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disparition

jirō taniguchi (1947 - 2017)

Il pratiquait autant la bande dessinée contemplative que les récits de genre et il était un des auteurs de bande dessinée japonaise préférés des Français, Jirō Taniguchi est mort le 11 février 2017. Il avait 69 ans.

Issu d’une famille modeste, il entre dans le manga comme assistant des dessinateurs Kyūta Ishikawa et Kazuo Kamimura, tout en étant marqué par Yoshihiro Tatsumi, précurseur de la bande dessinée adulte au Japon. Sa découverte, via Kamimura, de la bande dessinée européenne, va l’influencer profondément et durablement.

Sa première œuvre marquante, Au temps de Botchan traite de l’histoire de la littérature japonaise au XIXe siècle dans ses rapports avec la situation politique d’alors. Il dessine par ailleurs, en collaboration avec divers scénaristes, des récits policiers, d’espionnage que le public européen découvrira dans les années 1990 et 2000.

La parution en 1990-91 de L’Homme qui marche, sur un homme qui déambule dans les rues de Tokyo, marque un tournant dans l’œuvre de Taniguchi qui s’oriente alors vers une production anti spectaculaire, axée sur les moments de creux, de pure contemplation. En 1995, la traduction de ce titre en français lui apportera une notoriété qui ne s’est ensuite jamais démentie dans notre pays. Avec Le Journal de mon père et Quartier lointain, autres titres marquants, il aborde la question du temps, du souvenir et de la perte, dans un système narratif extrêmement tenu qui le rapproche d’auteurs européens comme Schuiten et Mattotti.

Récompensé de nombreux prix en France et en Belgique, objet d’expositions à Paris, Angoulême et à l’abbaye de Fontevraud, Taniguchi a travaillé avec Frédéric Boilet, Jean-David Morvan et Moebius (Icare, en 1997). Son œuvre a connu chez nous des adaptations au théâtre, à la télévision et au cinéma.

Saluons la mémoire de Jirō Taniguchi, le plus français des mangakas.