didier comès - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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disparition

didier comès

(1942-2013)

Il venait d’être consacré par deux expositions consécutives à Liège et à Angoulême qui avaient souligné l’importance de son œuvre dans l’histoire de la bande dessinée contemporaine, l’auteur de Silence, Didier Comès s’est éteint le 7 mars à l’âge de 71 ans.

Il était né Dieter Herman, en 1942, à Sourbrodt, petit village des cantons de l’est de la Belgique à quelques kilomètres de Liège. Son père parlant allemand et sa mère wallon et français, il se définissait lui-même comme le « bâtard de deux cultures », caractéristique dont on retrouvera la trace dans sa création. En sortant de l’école à 16 ans, il devient dessinateur industriel dans une entreprise textile de Verviers.
Dans le même temps, il s’initie à la musique, au jazz notamment, s’essayant aux percussions. Ce n’est que plus tard qu’il vient à la bande dessinée, guidé vers le 9ème art par des auteurs ardennais comme lui (Hausman, Deliège, Macherot). C’est ainsi qu’en 1969, il propose Hermann, une série de gags humoristiques qui est publiée dans les pages jeunesse du Soir. Il illustre aussi quelques pages d’actualités dans le journal Pilote. C’est encore dans la revue des éditions Dargaud, en 1973, que parait le premier volet de la série Ergün l’Errant intitulé Le Dieu vivant. Il faudra attendre 1980 pour lire la suite, Le Maître des Ténèbres, dans (À suivre), le magazine des éditions Casterman.
C’est aussi chez Casterman, qui sera l’éditeur de la totalité des œuvres de l’auteur belge qu’est publié, en 1979, Silence, un conte fantastique en noir et blanc. L’histoire d’un simple d’esprit, muré dans le silence - qui lui vaut son patronyme- vivant dans un village reculé des Ardennes en butte à l’hostilité de son entourage.
Silence, considéré comme le chef-d’œuvre de Comès, vaut à son auteur la reconnaissance du public et de ses pairs. Comès obtient d’ailleurs le prix du meilleur album lors du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 1981.
Suivront La Belette (1982), Eva, huis-clos fantastique paru en 1985, L’Arbre-Cœur (1988), Iris (1991), La Maison où rêvent les arbres (1994), Les Larmes du tigre (2000) et enfin Dix de Der (2006), dans lequel Comès revient sur un thème de ses thème de prédilection, la seconde guerre mondiale. Chantre du noir et blanc Comès a inventé une œuvre originale ancrée sur cette terre de Belgique ésotérique autant que poétique qui a marqué nombre d’auteurs et de lecteurs.
Dans son hommage à ce grand auteur, Gilles Ciment, directeur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image explique que « Didier Comès avait envoûté les lecteurs (dont j’étais) des premiers numéros d’(À suivre), le mensuel des éditions Casterman, en 1979. Son Silence y faisait grand bruit, aux côtés de Tardi, Cabannes ou Pratt. Il était l’héritier spirituel de ce dernier, en maître d’un noir et blanc fantastique ou mystérieux. Artiste complet (il était aussi scénariste et musicien), auteur rare dans tous les sens du terme, il a marqué de son empreinte la bande dessinée contemporaine. »