rencontre : baudoin analyse dalí - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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rencontres de l’auditorium

rencontre : baudoin analyse dalí

samedi 2 février 2013 de 17h45 à 19h, auditorium du musée

Dans son ouvrage Dalí par Baudoin, l’auteur français nous entraîne sur les traces de l’étrange et génial artiste catalan dont il parcourt la vie et l’œuvre de son trait virtuose. S’invitant dans l’univers fantasque et débridé de Dalí, Baudoin nous en offre une vision personnelle dont il nous livre les clés, images à l’appui, à l’occasion de cette rencontre de l’auditorium à ne rater sous aucun prétexte. Avec la participation de Jeanne Alechinsky éditrice de la biographie dessinée du grand peintre pour le Centre Pompidou.

mon livre sur dalí

« Pour faire un livre sur quelqu’un comme Dalí, il faut tout d’abord réaliser que c’est une personnalité qui peut assez vite prendre tout l’espace. J’ai donc fait en sorte de mettre en place plusieurs entrées, plusieurs portes d’accès. J’ai choisi de représenter, par exemple, des fourmis qui parlent, ou encore deux jeunes gens, sur la plage de Cadaquès, qui sont surement venus voir une exposition, et qui ont vu le film. J’interviens moi aussi dans le livre – comme vous le savez, j’ai l’habitude de l’autobiographie. Et j’ai également choisi de faire parler des rochers, ceux de Cadaquès dont Dalí s’est servi lui-même, dans lesquels il voyait des tas de choses (c’est vrai qu’ils sont assez fabuleux). L’intérêt étant de mettre en place une distance, et que le lecteur ne s’ennuie pas.
Sur le plan formel, j’ai choisi de varier les types d’écritures. J’ai rédigé en capitales mes pensées et les paroles des jeunes gens ; les fourmis s’expriment en écriture manuscrite, et Dalí et son entourage en bas de casse.
Mon second questionnement portait, ensuite, sur le traitement à avoir des tableaux de Salvador Dalí. Reproduire ses œuvres, donc des tableaux existants, m’est apparu assez gênant. Mon jeu a donc été d’inventer, de me mettre à la place de Dalí, et de représenter plutôt son inspiration. Et ça n’est pas rien ! J’ai fait cela pour plusieurs tableaux célèbres. Pour Le Jeu Lugubre, j’ai par exemple disposé quelques éléments présents dans l’œuvre, finalement assez peu, et j’ai peint un autre tableau. Ainsi, le lecteur peut presque assister à l’exposition ce livre en main, se placer devant le tableau initial et partir à la recherche des points communs, des relations entre le travail de Dalí et le mien. S’est posée ensuite la question de la couleur ; et ici, il a été décidé que ces apparitions soient liées à celles de Gala. Elle est donc représentée chaque fois en couleur, le reste est en noir et blanc. Sauf Dalí lorsqu’il est ému par elle, intimidé, lorsqu’elle lui prend la main. Plus précisément, je pourrais vous énumérer une multitude de choix, de détails, de possibilités d’interprétation de mes dessins. Tout ceci, ce sont des analyses de Dalí, au fond je parle, je raconte en dessinant.
En voici un exemple : il y a une scène, au début du livre, où Dalí a douze ans, et où il est en haut d’une tour. Il tient entre ces mains une béquille qu’il a trouvée, un modèle ancien en forme de fourche. Cette béquille est devenue pour lui quelque chose d’énorme, répondant à sa fascination proche de la schizophrénie face à tout ce qui est double, ce qui se partage en deux. En haut de cette tour, il y a également une jeune fille de son âge, une gamine comme lui, qui regarde vers le bas. Il est derrière elle, sa taille est très fine, et il éprouve une forte envie de l’embrocher avec cette béquille et de la faire tomber de cette tour. La jeune fille doit sentir qu’il y a quelque chose derrière elle puisqu’elle se retourne. Elle n’a pas peur, elle rit : « Tu voulais me pousser ! » À partir de cet événement, la béquille va devenir pour Dalí symbole de mort et de résurrection, elle apparaitra par la suite dans nombre de ses tableaux. Et bien à la fin du livre, lors de l’épisode de la mort du peintre, je le représente sur une autre tour, celle du château qu’il avait acheté plus tard dans sa vie. Derrière lui il y a la mort, il le sent, et l’image répond à la première. Et la mort finit par le précipiter de la tour qui s’en va en déliquescence. Il est évident que Dalí n’est pas mort de cette manière, il s’est éteint dans un lit d’hôpital, mais j’ai choisi de représenter sa fin ainsi. Ce sont des choses que j’aime faire dans les livres. »
Entretien avec Edmond Baudoin par Elisa Renouil (extrait)

voir l’intégralité de l’entretien avec Elisa Renouil sur le site de la Cité
+ d'info dans notre dossier consacré à Dalí par Baudoin

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Baudoin analyse Dalí
samedi 2 février 2013 de 17h45 à 19h

la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image
auditorium du musée de la bande dessinée
quai de la Charente
Angoulême