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la planche du mois : le korrigan de brocéliande, de benjamin rabier

en octobre au musée de la bande dessinée

Si le nom de Benjamin Rabier est passé à la postérité c’est parce qu’il est l’auteur du fameux dessin de La Vache qui rit ou encore de la série des Gédéon. Mais on ne saurait réduire l’œuvre de ce dessinateur prolixe à ces travaux. On lui doit en effet un nombre incalculable de dessins destinés à la presse enfantine et l’édition du début du XXème siècle, la publicité, l’affiche, le dessin animé… et bien évidemment la bande dessinée, dont la planche présentée au musée de la bande dessinée ce mois-ci, tirée du Korrigan de brocéliande, est un très bel exemple.

benjamin rabier (1864-1939)

Né le 30 décembre 1864 à La Roche-sur-Yon, il est illustrateur pour la jeunesse, affichiste, pionnier du dessin animé bien avant Walt Disney. Il est devenu pour la postérité : « L’homme qui fait rire les animaux ». Malgré des dispositions pour le dessin (il obtient à quinze ans le Prix du dessin de la Ville de Paris), Benjamin Rabier doit interrompre ses études pour travailler au Bon Marché à Paris comme comptable. Dès 1889 il place ses premiers dessins dans plusieurs revues françaises (La Chronique Amusante, Gil Blas Illustré, Le Rire, Pêle-Mêle. Au début du xxe siècle, Benjamin Rabier s’impose comme un auteur à succès, très appréciés des lecteurs de l’Assiette au Beurre ou du Chat Noir.
Parallèlement à ses travaux destinés aux adultes, il se lance dans le dessin pour enfants en intégrant dès 1903 l’équipe de La Jeunesse illustrée. Il y livre jusqu’en 1919 des histoires courtes mettant en scène des animaux ou enfants farceurs. Il y tient avec Georges Omry le rôle de dessinateur principal (le premier numéro spécial, celui de l’été 1903, lui est entièrement confié). C’est le seul dessinateur du journal à dévier du gaufrier strict des images d’Épinal, se permettant de jouer sur le format des vignettes ou de réduire les textes jusqu’à s’en passer. En 1907-1908, il publie un journal, Histoire comique et Naturelle des Animaux (1907-1908).
Benjamin Rabier écrit aussi de nombreuses pièces de théâtre (comme Ma veuve s’amuse en collaboration avec José de Bérys). Malgré ces succès, il garde jusqu’en 1910 son travail aux Halles, ne prenant sa retraite qu’à cause du surmenage.
Il se lance, à partir de 1916, dans le dessin animé et la publicité. Pour la cinémathèque Pathé Baby, de 1922 à 1925, il crée de nombreux dessins animés ayant pour sujets certains de ses personnages d’illustrateur comme Gédéon.
Il est considéré comme un des plus grands dessinateurs animaliers européens. En 1906, Rabier publie chez Jules Tallandier une édition entièrement illustrée des Fables de La Fontaine. Il illustra aussi le Roman de Renart et l’Histoire Naturelle de Buffon. En 1921, Léon Bel s’inspira d’un dessin de Benjamin Rabier comme logo de sa marque « La vache qui rit ». Cette vache décorait les camions de transport de viande fraîche pendant la Première Guerre mondiale et était surnommé la « Wachkyrie ». Mais son personnage de bande dessinée le plus célèbre reste Gédéon le canard, dont les histoires ont été publiées entre 1923 et 1939 en 16 albums. Il a aussi dessiné la célèbre baleine des Salins du Midi.

planche du mois d’octobre 2012
musée de la bande dessinée
quai de la Charente
Angoulême


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