Royaume des mangas, la patrie d’Hokusai a naturellement décliné en films et séries animés les succès de son imposante production éditoriale. Aux plus grands maîtres les premiers honneurs : Ozamu Tezuka avec Astroboy ou Léo roi de la jungle (inspirateur d’un autre lion Outre-Atlantique) pour les plus jeunes spectateurs ; Yoshihiro Tatsumi dont la vie et l’œuvre se retrouvent dans le magnifique Tatsumi sorti récemment en partenariat avec la Cité. Les lecteurs de « shonen » retrouveront en DVD simples ou coffrets leurs séries favorites dont One piece, Fairy tail, Naruto... Les amatrices de « shojo » vibreront aux romances d’Entre elle et lui et de Nana ou aux péripéties de Cutie Honey. Les adaptations de « seinen » MPD psycho ou Tokyo tribe 2, épousant quant à elles d’autres univers tels Tokyo demon campus ou Death note en rares coffrets collector.
Précédant Walt Disney, l’animation japonaise se distinguait par sa finesse visuelle et ses ambitions thématiques. Une réputation dignement portée aujourd’hui par le légendaire studio Ghibli (Kiki la petite sorcière, Le château dans le ciel et Princesse Mononoke d’Hayao Miyazaki entre nombreux titres) et des perles moins connues à découvrir en famille : La Forêt de Miyori de Nizo Yamamoto, Yona la légende de l’oiseau sans aile de Rintaro, Panda petit panda d’Isao Takahata... Les animateurs japonais auront également marqué des domaines tels que la science-fiction (Akira de Katsuhiro Otomo, Metropolis de Rintaro, Appleseed de Shinji Aramaki...), le thriller (Perfect blue, Blackjack, Flag...) et la singulière poésie baignant des œuvres telles que La Chorale, Colorful ou A Tree of palme, mêlant introspection et histoire(s) culturelle(s).
Avant ces trésors animés, l’archipel donnait naissance à des réalisateurs iconiques tels Yasujirô Ozu, Akira Kurosawa et Nagisa Oshima. Devant leurs caméras, le Japon et ses villes se découvrent à travers Voyage à Tokyo, La Légende du grand judo, Nuit et brouillard au Japon, Tabou… Autant de chefs-d’œuvre dont certains méconnus en Europe, qui n’éclipsent pas d’autres merveilles de patrimoine telles que Les Sœurs de Gion et autres films de Kenji Mizoguchi, ni la vague nouvelle incarnée notamment par Kijû Yoshida. Légataires de telles sensibilités, Kohei Oguri et Kiyoshi Kurosawa capturent la grâce de l’étrange dans La Forêt oubliée et Jellyfish. Takeshi Kitano explore les rues des yakuzas dans Aniki mon frère et Outrage, tandis qu’Hideo Nakata guide de l’épouvante à la japonaise, offre les emblêmatiques Ring et Dark water. Le cinéma bis, expression de peurs sociétales, trouve un eldorado et des créativités sans égales dès les monstres géants du « keiju eiga » (dont la tortue volante Gamera traversant les décennies), jusqu’aux délirants Zebraman et Sukiyaki western Django de Takashi Miike détournant des codes d’Outre-Atlantique, ou l’action apocalyptique captée par Naoki Urasawa dans 20th century boys et nombre d’inclassables tels les sombres Tachiguishi retsuden de Mamoru Oshii et Casshern de Kazuaki Kiriya. Les jeunes spectateurs, pour autant, ne sont pas oubliés et se passionneront pour les aventures de héros aussi attachants que le petit labrador Quill de Yoichi Sai ou l’enfant-robot Hinokio de Takahiko Akiyama.
Enfin, la capitale n’a pas manqué d’inspirer nombre de réalisateurs étrangers, dont Isabel Coixet pour sa Carte des sons de Tokyo, Wim Wenders rendant hommage à Ozu dans Tokyo-ga, ou encore Michel Gondry, Leos Carax et Boon Joon-Ho auteurs du surprenant Tokyo !. Par leurs yeux, les visiteurs de Mangapolis retrouveront, après leur passage à la Cité, l’ivresse des multiples découvertes culturelles dans les labyrinthes urbains du Japon.

















