmahi
Narration basée sur des faits réels, à quelles difficultés avez-vous été confronté dans l’écriture du scénario des "Chevaux de dieu" ?
Jamal Belmahi-Les difficultés et les pièges étaient multiples. On n’évoque pas un tel sujet sans prendre de risques. Le choix d’évoquer explicitement les attentats du 16 mai a été une décision importante, car il a, à lui seul, défini un cadre, un type de rapport entre univers fictionnel et réel. Il a peut-être limité le choix du possible, mais il a en même temps permis que cette histoire résonne d’une manière singulière chez le public marocain notamment...
http://www.illionweb.com/culture-7eme-art/

Nabil Ayouch
Né le 1er avril 1969 à Paris.
Un peu touche-à-tout, il révèlera Jamel Debouze dans son film Les Pierres bleues du désert (1992)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabil_Ayouch

Jamal Belmahi
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/371630/jamal-belmahi

Mahi Binebine
Né en 1959 à Marrakech.
Peintre et écrivain, partage son temps depuis une vingtaine d’années entre la France, le Maroc et les Usa...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mahi_Binebine

Hichame Alaouie
http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-151536/filmographie/

Malvina Meinier
http://www.cinezik.org/critiques/affcritique.php?titre=chevaux-dieu

extrait(s) de presse

Le Parisien - "Les Chevaux de Dieu" montre remarquablement comment les pires idées prennent corps dans une société mal en point, sans repères pour sa jeunesse. Rien n'est traité ici de façon démonstrative ou brutale, mais l'oeil vif de la caméra saisit tout de la toile lentement tissée par les radicaux.
Le Nouvel obs - Tout est là, terriblement lucide, mais aussi gorgé d'une empathie souvent bouleversante (...) jusqu'à un épilogue d'une tension insoutenable (...) bien plus parlant que n'importe quel discours théorique. Un paradoxe à la mesure de l'audace, de la maîtrise et de l'envergure de cette oeuvre unique.
aVoir-aLire - Avec une perspicacité de documentaire et une force visuelle qui poussent à l'admiration quand il s'agit de dépeindre l'atavisme qui sévit, le film de Nabil Ayouche est un drame humain puissant qui ne nous incite jamais à condamner ses protagonistes, devenus des marionnettes incapables de recouvrer la liberté d'être.
Ecran large - On saura infiniment gré au film de ne céder à aucune des tentations qui auraient eu tôt fait d'en ruiner la démarche. L'idée n'est pas ici d'excuser mais d'expliquer, on ne trouvera aucune justification simpliste à la destinée tragique des personnages, mais une mosaïque de problématiques, d'incertitudes et de pentes glissantes.
Positif - Loin de la carte postale touristique, les tabous marocains affleurent à travers les trajectoires des trois gamins (...). [Nabil] Ayouch ne juge pas, mais observe à l'épreuve du temps et livre des pistes de compréhension sociales et personnelles.
Télérama - Tout en analysant le processus de l'endoctrinement, le film se garde des discours et s'attache à la description précise du quotidien. C'est la vérité de ces vies que veut retenir ­Nabil Ayouch. La simplicité expressive du film le rend aussi accessible, et c'est important, au public jeune.
La Croix - Tourné avec des acteurs non professionnels issus [du] bidonville [de Sidi Moumen], ce film secoue le spectateur par son réalisme et le caractère implacable de cette descente aux enfers.