le monde magique des moomins : l’exposition - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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le monde magique des moomins : l’exposition

du 28 janvier au 17 mai et du 20 juin au 4 octobre 2015, musée de la bande dessinée

Réagissant à la violence du conflit mondial qui vient de se terminer, Tove Jansson imagine l’univers tendre et malicieux des Moomins, trolls qui ressemblent à des hippopotames débonnaires vivant dans une jolie vallée au bord de la mer. En entrant dans cette exposition présentée au musée de la bande dessinée, on découvre non seulement les personnages de cette saga, l’art de sa créatrice - et celui de son frère Lars- mais aussi ses valeurs humanistes. On s’y délecte des talents d’auteur de bande dessinée de Tove Jansson. Et surtout on s’y amuse beaucoup, autour des espaces de lecture, de jeux et d’animation…

le parcours de l’exposition

Il est organisé sous forme de modules qui recomposent les différentes facettes de la série, en résument l’esprit et mettent en avant l’art de sa créatrice.

dans la vallée des moomins
Moomin est le nom imaginé par sa créatrice Tove Jansson pour un personnage de troll (créature des légendes scandinaves habitant des montagnes ou des forêts) qu’elle invente à partir de 1945. Jeune Illustratrice pour la presse, Tove Janson publie cette année-là un premier roman illustré Moomin et la grande inondation. Les lecteurs y découvrent un univers, celui des Moomin, une famille de trolls qui vit quelque part en Finlande. Leur vallée se trouve près de la côte, il leur suffit de traverser le bois pour être sur la plage. Petits bonshommes tout en rondeurs - ils ressemblent à de sympathiques hippopotames- la famille Moomin est éloignée de la représentation effrayante des lutins de la tradition scandinave.
Ils sont accueillants et tolérants. Leur maison est toujours pleine d’invités, et beaucoup de leurs amis vivent avec eux, de manière plus ou moins permanente.

+ d'info sur les personnages de la saga Moomin

On découvre dans cet espace les portraits de ces principaux personnages, à travers des dessins originaux mais aussi des reproductions (silhouettes, paysages typiques, carte de la vallée des Moomins...).

la bande dessinée moomin le troll
Les deux premiers romans de Tove Jansson paraissent en Angleterre aux éditions Benn en 1950 et 1951. Le succès commercial est tel que le London Evening News, le plus grand quotidien du soir au monde à l’époque, commence à publier les bandes dessinées Moomin sous forme de feuilleton quotidien à partir du 20 septembre 1954. Le succès est immédiat. Dès 1955, les Moomins sont vendus en Finlande, Suède, Norvège, Danemark et Yougoslavie.

« Travailler et aimer », telle était la devise de Tove Jansson, et ce dévouement se retrouve dans son œuvre. Si les histoires des Moomins s’adressent aux enfants, sur un ton drôle faussement léger, le dramatisme et les réflexions sur la vie en société, le quotidien, les rencontres, l’amour, le couple et même la politique sont toujours présents, en particulier dans ses bandes dessinées. Tove Jansson y explore ses thèmes favoris, et décline certaines des histoires de ses romans, mais avec un éclairage souvent plus philosophique. Elle arrive comme personne à déchiffrer les comportements et les sentiments humains et les retranscrire avec simplicité, humour et grâce.
Début 1957, Tove est dépassée, et sans doute un peu lasse (310 strips annuels, de nombreux produits dérivés à imaginer). Pour pouvoir se consacrer à ses peintures et ses romans elle va progressivement laisser à son frère Lars Jansson le soin de poursuivre la série. Il succède à sa sœur dans les pages du London Evening News jusqu’en 1968, date à laquelle le journal décide d’arrêter la publication. Lars continuera à collaborer avec de nombreux autres journaux, mais gagné à son tour par la lassitude, il décidera de mettre fin à l’aventure et publie son dernier strip le 16 avril 1975.

Les premières bandes dessinées de la série Moomin se présentent sous forme de strips de six cases. Le texte est alors inscrit sous le dessin. Tove Jansson, qui avait déjà réalisé quelques bandes dessinées alors qu’elle n’avait que 14 ans, manifeste ainsi une sorte de fidélité à une forme traditionnelle de bande dessinée en Europe. Lors de la publication de la série en Angleterre, Tove Jansson « modernise » sa présentation. Destinée à un large public (enfants et adultes), la bande dessinée voit notamment l’introduction des bulles de dialogue dans les cases.
Elle manifeste aussi une véritable originalité et beaucoup de créativité. La publication en strips imposant de longues bandes découpées en cases, la dessinatrice s’amuse avec les bords de cases, qui font partie intégrante de l’image, puisqu’ils sont tour à tour objets, plantes, la queue de Moomin elle-même, comme une sorte de continuité du dessin.

Cette partie met en scène des éditions anciennes et contemporaines des principaux romans de la série, des dessins originaux des études du personnage et bien évidemment les bandes dessinées sous forme de planches originales ou facs-similés de Tove Jansson et de son frère Lars.

