chiisakobé, le serment de shigeji - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > nos ressources > sélections de la Cité > archives des sélections de la Cité > archives 2016 des sélections de la Cité > chiisakobé, le serment de shigeji

chiisakobé, le serment de shigeji

de Minetarô Mochizuki (Le Lézard noir)

Katsuhiro Otomo, le créateur d’Akira, dit de lui qu’il est « le mangaka le plus doué de sa génération » ! Révélé en France avec sa série apocalyptique Dragon Head, Minetaro Mochizuki est indiscutablement un auteur dont l’œuvre étonne autant qu’elle passionne. En apparence éloignée des récits sombres et inquiétants de ses débuts, la série Chiisakobé, le serment de shigeji dont le 2ème volume paraît ces jours-ci, est un nouveau jalon dans l’œuvre de ce mangaka atypique.

Le roman Chiisakobé de Shûgorô Yamamoto dont s’inspire Minetarô Mochizuki situait son action durant la période Edo. L’auteur de Dragon Head choisit, lui, de transporter son histoire dans le Japon contemporain, sa période de prédilection. Il atteste ainsi de son besoin d’ancrer le récit dans un monde concret, le sien et celui de ses lecteurs comme il le fait dans ses précédentes séries. C’est donc dans le monde d’aujourd’hui que se déploie l’histoire de Shigeji, jeune homme dont les parents viennent de mourir dans l’incendie de leur entreprise de construction. Résolu à rebâtir l’entreprise familiale, le jeune architecte, dont le visage reste constamment caché par une barbe et des cheveux fournis, revient s’installer chez ses parents. Une amie d’enfance, Ritsu vient l’aider à tenir la maison bientôt occupée par une petite bande d’orphelins que l’incendie a laissés sans abri. Shigeji peut aussi compter sur la jolie Yû.
La violence et la frénésie visuelles à l’œuvre dans ses précédents opus ( Dragon Head ou encore Mai Wai) ont laissé la place à un mode graphique qui vise l’épure, la contemplation. Le récit se développe au gré de gros plans mutiques sur des objets ou sur des parties du corps des protagonistes. Les longs silences qui accompagnent de nombreuses séquences obligent même le lecteur à un effort de compréhension des situations, qui, malgré les apparences, ne sont pas dénuées de tensions. Ici toutefois les enjeux ne sont pas la survie de l’humanité ou le destin du Monde, mais de savoir si Shigeji mènera à bien son projet ou qui de Ritsu ou Yû lui raviront son cœur. Dans ce registre inattendu, les détails les plus infimes prennent sens, les gros plans forment une portée émotionnelle d’où procède une musique nouvelle, envoutante et captivante. Peu à peu le lecteur se laisse capter par ce récit d’apparence sans reliefs, se laisse aspirer par ce manga sans nul autre pareil.
Pour ce manga qui marque un nouveau tournant dans sa carrière, Mochizuki a obtenu le prix d’excellence au Japan Media Arts Festival en 2013.

(Jphm)

acheter le livre de Minetaro Mochizuki : Chiisakobe t.1 ; le serment de shigeji. Le Lézard noir / 15€.

acheter le livre de Minetaro Mochizuki : Chiisakobé t.2 ; le serment de Shigeji. Le Lézard noir / 15€.