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Spirou : un héros dynamique

les multiples vies du journal de spirou

tous les rédacteurs en chef depuis 1938

Au gré des époques et des hommes successivement chargés d’orchestrer sa bonne marche, le Journal de Spirou a vécu cent vies, révélé des dizaines de dessinateurs, donné la parole à de merveilleux raconteurs d’histoires, provoqué de nombreux fous rires… Pour finalement toujours marquer de son empreinte la bande dessinée de son temps. Témoins et symboles de la vie du journal, les rédacteurs en chef successifs ont donné à Spirou sa substance, chacun à leur manière.

En 1938, lorsque Jean Doisy est le rédacteur de Spirou (on ne parle pas encore de rédacteur en chef à ce moment là), le journal turbine avec un effectif réduit. Quelques dessinateurs seulement occupent les pages de l’hebdomadaire et livrent des récits au long cours qui marquent les premières années du journal au calot. Fine plume, créateur alerte, Doisy imagine le club des Amis de Spirou
(AdS), une communauté amicale tellement enthousiaste qu’elle résistera même aux heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. Spirou, Spip et bientôt Fantasio, animés avec fougue par Jijé sont les premières vedettes du journal.

Yvan Delporte succède à Doisy. Il devient le premier rédacteur en chef officiel de Spirou et vit une période faste. Sous son règne, c’est une génération dorée de dessinateurs qui se révèle : Franquin, Morris, Roba, Peyo… Delporte, accompagné de Maurice Rosy, gère avec intelligence et rigueur l’extraordinaire émulation qui porte le journal vers une popularité grandissante. Gaston Lagaffe fait ses débuts, Lucky Luke dégaine ses premières cartouches, Boule et Bill apparaissent et les Schtroumpfs vivent leurs premières aventures. Les numéros spéciaux sont nombreux, avec leur lot d’innovations
amusantes comme les minirécits qui font fureur auprès des lecteurs.
Thierry Martens prend le relais de Delporte. À l’aube des années 1970, le nouveau rédacteur en chef doit jouer au découvreur de talents, car la génération précédente commence à lever le pied après une vingtaine d’années à plein régime. Martens donne sa chance à de nouvelles têtes : le scénariste Raoul Cauvin séduit avec les Tuniques Bleues et Sammy, De Gieter partage sa passion de l’Egypte avec Papyrus, la Natacha de Walthéry prend son envol… Le journal intègre des bandes spectaculaires et musclées, en phase avec l’éclosion de la bande dessinée adulte. En réaction, certains auteurs imaginent un contre-pied poétique à cette débauche d’action : Le Trombone Illustré, supplément doux rêveur qui fait date.
Alain de Kuyssche qui suit au poste fait face au premier choc générationnel. Les aspirations des auteurs changent, certains anciens ne se reconnaissent plus dans le travail des plus jeunes et inversement. Malgré ces petites frictions artistiques, la vie de la rédaction reste intense. Dans ce climat fécond, les premières planches signées Dodier (Jérôme K. Jérôme Bloche) Yslaire (Bidouille et Violette), Geerts (Jojo), Yann & Conrad (Les Innommables) ou
Frank Pé (Broussaille) font souffler un vent nouveau sur le Journal de Spirou.

Philippe Vandooren, en place après de Kuyssche, est l’homme de l’essor des albums. Il intensifie la prépublication, en proposant de larges épisodes des séries vedettes du catalogue. Spirou et Fantasio sont animés par Tome et Janry, un duo inspiré qui fait désormais figure de pilier de l’animation du journal.
Après la période Vandooren, Patrick Pinchart choisit de dynamiser l’aspect magazine. Il opère un retour aux fondamentaux en
relançant des rédactionnels ludiques, plus légers et en prise directe avec l’actualité. Du côté des bandes dessinées, Midam imagine un
gamin passionné par les jeux vidéos : Kid Paddle.
Thierry Tinlot, qui suit au poste, est un animateur né : toujours prêt à lancer des pistes pour rendre la vie de la rédaction pétillante. Épaulé par des scénaristes comme Zidrou et Janssens, Tinlot conçoit bon nombre de happenings qui dynamisent le journal. Pendant douze ans, c’est l’inventivité qui sert de boussole et les héros sont présents tous azimuts ! C’est également à cette époque que la rédaction accueille les premiers textes d’un scénariste à l’avenir radieux : Fabien Vehlmann.
Olivier Van Vaerenberg, rédacteur en chef suivant, se place dans la continuité joyeuse de Tinlot et accentue la dimension citoyenne
de Spirou. Il accueille de nouvelles séries très populaires comme Seuls et Les Nombrils.
Frédéric Niffle, à la tête du journal depuis 2008, opère une synthèse des idées de ses prédécesseurs et recentre le journal sur la bande dessinée tout public. Avec un sommaire très lisible, une maquette élégante, le journal s’ouvre à des auteurs de la nouvelle vague et surprend chaque semaine ses abonnés avec un supplément créatif de haut vol.