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d’Aurel (Glénat)

Hubert est un quadragénaire à l’amorce d’une nouvelle vie. Quitté par sa femme, il lâche son job de secrétaire de rédaction pour se refaire une santé dans les montagnes Cévenoles, quand une mission l’appelle. Fraichement journaliste freelance pour le magazine Américain The Struddle, Hubert reçoit un appel pour son premier reportage : l’immigration clandestine.

Direction Alger où il rejoint un ami journaliste, Paul, qui enquête sur la main d’œuvre bon marché en provenance du Maghreb pour les productions agricoles du sud de l’Espagne.
Un tremplin idéal qui va l’amener à s’intéresser à ces « harragas ». Il rencontre Djamila, travaillant dans un hôtel de luxe, se rend à Oran pour rencontrer son frère, Rachid, ingénieur au chômage, candidat pour l’Europe. Sur place il va découvrir Magyd, le cousin de Rachid, un berger qui n’a plus assez d’argent pour faire vivre sa famille. Tous deux partent le soir même pour l’Espagne, le premier en barque, l’autre sous un camion à bord d’un ferry.
Pour poursuivre son investigation et tenter de les retrouver, Hubert se rend à Alméria en Espagne. Là-bas, le journaliste rencontre Maria, employée à la Croix-Rouge. Cette dernière va l’orienter vers Omar, un syndicaliste qui va lui faire découvrir le monde cruel des serres, où entre exploitation et proxénétisme, des milliers de clandestins, surtout des femmes, vivent un enfer à quelques centaines de mètres seulement des grandes stations balnéaires.
Durant toute son enquête, Hubert ne tarit d’enthousiasme et de persévérance. Sachant saisir les opportunités, le journaliste fait d’importantes rencontres féminines, actrices essentielles de l’histoire.
Débarqué dans un Alger où règne la peur de l’attentat, sans attache et un peu perdu, il termine son périple à Alméria, en sécurité chez Maria, relativisant sur sa situation et plus serein sur son avenir.
Rythmé, captivant et sans longueur, Aurel réalise dans cet album une sorte de photographie sociale et économique des enjeux méditerranéens. Sans être directement ciblée, l’Europe et ses habitants sont pointés du doigt, d’un côté pour l’organisation volontaire de cet esclavagisme moderne et de l’autre pour un mode de vie de consommateurs sans scrupules. Le ton léger et les quelques traits d’humour ne font que mieux passer le message.
Le coup de crayon est simple, abrupte mais retranscrit parfaitement les expressions. Les couleurs pastel et chaleureuses plongent complètement le lecteur dans l’univers de cette carte postale tragique. (MM)

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