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e x p o s i t i o n

hp de guido buzzelli

du 24 octobre 2013 au 2 février 2014

En 2012, le musée de la bande dessinée a acquis la totalité des planches originales de HP, œuvre maitresse de l’un des plus talentueux auteurs de la bande dessinée contemporaine, l’italien Guido Buzzelli. Parfois surnommé « le Michel-Ange des monstres », il témoigne avec cet ouvrage de la force impressionnante de son trait puissant, parfois lyrique, et de son obsession pour les univers post-apocalytpiques, les sociétés déliquescentes, les corps immobiles, difformes, monstrueux. À découvrir dans cette exposition d’originaux tirés de HP.

hp

Paru en 1973 en Italie, HP (pour « Horse Power ») a été publié l’année suivante en France par Charlie Mensuel, qui fit connaître dans notre pays son dessinateur Guido Buzzelli et contribua puissamment à établir sa gloire en Europe. Entamé en 1970 par La Révolte des ratés, la traduction dans Charlie Mensuel du travail de Buzzelli se poursuivit par Les Labyrinthes et Zil Zelub, qui marquèrent profondément les lecteurs – et les professionnels – de l’époque. Décrivant des sociétés inégalitaires et violentes, où le cynisme des dirigeants n’a d’égal que la soumission des opprimés, Buzzelli met la plupart du temps en scène des héros qui lui ressemblent de façon troublante, dont la révolte face à la brutalité et l’injustice naît moins d’une analyse politique que de la conscience douloureuse d’une inadaptation foncière au monde dans lequel ils vivent. Traité sur le mode bouffon dans La Révolte des ratés, cette thématique revient dans la quasi-totalité de son œuvre postérieure, dans des contextes fantastiques ou de science-fiction. Buzzelli dessinera une demi-douzaine d’histoires dans cette veine avant de répondre à des commandes plus alimentaires, puis de revenir à la peinture (qui fut son premier métier) et l’illustration pour la presse italienne (il a été une des grandes signatures de La Repubblica). Il est mort en 1992.

HP est sa dernière œuvre « spéculative », qui rassemble tous les grands thèmes qui parcourent sa création : dans un monde qu’on devine post-atomique, une société de réprouvés qui vit de chasse et de rapines côtoie une ville ultramoderne et oppressante, dirigée par une oligarchie militaro-scientifique. Les dirigeants de cette ville ont mis au point un cheval-robot perfectionné, HP, qu’ils lancent comme un leurre aux confins des campements où vivent les exilés. Chassant l’infatigable monture, beaucoup perdront la vie, avant de découvrir la supercherie. Dans le même temps, la décadence de la ville entraîne ses habitants vers les campements des exilés. Dans les dernières pages, une population libérée commence à recréer une nouvelle cité. Sera-t-elle plus libre ? Kostandi et Buzzelli laissent la fin ouverte… Alexis Kostandi (pseudonyme de Francesco E. Cerrito), qui avait fourni plusieurs courts scénarios d’une remarquable noirceur à Buzzelli, lui donne avec HP l’occasion de mettre en images quelques-unes de ses obsessions : la décadence de sociétés humaines rongées par la violence et le goût du pouvoir, l’hybridation entre l’homme et l’animal (un épisode de l’histoire met en scène des hommes à tête d’animaux), la rédemption par l’art (Buzzelli s’est distribué dans le rôle d’un peintre qui tente vainement d’exercer son métier)… Doté d’une solide formation classique, il excelle dans la représentation des chevaux, tout autant que dans la description d’engins futuristes dénués de tout glamour. Bien que peu d’ouvrages de Buzzelli soient disponibles aujourd’hui sur le marché francophone, sa réputation est grande parmi les auteurs, et des noms aussi prestigieux que Georges Wolinski, José Muñoz, Edmond Baudoin, Blutch ou Charles Berberian lui ont rendu hommage ces dernières années.

guido buzzelli

(1927-1992)
Italie
Fils de peintre, il débute à 18 ans comme caricaturiste puis se spécialise dans l’illustration de couvertures de fascicules de BD. Il se tourne vers la peinture au milieu des années 50 et ne revient à la bande dessinée qu’à la fin de la décennie suivante. La Révolte des ratés, publié en Italie, est remarqué par Georges Wolinski et repris dans Charlie Mensuel en 1970. Suivront plusieurs récits d’anticipation qui se signalent par leur noirceur et leur impressionnante maîtrise graphique. Illustrateur pour la presse, Buzzelli exploite aussi une veine comique volontiers grotesque. Il meurt à Rome en 1992.

exposition hp de guido buzzelli

du 24 octobre 2013 au 2 février 2014
musée de la bande dessinée
quai de la Charente
Angoulême
vernissage jeudi 24 octobre 2013 à 18h30

commissariat Marie-José Lorenzini et Jean-Philippe Martin
encadrement Art Image, Angoulême
graphisme Valérie Desnouēl
avec le soutien de l’Association des commerçants de la galerie marchande Géant Casino Angoulême Nord
merci à Pascal Richez