la gloire des moomins
Déclinée en feuilletons radiophoniques, opéras, en publicité, dans des campagnes en faveur de la paix, de l’environnement..., la série Moomins a aussi donné lieu à une profusion de produits dérivés qui confirment sa popularité un peu partout dans le monde.
Dans cette véritable « caverne d’Ali Baba » les visiteurs trouveront une sélection significative de ces produits. Ils pourront notamment découvrir des dessins originaux de Tove Jansson destinés à servir de motifs pour des papiers peints, pour des canevas ou des mugs destinés à être commercialisés dans de grandes enseignes des pays du Nord, des pays anglo-saxons et en Asie.
Autres témoignages de l’engouement pour cet univers original, les illustrations réalisées par l’artiste finlandaise pour des calendriers de l’Avent mettant en scène les personnages de Moomin le troll, des cartes postales et encore des affiches pour soutenir des causes humanitaires dont nous retrouvons ici un large échantillon.
Particulièrement attentive à l’univers des enfants, elle a entièrement conçu le design de boites de jeux, dessinant non seulement le plateau mais aussi tous les jetons. Avec la même attention passionnée, elle a supervisé la réalisation de jouets allant des peluches jusqu’à des postes de radios Moomin portatifs, datant des années 1970 et destinés aux jeunes finlandais, en passant par des séries de figurines en feutre.
Toute sa vie durant, Tove Jansson a apporté une attention particulière à la qualité des objets provenant de l’univers qu’elle avait imaginé, payant même de sa personne quand il s’est agi par exemple d’adapter les histoires de Moomin sous forme de disques microsillon, où elle a endossé le rôle de narratrice.

moomins animés

Les adaptations animées pour la télévision et le cinéma de Moomin sont nombreuses et anciennes. La première date de 1959 et a été produite en Allemagne. On peut également noter une série austro-polonaise de 100 épisodes produite entre 1977 et 1982 et une production russe en 1978.
Grands fans de l’univers de Moomin, les Japonais ont été les principaux adaptateurs de l’œuvre de Tove Jansson. L’adaptation qu’Hishori Saitō (le réalisateur de Maya l’abeille) a fait de Moomin en 1992 est bien connue. On ignore en revanche plus souvent que le jeune Hayao Miyazaki (Porco Rosso, Mon voisin Totoro…) a fait ses premières armes dans l’animation sur des épisodes de Moomin…
Ce dernier cite d’ailleurs l’œuvre de Tove Jansson comme une de ses inspirations pour Mon voisin Totoro.
Cette série japonaise a été diffusée dans 124 pays.
En France, France 3 proposera ce programme durant des années.

Les adaptations pour le grand écran se sont poursuivies dans les années 2000.

Moomin et la folle aventure de l’été est un film d’animation austro-polono-finlandais réalisé en 2007 par Mia Lindberg et sorti sur les écrans en 2008. La famille Moomin passe des jours heureux dans sa paisible vallée. Lors d’un bel été, le volcan voisin entre en éruption et entraine une incroyable montée des eaux. La vallée inondée, la famille Moomin doit s’échapper de toute urgence. Trouvant refuge dans un théâtre flottant, ils font connaissance avec Emma, l’abracadabrante propriétaire des lieux. Alors que Papa Moomin décide de monter un spectacle, le théâtre flottant repart au gré du courant. Les enfants Moomin, assoupis sur une branche d’arbre, se retrouvent, dès lors, séparés de leurs parents. Commence alors une folle aventure pour les retrouver !
Les Moomins et la Chasse à la comète, le second long métrage réalisé par Mia Lindberg, remonte à 2010. Il adapte le roman éponyme. Dans cette histoire les Moomins doivent faire face à l’éventualité de leur extinction. Le jeune Moomin est un enfant en qui ses parents ont assez confiance pour l’envoyer sur un radeau, à la recherche d’un observatoire qui permettra de vérifier si la comète que l’on voit dans le ciel va bien détruire la planète qu’habitent les Moomins.

Les personnages de feutrine se déplacent sur des décors aux couleurs vives. La chanson du générique est intérprétée par Björk.

En 2015 une nouvelle adaptation voit le jour, Les Moomins sur la Riviera, qui est sans doute l’adaptation la plus fidèle, imaginée par Xavier Picard et Hanna Hemilä. Un long métrage d’animation traditionnelle au plus proche des dessins originaux de Tove Jansson.

Cette partie présente des extraits de ces productions et met particulièrement l’accent sur ce dernier film. Matériel de production, roughs, essais, bandes annonces et extraits en constituent l’essentiel.

l’art de tove jansson

Il serait abusif de réduire la carrière de Tove Jansson à la seule saga des Moomins. Issue d’une famille d’artistes, son imagination vient d’une enfance heureuse et bohème. Avec un esprit de « laisser-faire » dans la famille, elle a de quoi alimenter son imagination et ses rêves. Pour elle, la vie d’artiste était plus qu’une évidence. Jansson fait ses études à Helsinki et à Stockholm. Elle voyage et étudie dans les ateliers français. Dès sa jeunesse, ses illustrations et nouvelles seront publiées dans les journaux finlandais. Parallèlement elle peint des portraits, des intérieurs et des natures mortes. Il n’est pas trop exagéré de dire qu’elle a dû, sa vie durant, lutter contre les obligations que lui ont créées Moomin et ses amis pour trouver le temps de dessiner et de peindre.
Partout ses œuvres étaient réclamées. Elle a même été en charge de décorer l’intérieur d’une église. En même temps, il y avait toujours les publications de dessins dans la presse et sa passion pour la peinture à assouvir. Suivant les tendances en Finlande et en Europe, jouant avec les styles et faisant évoluer ses œuvres au fil des années, ses peintures se situent dans le courant moderniste.

Cette partie présente quelques exemples frappants des œuvres de Tove Jansson en dehors de Moomin, citons ses dessins régulièrement publiés dans la presse finlandaise (Garm…) et ceux réalisés « pour s’amuser », des illustrations pour plusieurs classiques littéraires dont elle se sentait proche (Bilbo le Hobbit de Tolkien, Pinocchio de Collodi) et enfin quelques peintures.

toutes les images sont de Tove Jansson ©Moomins Characters LTD