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Syngué sabour, pierre de patience

Syngué sabour
Afghanistan, France, Allemagne - 2012 - 1h42
film - version originale sous-titrée en français
de

Atiq Rahimi

scénario : Jean-Claude Carrière, Atiq Rahimi
d'après l'oeuvre de : Atiq Rahimi
direction de la photographie : Thierry Arbogast
musique ou chansons : Max Richter
avec : Golshifteh Farahani (la femme), Hamidreza Javdan (l'homme), Hassina Burgan (la tante), Massi Mrowat (le jeune soldat)
séances : semaine du mercredi 20 mars 2013
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
18:00
16:00
21:35
18:30
séances : semaine du mercredi 27 mars 2013
mercredi 27 jeudi 28 vendredi 29 samedi 30 dimanche 31 lundi 1er mardi 2
16:00
19:45
19:45
19:45
15:40
19:45
18:30
19:45
18:00

synopsis

Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l'autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l'amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu'à ses secrets inavouables. L'homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l'on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu'à ce qu'elle éclate !

notes de production

Syngué sabour, pierre de patience est l’adaptation du livre du même nom écrit par Atiq Rahimi en 2008 et lauréat du Prix Goncourt la même année (1). L’auteur adapte donc lui-même son ouvrage. A noter que le cinéaste en est à sa deuxième adaptation d’un de ses livres, puisqu’il avait déjà tourné Terre et cendres en 2003, adaptation de son roman sorti en 2000. Ce film a remporté le prix regard vers l’avenir dans la section Un certain regard au festival de Cannes 2004.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Syngu%C3%A9_sabour._Pierre_de_patience

Dans la mythologie perse, Syngué sabour est la pierre de patience, une pierre qu’on dit magique. On peut lui révéler ses malheurs, ses secrets, tout ce qu’on n’ose pas dire aux autres. La pierre absorbe ces secrets à la manière d’une éponge puis finit par exploser, libérant enfin la personne qui lui a confié ces choses.

Quand Atiq Rahimi a sorti le livre Syngué sabour, son éditeur a envoyé des exemplaires de l’ouvrage à de nombreuses personnalités qui ont été enthousiasmées et ont poussé l’auteur à en faire l’adaptation cinématographique : Jean-Claude Carrière m’a appelé depuis sa maison du sud en plein été : je trouve ton roman formidable, ça peut faire un beau film ! Dans le même temps, Jeanne Moreau que je ne connaissais pas, m’adresse un mail : votre éditeur m’a envoyé votre livre, j’ai adoré, ça pourrait donner un beau film !, confie Rahimi.

Le film a fait le tour de nombreux festivals dont le Festival du Film de Sarlat, l’Arras Film Festival, le Festival Cinématographique d’Automne de Gardanne et le Festival International des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz où il remporta le Chistera du meilleur film.

Atiq Rahimi s’est inspiré d’une histoire qu’on lui a racontée sur un père de famille plongé le coma après une tentative de suicide. L’auteur a ensuite imaginé ce que pourrait dire la femme à ce mari inerte et muet, lui confiant ses doutes, ses peurs, ses reproches face à cette société régie par l’homme et oppressante pour la femme.

La jeune et talentueuse Golshifteh Farahani (née en 1983) interprète le rôle principal. Golshifteh est déjà une actrice chevronnée : on a par exemple pu voir son gracieux visage dans Chacun son cinéma de Bille August, Shirin d’Abbas Kiarostami, Mensonges d’état de Ridley Scott ou A propos d’Elly d’Asghar Farhadi.

Atiq Rahimi s’est entouré de deux techniciens chevronnés pour son film. En premier lieu, Thierry Arbogast, directeur de la photographie renommé à qui l’on doit notamment la lumière de presque tous les films de Luc Besson dont Nikita, Léon et Le Cinquième élément. En deuxième lieu, le chef-monteur Hervé De Luze s’est occupé du montage de Syngué sabour, pierre de patience. Le Français est une sommité dans son domaine et a été récompensé de trois César pour le montage de On connaît la chanson en 1998, Ne le dis à personne en 2007 et The Ghost writer en 2011.

Atiq Rahimi a révélé deux influences majeures pour Syngué sabour, pierre de patience : Allemagne année zéro de Roberto Rossellini et Cris et chuchotements d’Ingmar Bergman : les intérieurs avec cette famille entassée dans une petite pièce : le père enfermé, le frère traqué et surtout l’enfant qui erre au milieu de tout ça comme mon héroïne. Tous les plans des rues de Kaboul en ruines sont directement inspirés de Rossellini, déclare le cinéaste, en terminant : Cris et chuchotements d’Ingmar Bergman raconte peu ou prou la même situation .

