Le journaliste Harvey Drinkwater (!), quitte la quiétude de Boston pour le Texas où l’envoie le directeur de son journal pour faire un reportage dans le coin le plus dangereux de l’État où se concentre « le pire de toute la racaille des ploucs de l’Ouest rassemblé sur un espace grand comme le cul d’une mouche » le « Hell’s Half Acre » ! Bien décidé à abandonner le journalisme, Drinkater saisit cette occasion pour se venger de l’ex-mari de sa mère, s’enrichir et trouver une femme. Mais il n’est pas le premier blanc-bec à débarquer dans la « ville des vaches » pour tenter sa chance. Cela fait déjà quatre ans que Betsy Marone plume les visiteurs au poker, et ce n’est pas avec un nom pareil qu’Harvey Drinkwater va impressionner grand monde à Fort Worth. Et de toute façon, comme le dit Ivy, l’homme du cru qu’il a embauché pour le guider dans cette nouvelle vie, on ne peut pas venir dans l’Ouest pour la vengeance, la fortune et l’amour. Ça fait trop. Il faut choisir.
Initialement publié sous forme de suppléments dans le Journal de Spirou en 2011 (neuf au total), c’est enrichi de nouvelles pages que nous revient ce Texas cowboys, réjouissante révision du western, genre légèrement tombé en désuétude ces dernières années. Peu embarrassé par les codes du genre, Lewis Trondheim orchestre avec brio une foule de petits destins qui liés à un titre ou à un autre à l’intrigue globale s’entrecroisent dans Fort Worth, la ville qui est le cadre de cette histoire. Ce qui ne gâte rien, Texas cowboys bénéficie de l’élégance du trait de Matthieu Bonhomme dont le dessin dynamique évoque parfois certaines belles pages de Jijé, autre grand auteur d’histoires de cow-boys. (JphM)
le livre de Matthieu Bonhomme et Lewis Trondheim : Texas cowboys. Dupuis / 20,50€.

















