le parcours de l’exposition - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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le parcours de l’exposition

1975-1997, deux histoires parallèles

Métal Hurlant et (À suivre), c’est une histoire (presque) parallèle.
Métal est né en 1975, (À suivre) en 1978.
Il fallait, pour rendre compte de ce développement à la fois conjoint et concurrent, une scénographie astucieuse.

Celle qui est mise en place à Angoulême permet de (re)découvrir le destin des deux titres en laissant au visiteur le choix de suivre respectivement l’histoire de chacun, ou de passer librement de l’un à l’autre.
Le parti-pris de la présentation est donc (globalement) chronologique avec, pour démarrer en fanfare, les planches des pères fondateurs - et figures tutélaires - que furent Giraud/ Mœbius et Druillet pour Métal Hurlant et Pratt, Tardi et Forest pour (À suivre).
D’abord dédié à la science-fiction, Métal s’ouvre bientôt à l’humour et au rock (Margerin, Dodo et Ben Radis).
(À suivre) lorgne résolument du côté de la littérature. Le terme de « roman dessiné », inventé par son rédacteur en chef Jean-Paul Mougin, annonce le « roman graphique » qui triomphe aujourd’hui, en déclinant tous les genres qui s’y rattachent :
- le policier avec Tardi et Malet mais aussi les Argentins Muñoz et Sampayo et le Belge Benoît Sokal (Canardo)
- le récit légendaire (Bran Ruz) d’Auclair
- le récit historique de Bourgeon (Les Compagnons du crépuscule)
- la chronique campagnarde de Servais (Tendre Violette).
Plus tard (À suivre) s’ouvrira au fantastique et à la science-fiction, avec Le Grand pouvoir du Chninkel de Rosinski et Van Hamme ou Le Transperceneige de Rochette et Lob dont la récente adaptation cinématographique a confirmé la puissance d’évocation.
Et Métal Hurlant s’aventurera du côté de la politique-fiction à travers les uchronies glaçantes de Chantal Montellier et l’érotisme des récits fétichistes et ironiques de Denis Sire.
Les années 1980 sont celles du rétro, et la bande dessinée se retourne sur son histoire. Les jeunes auteurs que sont alors le regretté Yves Chaland (pour Métal Hurlant) et Ted Benoît pour (À suivre) revisitent l’esthétique de la ligne claire, Benoît en digne héritier d’Hergé, Chaland en thuriféraire inspiré (et ironique) de Jijé et Franquin.
Car c’est également l’honneur de ces deux revues d’avoir découvert de jeunes auteurs. On a déjà cité Margerin et Sire, il faut y ajouter Schuiten et Peeters, dont le cycle toujours en cours des Cités obscures a profondément marqué les lecteurs d’(À suivre), tandis que pour Métal Hurlant, les bouillonnants rédacteurs en chef que furent Jean-Pierre Dionnet et Philippe Manœuvre mettaient le pied à l’étrier à des nouveaux venus nommés Serge Clerc, Beb Deum, Didier Eberoni…
Pour parfaire l’histoire de ces revues mythiques, deux salles de projection et un espace de lecture ponctuent le parcours.
Il est un acteur plus discret, dont la contribution a été décisive pour les deux magazines. Il s’agit d’Étienne Robial, graphiste et directeur artistique qui a conçu, à quelques mois de distance, l’identité graphique de Métal puis d’(À suivre).
La clarté, la rigueur et l’élégance qui sont sa signature ont puissamment contribué à la réputation des deux publications. Pour notre bonheur, Étienne Robial a accepté de prêter quelques-uns des croquis de conception des deux titres, et a pris en charge la ligne visuelle, sobre et efficace, de l’exposition.
À vrai dire, il est impossible de rendre justice à la richesse de ce parcours enthousiasmant, qui compte également des pages d’André Juillard, F’Murrr, Ferrandez, Loustal et bien d’autres encore.
Tous ont contribué, à cette époque comme aujourd’hui, à faire de la bande dessinée produite en France et en Belgique une des plus réputées au monde.