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recherche : qu’est-ce qu’une bande dessinée engagée ?

Alice Gautier explore la mémoire argentine à la Cité

Alice Gautier, actuellement en M1 d’histoire à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine (IHEAL) à Paris 3, travaille sur la bande dessinée argentine (1955-1983). Ce projet débuté en octobre dernier se déroule sur deux ans, dont six mois à Buenos Aires, et un passage obligé... à Angoulême.

« La bande dessinée, remarque Alice Gautier, a été encore relativement peu exploitée par les historiens dans le cadre d’une histoire culturelle, notamment en ce qui concerne le continent latino-américain. »
Pour son travail, l’étudiante a choisi de s’intéresser à la dimension politique du neuvième art, c’est-à-dire de se poser la question : qu’est-ce qu’une bande dessinée engagée ? Et c’est sur l’Argentine que s’est porté son choix.

À partir des années 1960, alors que l’Argentine connaît un moment d’autoritarisme accru - dont la dictature et ses 30 000 disparus constituent l’apothéose -, la production est foisonnante dans le domaine de la bande dessinée, marquée par Oesterheld, Breccia et plus tard Muñoz, pour ne citer que les plus connus.
Alice Gautier pense aborder également les thèmes de l’exil et de la réception de cette bande dessinée argentine. Le choix de cette approche lui paraît d’autant plus riche que la chape de plomb commence à se lever sur les dictatures du cône sud, notamment à travers une remise en cause de l’impunité.

L’étudiante en Histoire a pu consulter au centre de documentation de La Cité de nombreux documents : un dossier documentaire sur l’histoire de la bande dessinée argentine, des revues françaises des années 1960 aux années 1980 (Les Cahiers de la BD, BDsup, Falatoff, Ran Tan Plan, Hop !, Haga, Giff-wiff), afin d’avoir un aperçu de la place accordée à l’Argentine dans les représentations françaises, ce qui est une manière de mesurer l’impact de la production de ce pays à l’international.
Elle a également visionné des vidéos, notamment un entretien d’Alberto Breccia et un débat-conférence qui a eu lieu à Buenos Aires sur l’œuvre de Oesterheld.

Alice Gautier devrait revenir prochainement à Angoulême pour consulter la presse argentine que possède La Cité sur ladite période, des titres comme Hora Cero, Frontera, El Eternauta… Autant de revues, note-t-elle avec enthousiasme, qui sont précieuses pour sa recherche.