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disparition

shigeru mizuki (1922-2015)

Un des maitres de la bande dessinée mondiale vient de disparaitre. Le dessinateur japonais Shigeru Mizuki est mort le 30 novembre 2015. Il avait 93 ans.

Mizuki naît en 1922 dans une petite ville non loin d’Osaka mais passe son enfance dans la région de Tottori, au sud-ouest du Japon. En 1942, il est soldat sur une île de Nouvelle-Guinée. Au cours des affrontements très durs, il contracte la malaria et surtout perd son bras gauche, alors même qu’il était gaucher. Il noue des relations avec la population locale et devient même membre d’une tribu, au sein de laquelle il se marie. Il retourne cependant au Japon, où, ayant appris à se servir de son bras droit, il devient dessinateur au cours des années 1950. Il dessine d’abord des histoires pour les kamishibai, forme ancienne de théâtre ambulant où un narrateur raconte une histoire en faisant défiler des dessins devant la foule des spectateurs.
Reconverti dans les mangas, son œuvre se partage essentiellement entre l’évocation de la guerre ( Opération Mort et une étonnante biographie d’ Adolf Hitler ) et celle des monstres du folklore japonais dont, au cours de son enfance, une vieille femme excentrique de son village lui avait décrit les mœurs. Il raconte cette expérience dans NonNonBâ. Son œuvre la plus connue au Japon est Kitaro le repoussant, longue saga fantastique qui met précisément en scène un héros difforme aux prises avec les yôkaï, ces monstres issus du folklore nippon.
Qu’ils soient autobiographiques ou fantastiques, les récits de Mizuki sont toujours teintés d’un humour truculent, particulièrement sensible dans les trois volumes de son autobiographie tardive, La Vie de Mizuki. Son expérience de la Seconde Guerre mondiale fait de lui un adversaire convaincu de la vague de révisionnisme historique qui sévit au Japon depuis une trentaine d’années.
Voix singulière dans le manga japonais, il a pourtant marqué de nombreux dessinateurs, dont Yoshiharu Tsuge, Ryôichi Ikegami et Takao Yaguchi, qui furent ses assistants. Récompensé au Japon dès les années 1960, il a reçu le prix du meilleur album du Festival d’Angoulême en 2007 pour NonNonBâ. Opération Mort, récit autobiographique sur la guerre du Pacifique a été récompensé à Angoulême en 2009 et en 2012 aux États-Unis (prix Eisner de la meilleure édition d’une œuvre internationale). La quasi totalité de ses œuvres est disponible en français aux éditions Cornélius.