introduction - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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Spirou : un héros dynamique

introduction

75 ans et toujours dynamique !

Né en 1938 sous la plume du dessinateur Rob-Vel (alias Robert Velter) à la demande de l’éditeur Jean Dupuis, Spirou fête en 2013 ses trois quarts de siècle, et de belle manière : de nouvelles aventures, une tournée des librairies… et des expositions.
Lieu de référence de la bande dessinée en France, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image se devait d’être associée à cet anniversaire et présentera donc pendant tout l’été 2013 l’exposition Spirou un héros dynamique, qui retracera la carrière d’un groom pas comme les autres : présent dans les pages de l’hebdomadaire Spirou dès le numéro 1 (il s’anime et saute de la page où il est dessiné après que son créateur l’a aspergé… d’eau-de-vie !), il en est depuis l’emblème et l’un des héros les plus populaires.
Le musée de la bande dessinée d’Angoulême ouvre donc les 400 m2 de sa salle d’exposition temporaire et sort de ses réserves les trésors de ses collections : planches originales, bien sûr, mais aussi imprimés (numéros de Spirou, albums rares et anciens), affiches, jouets… et rassemble également ce qu’un actif réseau d’amis, de correspondants et de prêteurs accepte de lui confier le temps de l’exposition.

Conçue dans un esprit résolument joyeux, l’exposition évoque le personnage de Spirou, à travers deux approches :

D’un côté, le héros intrépide qui, en plus de cinquante albums, a entre autres exploré l’Afrique, parcouru la jungle amazonienne, volé jusqu’à la Lune et voyagé plusieurs fois dans le temps. Dans un décor qui évoque le château de Champignac se déploient des espaces scénographiés qui présentent les quinze dessinateurs successifs de la série (et leurs scénaristes), au moyen de planches, esquisses, documentation, photos, agrandissements… Des extraits d’émissions télévisées retrouvées dans les archives de la RTBF et de l’INA… ou du musée de la bande dessinée, mais aussi des audiovisuels tournés spécialement pour l’occasion donnent la parole aux créateurs, qui livrent chacun leur vision du personnage.
Dans cet espace, une galerie permet également de (re)découvrir les personnages principaux de la série : Spirou lui-même, bien sûr et Fantasio son alter ego, mais également le comte de Champignac, figure du savant bienveillant et distrait, Seccotine, piquante jeune fille au caractère bien trempé ; le peu recommandable Zantafio, cousin de Fantasio, Zorglub, disciple dévoyé du comte de Champignac, qui met la science au service d’ambitions mégalomanes, le Marsupilami, un des animaux imaginaires les plus fascinants de la bande dessinée mondiale qui a connu un tel succès que Franquin, son créateur, lui a fait vivre des aventures autonomes. Et d’autres encore…
On s’intéressera également à l’esthétique de Spirou : initié par Jijé, porté à la perfection par André Franquin, elle a connu son point culminant dans les épisodes des années 1950 : dynamisme du trait, attention portée à la beauté de la ligne qui rappelle Raymond Loewy et le style « Atome ». Cette esthétique se manifeste par un soin particulier apporté aux décors, marqués par le design le plus moderne de l’époque et également par un goût très sûr dans l’invention de machines aux lignes parfaites : de la Turbotraction à la Zorglumobile en passant les engins sous-marins qu’utilisent Spirou et Fantasio, Franquin se révèle un designer accompli, qui bluffera les professionnels : on sait que les bureaux de recherche de la maison Citroën l’avaient contacté pour étudier la possibilité de faire de la Turbotraction un prototype en trois dimensions (le projet est resté sans suite). Cette suprême élégance est la marque de l’école dite « de Marcinelle » (du nom de la ville où se trouvaient les bureaux des éditions Dupuis) qui rassemblait les fameux « quatre mousquetaires » que furent Jijé, Franquin, Morris et Will. L’école de Marcinelle est l’autre grande esthétique de la bande dessinée belge, dont l’influence s’est fait sentir bien au-delà des frontières du pays. De nombreux dessinateurs en sont les héritiers et particulièrement bien sûr, tous ceux qui ont dessiné les aventures de Spirou à la suite de Jijé et Franquin. On pense à Yves Chaland et plus près de nous à Yoann et Serge Clerc, qui retrouvent avec brio la grâce pleine d’allant des pages de Jijé et Franquin. L’exposition s’efforcera de rendre justice à cet apport essentiel de Spirou à l’esthétique de la bande dessinée.

De l’autre côté, la rédaction de Spirou, le journal. C’est ici Spirou comme emblème du journal qui est mis en scène : d’abord figure du « grand frère » courageux et loyal qui connut un immense succès dans l’immédiat après-guerre, il est ensuite devenu le symbole de la revue qui porte son nom, dont l’image bondissante sans cesse recréée a été déclinée sous forme de jouets, jeux de construction, partition musicale, buvards, cartes, autocollants, disques vinyles puis CD, etc. On évoque dans cette partie l’évolution de Spirou l’hebdomadaire, au gré des changements de formule et de logo, mais aussi la vie trépidante de la rédaction, hantée par des (anti)héros mémorables, au premier rang desquels bien sûr Gaston Lagaffe, le plus mauvais garçon de bureau du monde, mais l’un des personnages comiques les plus fabuleux de la bande dessinée mondiale. À sa suite, apparaissent le Gang Mazda, l’Elan de la rédaction, les Mastodontes… qui ont à leur tour hanté avec humour les murs de cette rédaction fictive.

Dans cette vaste exposition qui s’adresse à quatre générations de lecteurs, les enfants ne sont évidemment pas oubliés, qui ont leur espace dédié, placé sous le patronage effronté du Petit Spirou, inventé en 1987 par Tome et Janry, et dont les gags connaissent depuis un succès jamais démenti : coin-lecture, jeux conçus spécialement pour l’occasion, mais aussi aire d’animation et de médiation qu’ils peuvent occupés seuls ou accompagnés d’adultes. C’est également là qu’ils découvrent les premiers épisodes de l’adaptation en dessin animé du Petit Spirou par Alexis Lavillat.

En complément de cette présentation à la fois foisonnante et destinée à tous les publics, la Cité accueille également dans la rotonde du Vaisseau Mœbius une exposition qui reprend quelques-unes des plus remarquables pages de la rubrique du Journal de Spirou intitulée La Galerie des illustres, où les « pointures » actuelles de la bande dessinée francophone parlent de la naissance de leur vocation d’artiste du neuvième art, et illustrent leur propos au moyen d’une page de bande dessinée spécialement créée pour l’occasion.
Une trentaine de contributions, parmi les deux cents déjà parues, a été sélectionnée et permet une plongée unique dans l’intimité créatrice (jamais dénuée d’humour) de grands noms de la bande dessinée contemporaine.