Remarqué par sa récente relecture des mythiques Tortues ninja, le réalisateur Kevin Munroe s’attaque à un trésor péninsulaire, avec ce long métrage officiellement consacré à Dylan Dog (qui inspirait déjà le romantique et sanglant Dellamorte Dellamore de Michele Soavi). Icône absolue dans la bande dessinée italienne, affectionné ailleurs par nombre d’initiés, ce détective privé reconverti dans les enquêtes surnaturelles, évolue depuis un quart de siècle dans des histoires ravissant les amateurs de suspense et action horrifiques. Si l’acteur anglais Rupert Everett lui prête ses traits sur le papier, c’est une star plus récente et américaine qui incarne ici le héros en chemise rouge : Brandon Routh, révélé en 2006 par Superman Returns de Bryan Singer.
Choix inattendu et finalement crédible, le comédien nous révèle ici le secret de La Nouvelle-Orléans : la ville est aux mains de communautés de monstres qui vivent cachés parmi les humains. Armé de son arsenal à balles d’argent, Dylan Dog est le gardien de ces forces obscures et doit préserver l’équilibre entre loups-garous, vampires et autres zombies. Jusqu’au jour où une série de meurtres ensanglante la ville et menace de déclencher une guerre entre les créatures... Si le film se détourne assez radicalement des atmosphères jubilatoires de son modèle, il n’en propose pas moins une série B très fréquentable et convaincante dans un classique cocktail de frisson, d’humour et d’action. Acteurs habiles, photographie soignée et effets spéciaux corrects à l’appui, Kevin Munroe sans prétendre contenter les adorateurs du personnage, semble viser à lui attirer un nouveau (grand) public friand d’univers macabres. Dans ces ambitions modestes, on aura vu pire avec notamment The Spirit réalisé par un grand nom du comic-book américain... (GCo)

















