ciné répertoire : la rumeur, de william wyler
mardi 10 janvier 2012 à 18h, cinéma de la Cité
« Fumée du bruit » selon Victor Hugo, la rumeur peut être ravageuse, surtout si elle est le fruit d’une manipulation comme le montre le film de William Wyler, Children’s Hour. Rebaptisé La Rumeur lors de sa sortie en France, ce film est la deuxième adaptation par Wyler de la pièce de Lilian Hellman, dont il se montre plus fidèle que la première version de 1936, osant aborder le sujet de l’homosexualité féminine. Un film servi par un casting époustouflant qui fit couler beaucoup d’encre dans les années 60. Séance organisée en partenariat avec la Canopée de Ruffec et Ciné passion 16.
la rumeur
de William Wyler
USA, 1961. 1h44
avec Audrey Hepburn, Shirley MacLaine, James Garner...
l’histoire
Dans une petite ville de province, deux amies, Karen Wright et Martha Dobie, dirigent une institution pour jeunes filles. Elles sont aidées par Lily, la tante de Martha, ancienne actrice excentrique ! Fiancée au médecin Joe, Karen a du mal à s’engager et à laisser à Martha la direction de l’école. Mary, une lévève insolente et menteuse, lance une rumeur, pour se venger d’avoir été punie : les deux professeurs auraient une relation contre nature. Elle commence par le raconter à sa grand-mère...
william wyler
Fils de commerçants suisses, William Wyler étudie à Lausanne et suit des cours de violon au conservatoire de Paris. En 1922, il fait la rencontre du producteur américain Carl Laemmle, qui l’embauche comme agent publicitaire pour les studios Universal. Installé à Hollywood, il se lance dans la réalisation, mettant en scène dès 1925 toute une série de courts westerns dont La Barrière de feu en 1926. Naturalisé américain deux ans après, il passe au long, signant dans la première moitié des années trente des romances à connotation sociale comme Orages (1931) ou Barbary Coast (1935) .
C’est en 1936, avec deux autres love stories produites par Samuel Goldwyn, Dodsworth et These Three, qu’il remporte les faveurs du public. Dès lors, réputé pour sa construction psychologique des personnages et ses adaptations de prestige, il enchaîne quelques succès comme Rue sans issue (1937) avec Humphrey Bogart, L’Insoumise (1938) avec Bette Davis et Les Hauts de Hurlevent (1939), une transposition soignée du roman d’Emily Brontë avec Laurence Olivier et Merle Oberon.
Dans des registres divers, les plus grands acteurs tournent sous sa direction : Montgomery Clift dans la comédie dramatique L’Héritière (1949), Kirk Douglas dans le film policier Histoire de détective (1951) ou encore le duo Gregory Peck / Audrey Hepburn dans Vacances romaines (1953). Deux westerns (La Loi du Seigneur et Les Grands espaces) plus tard, signe d’un retour aux sources, William Wyler se voit confier en 1959 la mise en scène du péplum Ben-Hur, une énorme production hollywoodienne couronnée de onze Oscars, dont ceux du Meilleur film, du Meilleur réalisateur et du Meilleur acteur pour Charlton Heston.
A partir de 1960, au faîte de sa gloire, le « maître » se cantonne à des sujets plus intimistes, abordant les thèmes de l’homosexualité féminine avec La Rumeur (1961), de la folie amoureuse avec L’Obsédé (1965) et du racisme avec On n’achète pas le silence (1970). William Wyler met fin à sa carrière de cinéaste à l’aube des années 70, non sans avoir dirigé en 1968 la débutante Barbra Streisand dans la comédie musicale Funny Girl.
sur le film, dates et horaires
séance organisée en partenariat avec la Canopée de Ruffec et Ciné passion 16

































