introduction - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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introduction

Une autre histoire : bande dessinée, l’œuvre peint présente un dialogue riche et étonnant entre la bande dessinée et la peinture.
Cette nouvelle exposition de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image permet au neuvième art, souvent considéré comme un médium lorgnant vers les cimaises des Beaux-Arts, de se libérer de cet adage classique et propose au public de (re)découvrir les rapports que peuvent entretenir ces deux médiums, en embrassant d’un même regard les tableaux et les planches des artistes exposés.
Pour cette exposition, fourmillant d’une hétérogénéité d’images et d’imaginaires, il semblait logique d’élaborer un sens de visite chronologique, principe qui pourrait être dans un même temps une lecture ou une relecture non objective de l’histoire de la bande dessinée.
Paul Cuvelier, <br>"Deux femmes entrelacées" <br>(huile sur toile, collée sur carton)Une autre histoire… provoque une rencontre avec des auteurs comme Joseph Gillain, Paul Cuvelier ou encore Will, aux destins bien différents mais pour qui la peinture est un médium employé naturellement dans leurs pratiques artistiques : Joseph Gillain produira un grand nombre de tableaux mais restera fidèle à la bande dessinée. Paul Cuvelier, quant à lui, abandonnera définitivement la bande dessinée pour se consacrer à la peinture.
Plus tard, d’autres auteurs entretiendront une relation totalement décomplexée à la peinture : Herr Seele a étudié la peinture à Florence et pose le héros de sa série Cow-boy Henk entre références aux surréalistes et aux primitifs flamands ; Jacques de Loustal ne cesse de travailler sur la narration dans ses peintures ; Philippe Druillet conçoit de son côté la bande dessinée et la peinture comme un ensemble impératif à son inspiration et, lorsque Frédéric Poincelet peint sur des assises de siège en bois, ou Frédéric Coché sur un bouclier d’artillerie, la peinture libère alors une énergie nouvelle.
Michaël Matthys, <br>"Running in the dark" <br>(fusain sur papier cartonné, 2010)Cette exposition rappelle aussi que la dimension économique de la bande dessinée a incité tout un mouvement à s’émanciper des canons habituels de l’album d’autrefois. En effet, les labels dits indépendants explosèrent en leur temps le classique format des 48 pages couleurs des albums de bande dessinée, ainsi que toutes les théories établies sur la narration elle-même. Ils provoquèrent une chute d’un mur solidement ancré dans les esprits et le commerce.

Des auteurs présents dans cette exposition comme Jochen Gerner, Michaël Matthys ou encore Anke Feuchtenberger rappellent dans leurs œuvres cette juxtaposition graphique, ce franchissement aisé des frontières qui n’existent plus ou n’existeraient plus entre la bande dessinée et la peinture.

Le temps et l’histoire de la bande dessinée et des arts plus généralement poursuivra, sans doute, cette relation en perpétuelle évolution…

Frédéric Poincelet, <br>sans titre <br>(diptyque, siège 1 et siège 2)