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Camille Claudel 1915

France - 2013 - 1h35
Sélection officielle Berlin 2013
film - film francophone
de

Bruno Dumont

scénario : Bruno Dumont
direction de la photographie : Guillaume Deffontaines
avec : Juliette Binoche (Camille Claudel), Jean-Luc Vincent (Paul Claudel), Robert Leroy (le médecin), Emmanuel Kauffman (le prêtre), Marion Keller (Mlle Blanc), Armelle Leroy-Rolland (jeune soeur novice), Régine Gayte (soeur Régine)
séances : semaine du mercredi 24 avril 2013
mercredi 24 jeudi 25 vendredi 26 samedi 27 dimanche 28 lundi 29 mardi 30
18:00
20:00
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16:00
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14:30
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séances : semaine du mercredi 1er mai 2013
mercredi 1er jeudi 2 vendredi 3 samedi 4 dimanche 5 lundi 6 mardi 7
18:00
19:45
18:00
17:00
19:45

synopsis

Depuis 1913, Camille Claudel a été internée à la demande de ses parents. En février 1915, du fait de la guerre, elle est désormais dans une institution religieuse, l'asile d'aliénés de Montdevergues à Montfavet près d'Avignon au milieu de malades difficiles. Ne sculptant plus, développant ponctuellement un discours paranoïaque (notamment envers Rodin), elle garde pourtant toute sa lucidité et son regard sensible d'artiste. Sa profonde souffrance ne trouve qu'espoir dans une hypothétique sortie de son internement forcé et de pouvoir rejoindre sa mère, qui ne communique plus avec elle, à Villeneuve-sur-Fère. Seul son frère, l'écrivain et diplomate Paul Claudel, lui écrit et lui rend visite constituant un lien avec l'extérieur. Depuis trois jours elle l'attend et espère qu'il accédera à sa requête. En vain, Paul est tout entier tourné vers lui-même, sa foi, et sa notoriété grandissante. Ne comprenant pas la détresse de sa sœur, il refuse de la prendre en charge se contentant de payer pour les meilleures conditions possibles d'internement malgré l'avis du médecin-psychiatre traitant qui envisage sa sortie...

notes de production

Le film sort l’année du 70e anniversaire de la mort de Camille Claudel dans les murs du pensionnat psychiatrique.
Un autre film avait été précédemment réalisé par Bruno Nuytten en 1988 avec Isabelle Adjani dans le rôle titre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Claudel_%28film%29

A l’origine, Bruno Dumont ne connaissait pas Juliette Binoche. C’est en écoutant un message laissé sur son répondeur, où elle lui expliquait vouloir travailler avec lui, qu’il s’est mis en tête de trouver un motif et donner matière à leur collaboration. L’actrice et le cinéaste se sont rencontrés alors qu’il achevait la lecture d’un livre sur Camille Claudel, et c’est en apprenant que Juliette Binoche avait le même âge qu’elle au moment de son internement que ça l’a frappé : ce que j’aime assez, c’est qu’on ne sait rien sur sa vie, rien sur son internement, hormis le journal médical. Et l’idée d’écrire un scénario avec rien, ça me plaisait. Je fais un film avec quelqu’un qui passe son temps à ne pas faire grand-chose et ça me plaisait, cinématographiquement. J’avais beaucoup d’intérêt à faire un film à la fois sur l’internement et sur l’oisiveté.

Pour donner un cachet réaliste à son récit, le réalisateur Bruno Dumont voulait absolument tourner son film dans un hôpital psychiatrique, cherchant à coller au mieux à l’environnement qui a vu les derniers jours de Camille Claudel. Avec l’accord des autorités médicales, il a également souhaité faire jouer les patients dans son film, dans des rôles aussi bien silencieux que parlants. Pour éviter tout débordement ou toute improvisation inattendue, il leur a demandé d’appeler Juliette Binoche par le nom de son personnage, Camille. Les infirmières ont aussi grandement aidé à canaliser les malades, et Bruno Dumont a eu la bonne idée de les incorporer dans le scénario : ce sont elles qui interprètent les nonnes.

Le réalisateur Bruno Dumont n’a pas cherché à inventer des personnages pour entourer le quotidien de Camille à l’hôpital : il avait des personnes réelles à portée d’objectif, des malades mentaux plus vrais que nature qu’il a filmés à l’état brut : Jessica, c’est Jessica, je n’ai pas de commentaire à faire sur elle. Je n’ai pas de directions à lui donner. Quand je filme Rachel, Jessica, Christiane, je n’ai rien à faire, je pose ma caméra et je fais tourner… Je fais ça simplement, il n’y a pas de tralala, car elles donnent quelque chose qui est inimaginable, qu’aucun comédien ne peut faire, c’est impossible, et ça j’en ai besoin pour justement tenter d’exprimer cet environnement dans lequel Camille Claudel s’est trouvée. [Ce sont] des malades mentales contemporaines, qui disent quelque chose (...) qui est toujours là, devant lequel il n’y a pas beaucoup de commentaires à faire et de choses à dire. Il n’y a rien à dire.

