du couronnement de landerneau au sacre d’angoulême - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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du couronnement de landerneau au sacre d’angoulême

par Michel-Edouard Leclerc

En suivant le parcours parallèle de deux revues légendaires, Métal hurlant et (À suivre), l’exposition permet de découvrir un mouvement majeur de l’histoire du neuvième art qui a vu l’émergence de grands noms de la bande dessinée : Philippe Druillet, Jacques Tardi, Jean Giraud/Mœbius, François Schuiten, François Bourgeon, Hugo Pratt…

A l’heure où je boucle cet édito, l’exposition hébergée pendant cinq mois au Fonds Hélène&Edouard Leclerc vient d’être décrochée.
Et pourtant, ce n’est pas la fin d’une histoire puisque la suite va s’écrire dans quelques jours à Angoulême. C’est une bien belle récompense pour l’amoureux de la bande dessinée que je suis ! C’est aussi une jolie marque de reconnaissance pour notre jeune fonds culturel dont ce sera la première exposition « hors les murs ».
Il faut reconnaître que c’était quand même un peu gonflé d’exposer Bilal, Druillet, Moebius, Pratt, Tardi et bien d’autres encore, dans l’ancien couvent des Capucins de Landerneau. Et en plus, entre une rétrospective Miró et une exposition Dubuffet !
C’est que l’aventure des fondateurs de Métal Hurlant, comme celle des auteurs publiés dans (À suivre), a profondément impacté la scène artistique des années soixante-dix à quatre-vingt-dix, et noué un fructueux dialogue avec le cinéma, la science-fiction, la littérature, le rock et même l’opéra contemporain.
L’exposition 1975-1997 : la bande dessinée fait sa révolution, enrichie des nombreuses interviews des auteurs et des collaborateurs des deux revues (Étienne Robial, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Manœuvre…), aura permis de regrouper les œuvres d’une quarantaine d’auteurs, révélant ainsi toute la créativité, l’inventivité et le foisonnement de cette génération d’artistes.
Une grande partie de ce fonds arrive donc aujourd’hui à Angoulême. J’ai hâte d’en découvrir le résultat.
Je sais que la Cité de la bande dessinée saura apporter sa touche si particulière et son professionnalisme légendaire pour faire de la narration de cette formidable aventure éditoriale, le grand rendez-vous culturel de l’été pour la bande dessinée.

C’est la première exposition de cette ampleur sur cette période si créative, si influente auprès des autres formes d’art (cinéma, rock, littérature de science-fiction, dessin animé, design et peinture).
Plus personne ne le conteste, la bande dessinée constitue l’un des premiers supports artistiques de la production éditoriale dans le monde. Sous forme de mangas, de comics ou d’albums, l’histoire du neuvième art a été rythmée par le rôle phare d’artistes tels que Winsor McCay, Uderzo, Hergé, Franquin, Peyo. Mais au milieu des années soixante-dix, affichant une autonomie graphique et scénaristique par rapport à la bande dessinée classique franco-belge, des dizaines d’auteurs revendiquent une création plus en prise avec l’actualité sociale, politique ou culturelle de leur époque. Deux revues émergent et se distinguent par leur choix éditoriaux : c’est Métal hurlant, créé autour de Jean-Pierre Dionnet qui, rompant complètement avec les codes d’une bande dessinée jugée trop statufiée, va révéler ses co-fondateurs Philippe Druillet et Mœbius et des auteurs comme Enki Bilal, Paul Gillon, Jean-Michel Nicollet, etc. Parallèlement, la très sage maison Casterman, à l’initiative de Didier Platteau puis de Jean-Paul Mougin, revendique une exigence artistique et littéraire portée par les œuvres de Jacques Tardi, Hugo Pratt, François Bourgeon, Jean-Claude Forest, François Schuiten ou José Muñoz.
L’exposition « 1975-1997 : la bande dessinée fait sa révolution », enrichie des nombreuses interviews des auteurs et des collaborateurs des deux revues (Étienne Robial, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Manœuvre…), permet de regrouper les œuvres d’une quarantaine d’artistes, révélant ainsi toute la créativité, l’inventivité et le foisonnement de cette génération.

Michel-Édouard Leclerc