La Cité vous invite à (re)découvrir un chef-d’œuvre du dessin animé français : La Planète sauvage de René Laloux, adapté d’un classique de Stefan Wul, sur des dessins de Roland Topor, Prix spécial du Jury à Cannes en 1973.
la planète sauvage
France, Tchécoslovaquie - 1973 - 1h12
Prix spécial du jury Cannes 1973
Prix Saint-Michel Bruxelles 1974
accessible aux enfants à partir de 5 ans
film d’animation de René Laloux
scénario : René Laloux, Roland Topor
d’après l’œuvre de Stefan Wul
dessins : Roland Topor
musique : Alain Goraguer
avec les voix de Jennifer Drake (Tiwa), Eric Baugin (Terr), Jean Topart (maître Sinh), Jean Valmont (Terr adulte - le commentateur)
l’histoire
Sur la planète Ygam, vivent des androïdes génats appelés les Draags. Ils élèvent de minuscules êtres humains qu’ils surnomment Oms. Mais un jour, l’Om de la jeune Tiwa se révèle plus intelligent et va déclencher une révolte...
tarif unique 3,50 €
cinéma de la Cité
60 avenue de Cognac
Angoulême
rené laloux
Né à Paris le 13 Juillet 1929, René Laloux exerce divers métiers tout en s’adonnant à la peinture. En 1955, il est moniteur à la clinique psychiatrique de Cour Cheverny. Un de ses spectacles de théâtre de marionnettes et d’ombres chinoises qu’il monte avec les malades se transforme en film 16mm acheté par Frédéric Rossif. Suit Les Dents du singe, film animé en papier découpé. En 1964, René Laloux réalise Les Temps morts avec Topor. Puis toujours avec Topor, il anime et réalise Les Escargots. Avec les producteurs Valio et Damiani, René Laloux réalise La Planète sauvage qui sort en 1973. Le film remporte le prix spécial du jury à Cannes. En 1977, avec Michel Gillet, René Laloux monte un studio à Angers pour mettre en chantier un long métrage inspiré de dessins de Caza : Les Hommes machines, d’après un roman d’Andrevon. Mais faute d’argent, ce projet ne dépassera pas les 10 minutes. En 1977, René Laloux décide de réaliser Les Maîtres du temps d’après un roman de Stefan Wul (L’Orphelin de Perdide). En 1996, à la faveur du premier siècle du cinéma, il publie Ces dessins qui bougent, une somme sur cent ans de cinéma d’animation. Dans cet ouvrage subjectif, entre manifeste et auto-portrait où il distingue les conteurs et les peintres, il n’hésite pas à porter quelques jugements parfois à contre-courant, avec son franc-parler coutumier. Sa plume le conduira par la suite vers le pamphlet : Au secours !... Je suis né paraît à compte d’auteur en 2000, suivi l’année suivante de Et alors ! Le futur c’est pour quand ? second volume de pensées, aphorismes et maximes qui suivent un chemin escarpé où le moraliste s’égare parfois dangereusement.
Ensuite, René Laloux endossa un autre rôle d’éclaireur, en prenant la direction (entre 1996 et 1999) du Laboratoire d’imagerie numérique créé à Angoulême, au CNBDI de l’époque, et qui ouvrit la voie aux prestigieuses écoles de l’image qui forment aujourd’hui dans la cité des Valois les grands professionnels de l’image animée. Il avait en quelque sorte bouclé la boucle, en consacrant ses dernières années d’activité à la transmission…
Il s’était définitivement installé sur les remparts de la cité charentaise, consacrant ses années de retraite à la peinture et à l’écriture. C’est dans son appartement-atelier, entouré de ses toiles récentes, que je lui rendis une dernière visite amicale, une semaine avant sa mort, survenue le 14 mars 2004. Nous avions notamment parlé de Un Monde tout neuf, son nouveau projet de long métrage d’animation...
La Cité a donné son nom à l’une des salles de son cinéma. Ce même nom désigne le Valois du court métrage d’animation décerné pendant le Festival du Film francophone d’Angoulême.
Gilles Ciment
« J’agis d’abord comme un explorateur d’univers graphique, puis comme un coauteur - pour être certain de ce que je retrouverai au montage - enfin comme un chef d’orchestre qui cherche à transmettre à tous les musiciens (pour nous l’équipe de fabrication) sa conception de l’œuvre à jouer dans l’esprit, le style et le rythme souhaités. Avec Topor, la collaboration se situe surtout au niveau de la conception. Roland est un auteur d’une richesse d’imagination tout à fait extraordinaire, et quand il dessine par exemple, on prend tout ce qui vient. Le problème, s’il y en a un, c’est, au stade de l’écriture, de choisir parmi les idées qu’il offre, et de les canaliser, en fonction des impératifs du récit cinématographique, vers ce que l’on estime être un bon scénario. Un bon scénario étant, selon la définition d’Hitchcock (et en la précisant), “une élaboration de paroxysmes successifs” - chacun découlant du précédent - à l’intérieur d’une lente, linéaire et inexorable montée dramatique, dont le sommet s’ouvre comme une trappe sur la chute de l’histoire. »
René Laloux, propos recueillis par Gilles Ciment, Positif No.412 (juin 1995).
le livre de Fabrice Blin : Les mondes fantastiques de René Laloux Le Pythagore / 24,50 €.
les livres sélectionnés par la librairie pour accompagner les 60 ans de la revue Positif.
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