Dans un souci de réalisme, et pour faciliter les interactions entre les patients et les infirmières, le réalisateur a donné aux nonnes le prénom de chacune de leurs interprètes.

Féru de l’impromptu et du naturel, Bruno Dumont a constamment cherché à déstabiliser Juliette Binoche sur le tournage, en lui demandant de laisser le script de côté, d’oublier ses répliques et de s’abandonner au personnage de Camille, tout en faisant attention à ne pas lui prêter des paroles qu’elle n’aurait pas dites.

En quinze ans, le réalisateur nordiste Bruno Dumont est devenu un habitué des festivals. Après être passé par Venise et Toronto et avoir été plusieurs fois primé à Cannes, Camille Claudel 1915 l’emmènera pour la première fois à Berlin, où il figure en compétition officielle.

Le film est librement inspiré des œuvres et de la correspondance de l’écrivain Paul Claudel avec sa sœur Camille, ainsi que des archives médicales retrouvées à la suite de son internement en hôpital psychiatrique.

Né à Bailleul, Bruno Dumont a toujours tourné ses films en grande partie dans le Nord Pas-de-Calais (sauf TwentyNine palms) : La Vie de Jésus, L’Humanité, Flandres... Cette fois, il a quitté les terres du Nord pour celles du Sud. Camille Claudel 1915 a été tourné à Saint Rémy de Provence.

C’est la septième fois que le réalisateur rempile avec la société de production Tadrart films.

Entretien avec Bruno Dumont
Le premier plan du film montre Camille Claudel de dos. Le dernier montre son visage. Ce cheminement est-il significatif de votre approche du personnage ?
J’avais l’idée que les gens connaissaient Camille Claudel et son œuvre et que je pouvais me permettre de ne pas répéter ce qu’on sait déjà, et donc d’aller vers le creux des choses. Je pense que la mémoire que l’on peut avoir d’elle offrait à la mise en scène du film la possibilité de ne pas exposer, de ne pas expliquer. Pour la première fois je pouvais jouer, converser avec le spectateur grâce à sa connaissance préalable d’un personnage...
http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2013/03/11/camille-claudel-1915-entretien-avec-bruno-dumont/

Camille Claudel
Née Camille Anastasia Kendall Maria Nicola Claudel à Fère-en-Tardenois (Aisne) le 8 décembre 1864, décédée à Montdevergues (Vaucluse) le 19 octobre 1943.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Claudel

Bruno Dumont
Né le 14 mars 1958 à Bailleul (Nord).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Dumont

Guillaume Deffontaines
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/138625/guillaume-deffontaines

Juliette Binoche
Née le 9 mars 1964 à Paris.
Connue et reconnue internationalement, elle est l’une des seules actrices au monde a avoir remporté un prix d’interprétation à Cannes, Venise et Berlin...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Juliette_Binoche

Jean-Luc Vincent
http://www.unifrance.org/annuaires/personne/374937/jean-luc-vincent

extrait(s) de presse

Cahiers du cinéma - Toute la force tranquille de "Camille Claudel 1915", qui renvoie la grande majorité du cinéma français à de la simple illustration, est de croire en la magie du champ-contrechamp.
Charlie hebdo - (...) La première réussite du film tient à la façon dont [Bruno Dumont] a su exploiter Juliette Binoche. D'un côté, en la filmant comme les autres patients (...). De l'autre, en faisant aussi d'elle une anomie (...). Une merveille.
Le Monde - L'expérience s'avère plus que concluante, offrant à l'actrice (...) l'un de ses plus beaux rôles, peut-être le plus beau de tous. Quant à l'enjeu dramaturgique du film, il témoigne d'une audace qui n'est pas moindre.
Le Parisien - Bruno Dumont, chantre d'un cinéma radical où les corps disent autant que les mots, donne à Juliette Binoche une occasion magnifique de redéchirer l'écran. Elle y laisse apparaître à nu une âme d'actrice que l'on craignait figée dans les codes (...). Elle y est bouleversante. Brut et beau.
Les Inrocks - Binoche est extraordinaire, comme elle sait l'être. (...) Sans effet de manches, avec humilité, Dumont réalise son film le plus bouleversant, le plus en empathie avec ses personnages. Et nous touche au plus profond de notre être.
L'Humanité - C'est Juliette Binoche (dans un de ses meilleurs rôles) qui incarne le rôle-titre, entourée d'une poignée de professionnels et de davantage d'internés authentiques. (....) Notre film préféré au sein de toute la compétition berlinoise.
Libération - Juliette Binoche non seulement joue le jeu mais le précède. "Camille Claudel 1915" est un film d'art.
Positif - "Camille Claudel 1915" de Bruno Dumont surprend par ses innovations [et] offre à Juliette Binoche (...) l'un de ses plus beaux rôles.