Bien que la majeure partie du film se déroule en intérieurs, en espace restreint, Atiq Rahimi a tenu à avoir une caméra sans cesse en mouvement : à quelques exceptions près, la caméra était toujours en mouvement, Atiq voulait donner une impression permanente de flottement. Nous avons fixé la caméra à un bras spécial afin de créer cette sensation de mobilité tout en restant à la hauteur des personnages, explique le chef-opérateur Thierry Arbogast.

Entretien avec Atiq Rahimi
D’où vous est venue cette histoire de la "Pierre de patience" ?
L’histoire remonte à 2005. À ce moment-là, j’ai été invité à une rencontre littéraire à Hérat, à l’ouest de l’Afghanistan, une ville connue pour son passé très glorieux en littérature et notamment en littérature mystique perse. Mais juste avant de partir, j’ai reçu un coup de téléphone qui m’annonçait que cette rencontre était annulée à cause du décès d’une poétesse afghane, Nadia Anjuman. Elle était très jeune, 25 ans, et elle venait juste d’avoir un enfant. Elle est décédée parce que son mari l’a battue. J’ai été triste tout de suite, enfin non, pas triste : révolté. J’ai écrit une lettre ouverte qui a été publiée ici en France...
http://www.anglesdevue.com/2013/02/24/entretien-avec-atiq-rahimi-pour-syngue-sabour-pierre-de-patience/

Atiq Rahimi
Né le 26 février 1962 à Kaboul.
Après avoir demandé l’asile politique à la France, accordé en 1984, il obtient son doctorat en audiovisuel à la Sorbonne...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Atiq_Rahimi

Jean-Claude Carrière
Né le 17 septembre 1931 à Colombières-sur-Orb (Hérault).
Son travail et ses œuvres restent empreints de ses racines profondes...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Carri%C3%A8re

Thierry Arbogast
Né en 1956.
Passionné de photographie et bricoleur de caméras, il arrête ses études après la seconde et accepte un petit boulot dans le monde du cinéma dès 17 ans...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Arbogast

Max Richter
A étudié la composition et le piano à l’université d’Édimbourg, à la Royal Academy of Music et avec Luciano Berio à Florence...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Richter

Golshifteh Farahani
Née le 10 juillet 1983 à Téhéran.
Jonglant avec les gammes et le piano dès l’âge de 5 ans, elle intègre à 12 ans une école de musique...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Golshifteh_Farahani

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - Le magnifique "Syngué Sabour, pierre de patience" (...) dénonce sans ménagement la détresse de la femme afghane. Le ton est cru, l'image, épurée.
La Croix - Atiq Rahimi, qui excelle à son habitude à mêler contes, mythologies et réalité crue, réussit le tour de force d'une très belle adaptation, offrant une oeuvre nouvelle qui ne décevra pas les lecteurs heureux de son roman.
Le Journal du dimanche - "Syngué sabour" parle d'amour, du corps des femmes, du plaisir, du mensonge, de la frustration, dans un pays où tout ce qui touche au sexe est tabou. (...) L'actrice iranienne Golshifteh Farahani prête son talent à ce monologue magnifique, bouleversant et subversif.
Le Monde - Atiq Rahimi dessine magnifiquement la naissance de parole libre d'une femme dans le crépuscule d'un monde qui lui impose de se taire.
Télérama - Pour passer du livre à l'écran, pour que s'incarne le monologue si riche de cette femme courageuse, il fallait une comédienne à la fois théâtrale et cinégénique. Golshifteh Farahani, originaire d'Iran et déjà remarquée dans "A propos ­d'Elly", allie ces qualités [et] porte le film.
Paris match - Véritable objet cinématographique, (...) "Syngué sabour" est un impitoyable pavé poétique jeté dans la mare stagnante de l'obscurantisme, (..) illuminé par la présence de (...) Golshifteh Faharani.
Libération - La dénonciation des tabous [d'Atiq Rahimi] est terrible. "Syngué Sabour" est aussi (...) un film de guerre qui (...) pourrait se passer ailleurs. Et la bouleversante (...) Golshifteh Farahani (...) témoigne (...) que ni le voile ni les servitudes (...) n'aboliront la force du désir.
Première - Atiq Rahimi livre un huis clos hallucinant, sensuel et dévorant.