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i like short songs

d’Olive Booger (L’Employé du Moi)

Quand les destins de quatre paumés se croisent au cours d’une nuit de débauche fortement alcoolisée, cela donne à Olive Booger l’occasion de servir une ambiance apocalyptique et moite, à mi-chemin entre Virginie Despentes et Simon Hurault.

Dans une banlieue délabrée d’une petite ville quelconque des Etats-Unis, quatre individus désoeuvrés voient leurs routes se croiser le temps d’un après-midi qui se prolongera jusqu’au lendemain. Ils vivront une nuit sans retour, où un braquage raté, une beuverie dans un bar plus que miteux et une fin de nuit dans un hall d’immeuble plutôt louche ne sont que les étapes d’une virée à aller simple, d’où s’échappe l’odeur âcre de la déviance, de la haine et surtout de la bêtise.
Dans un décor pour le moins sordide, Olive Booger, dont c’est ici le premier album, prends le soin et le temps durant le premier tiers de l’album de présenter ses protagonistes et campe des personnages mals dans leur peau, malsains et dont il ne reste plus grand chose à sauver, ceci afin de mieux préparer le lecteur aux « festivités » qui s’annoncent. Le dessin étouffant, noir et volontairement mal dégrossi de Booger contribue grandement à la laideur ambiante, et dessert un scénario déjà bien glauque et très minutieux par son sens du détail et la justesse de ses dialogues. Ses personnages, malgré leur folie certaine, sont tous touchants à leur manière et chacun est prêt à aller jusqu’au bout de son inconscience, même si certains y sont plus préparés que d’autres. Ainsi, le ressort principal du récit apparaît clairement : on sait que ça va mal finir, mais comment cela va-t-il finir ? Descente aux enfers brute, sans concession et surtout très réaliste, l’histoire que nous conte Booger est d’une noirceur absolue, terriblement sincère, certes pas destinée au plus grand nombre, mais d’une désarmante sincérité qui accrochera aux tripes du lecteur averti. (AC)

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