la scénographie - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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n o c t u r n e s

la scénographie

par l’atelier Lucie Lom

Un banal couloir de service guide le public jusque dans la chambre du gardien de nuit du musée... La chambre s’est disloquée et s’ouvre sur une perspective profonde et étrange : des murs et des cloisons partent à la dérive, révélant des lits qui semblent devenus fous. Décalés, poétiques ou cauchemardesques, ils semblent dialoguer avec les œuvres exposées.

le scénario du parcours

Le public entre par une petite porte de service et emprunte un couloir, guidé par un panneau fléché qui indique « archives ».
Le couloir bifurque, s’élargit, se rétrécit, tourne... Une porte est entrouverte : le visiteur pénètre dans une pièce plongée dans la pénombre. C’est la chambrette du gardien de nuit.
Les perspectives sont chamboulées : le mur du fond s’est disloqué et s’ouvre sur une perspective étrange, sans fond.
La vision s’élargit, une musique cristalline allège les lieux qu’atténue aussi la lumière du soir, entre chien et loup. Tout au fond, le lointain se fond dans un noir d’encre,
L’espace devient onirique, étrange, décalé.

Certains lits décollent, s’envolent, légers presque aériens, tel ce lit-oiseau et ses ailes-drap se déployant toutes en courbes, étincelant. Un autre s’est étiré en hauteur telle une girafe ; il semble figé dans un mouvement de course folle. Au-dessus, un lit dont la couette a gonflé comme un nuage s’évanouit dans la hauteur.
D’autres disparaissent dans le sol tandis que progressivement d’autres cloisons, des murs sont en dérive, bientôt engloutis par les ombres projetées au sol.

Au détour d’une cloison, un lit est habité par un rêve étrange de cheval.

Tout au fond de l’espace, une mélopée en mode mineur à peine audible confère à l’espace une dimension inquiétante. Ici règne le cauchemar. Les ombres portées semblent avoir tout englouti. Un lit-araignée semble guetter au plus profond de l’obscurité. Un lit fantôme renferme les aboiements répétés et compulsifs d’un chien possédé. Plus loin, la momie de Rascar Capac, semble observer cet autre lit effondré sur lui-même, comme un trou noir... Plus loin un lit s’est comprimé comme une boule de nerf.

Bientôt, de cette noirceur émergent des ombres blanches, de plus en plus nombreuses. Là, un lit s’est ouvert à la manière d’une boîte de sardines...
Un dernier lit laisse échapper de son ventre-couette une multitude de petits oreillers qui volent vers le musée, comme pour le polliniser...

l’atelier lucie lom

L’atelier Lucie Lom crée des scénographies depuis vingt-cinq ans. On lui doit notamment Opéra-Bulles à la Grande Halle de la Villette en 1992, Moebius, Traits de génie en 2000 ou encore Les Musées Imaginaires de la bande dessinée à Angoulême. Ses mises en scène se caractérisent par la théâtralisation des lieux, détournant ou bouleversant l’espace, au travers de parcours sensibles convoquant les ombres, les sons, les objets.
Lucie Lom réalise également des interventions in situ, au cours desquelles l’espace urbain se voit chamboulé, poétisé : « La Forêt suspendue » (Lille 2004), « Les Rêveurs » (2000-2013) ou « Blob » (2008).
Il nous revient ici, à l’occasion d’un thème cher à ses yeux, le rêve, dont les ingrédients sont souvent source de son inspiration. À la Cité de la bande dessinée et de l’Image, Lucie Lom se joue de l’espace muséal : il en détourne un des couloirs et fait bifurquer le réel, plongeant progressivement le visiteur dans l’étrange et l’onirisme.
+ d'info sur l’atelier Lucie Lom.








© P.Blanchier/GrandAngoulême

© P.Blanchier/GrandAngoulême

©Tadeusz Kluba/sudouest

© Tadeusz Kluba/sudouest

©Tadeusz Kluba/sudouest

© Tadeusz Kluba/sudouest

© Lucie Lom

© Lucie Lom

© La CIté internationale de la bande dessinée et de l’image

© La CIté internationale de la bande dessinée et de l’image

© La CIté internationale de la bande dessinée et de l’image

© La CIté internationale de la bande dessinée et de l’image