cinq questions à cinq auteurs - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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cent pour cent

cinq questions à cinq auteurs

les questions

votre choix
S’est-il fait en fonction de la planche pour elle-même (sa qualité graphique spécifique, ce qu’elle éveille en vous de souvenirs de lecture lointaine ou récente…) ou de son auteur (ce qu’il représente pour vous dans l’histoire du genre, son influence sur votre propre vocation d’auteur de bande dessinée…) ?

votre idée d’hommage
A-t-elle germé rapidement ou avez-vous hésité entre plusieurs projets ? Si oui, lesquels ?

votre démarche
À quel exercice de style la rattachez-vous ? (hommage, transposition, variation picturale, illustration, suite, parodie, détournement…). Quel sens lui donnez-vous ?

vos références artistiques
Quels sont les artistes et/ou œuvres qui, en dehors de la bande dessinée ont, de près ou de loin, une influence sur votre travail (peinture, sculpture, cinéma, musique, littérature…) ?

et si…
En dehors de la planche que vous avez choisie, y a-t-il un auteur, une œuvre, non-présents dans la sélection du musée, à laquelle vous auriez rêvé de pouvoir rendre hommage ?

les réponses d’étienne lécroart

votre choix
Comme je le dis dans ma planche, mon choix s’est fait en fonction de l’invention formelle de la planche de départ, des thèmes traitées (Oulipo, mémoire), de la proximité avec l’auteur, sa démarche et son appartenance au même groupe (l’Oubapo) et des souvenirs que j’ai de ma première lecture de cette planche.

votre idée d’hommage
J’ai hésité un moment entre diverses planches, mais je ne sais plus lesquelles. Il y en avait une de Fred, une de Marc-Antoine Mathieu peut-être. J’ai choisi celle-là à cause de son évidence pour moi et de sa simplicité qui m’imposait aussi la simplicité.

votre démarche
C’est un hommage, une transposition et une autobiographie.

vos références artistiques
Il y a des tas d’auteurs que j’adore mais je ne citerai ici que ceux qui influencent directement mon travail. Il y a bien sûr les écrivains de l’Oulipo (Pérec, Quenaud, Roubaud, Jouet, Le Tellier, etc.) et en règle générale, les innovateurs formels.
En littérature : JC Massera, C. Montalbetti, D. Hofstadter, Gherasim Luca, J. Tardieu, etc.
Au cinéma : A. Resnais, B. Blier, Cassavetes, et ceux qui me font rire : Salvadori, Chaplin, Tati, etc.
En musique : des briseurs de frontières comme Les Ex, les 17 hippies, L’Arpeggiata, E. Pieranunzi, Brassens, Juliette, etc.
En peinture : Vuillard, G. Grosz, Pascin, Klimt, Kupka, Aleschinski, Dillasser, etc.

et si…
S’il n’en faut qu’un : Goossens. Mais je ne sais pas par quel biais j’aurai pu l’aborder. Sinon sûrement Pétillon.

les réponses de lewis trondheim

votre choix
Je voulais choisir une planche qui me parlait, avec laquelle je ressentais quelque chose dans le but de créer un dialogue. Faire juste un hommage ne m’intéressait pas.

votre idée d’hommage
Il fallait une qualité graphique dans la planche et une qualité d’auteur. En faisant défiler les planches, c’est la première où je me suis dit : là, je peux répondre. Et en plus, y’a moyen de blaguer.

votre démarche
Hum… Je ne sais pas. Un peu tout ça à 10%. Et à 90% juste pour rigoler.
Quel sens je lui donne ? Le sens vertical. Si vous la présentez dans le sens horizontal, ce sera moins bien.

vos références artistiques
Matt Konture.

et si…
Une page des années 1940 de Carl Barks avec Picsou.

les réponses de jean-claude götting

votre choix
J’ai choisi cette page, parce que Le Major Fatal de Moebius a été pour moi un grand choc esthétique et narratif au moment ou je l’ai découvert, c’est à dire vers l’âge de 17/18 ans, alors que je dessinais mes premières pages de bandes dessinées dans l’espoir de les voir publier. A cette époque le livre était épuisé et déjà mythique. C’est donc à prix d’or (100FF) que j’ai acquis un exemplaire d’occasion dont ont avait découpé la page de garde qui devait porter une dédicace du maître, chez un libraire parisien. Je l’ai toujours.

votre idée d’hommage
J’avais d’abord pensé à continuer la scène, dans une sorte de symétrie.

votre démarche
Il s’agit d’une transposition. Je voulais garder la structure et les dialogues intacts. Cette page est assez caractéristique de cette œuvre, de la façon dont on passe d’un univers à l’autre. En ouvrant des portes, notamment.
Ici, l’auditoire de science-fiction est transformé en club d’amateurs de musique. Le major porte toujours un casque, mais d’aviateur. On retrouve le découpage en 3 cases.

vos références artistiques
Pour mes premiers travaux je citerais les romans de Frédéric Brown, Modiano, James Cain, Jacques Bellefroid...certains films ou courts métrages de la Nouvelle Vague, les films noirs des années 40/50, la peinture de Kirchner, Munch, Balthus, les photos de Brassaï, et les chansons de Tom Waits. Ensuite, on essaie de se dégager des influences.

et si…
J’aurais adoré reprendre une page de « Janus Stark » ce héros de bd de gare, sorte de David Coperfield élastique, qui semble-t-il aurait été créé ou du moins dessiné par Solano Lopez (les pages ne sont jamais signées) et dont, enfant, je dévorais les aventures. J’ai d’ailleurs envisagé un temps de reprendre ce personnage pour en faire un récit long.

les réponses de jochen gerner

votre choix
Je ne connaissais pas le dessinateur Frank Bellamy. Mais la planche choisie m’intéressait pour Robin des Bois, un style très classique, des sentiments glorieux et la représentation romantique du monde végétal. Je souhaitais en fait détourner un univers narratif et graphique très différent
de mon propre travail.

votre idée d’hommage
Cette bande dessinée très cinématographique par son sujet et ses cadrages a déclenché assez rapidement l’idée d’une réinterprétation basée sur le changement de point de vue. La présence et le déplacement des personnages dans les sous-bois (marche horizontale et progression verticale), le cadrage serré sur les corps en mouvement m’ont donné envie de déplacer et élargir le champ de vision du lecteur.

votre démarche
Réinterprétation graphique, variation picturale, détournement et parodie peuvent convenir pour définir cet exercice.
En élargissant simplement le cadrage pour obtenir une vision aérienne de la forêt, je fais disparaître les personnages présents dans les sous-bois (et le lyrisme de la planche de Bellamy) et je représente uniquement les personnages juchés sur la cime des arbres par de petits traits schématiques.
La répétition des cases (itération) accentue l’importance des échanges sonores. Mais la distance provoque également une déformation des voix et le lecteur ne perçoit plus que des échos ridicules et bribes de voix perdues dans l’espace. C’est le son du cor qui finalement surprendra et donnera du mouvement (chute des personnages) dans la case finale.

vos références artistiques
Les bâtiments des architectes Arne Jacobsen, Herzog et de Meuron, les dessins de Josef Albers et Bill Traylor, les peintures de Ellsworth Kelly, les films de Camille Henrot, les jardins de Roberto Burle Marx, les livres de Herman Melville, Jean Echenoz et Patrick Bouvet m’impressionnent. L’influence n’est pas stylistique, le travail n’est pas le même mais j’apprécie ces univers.

et si…
L’embarras du choix m’a empêché de rêver à des auteurs supplémentaires.

les réponses d’edmond baudoin

votre choix
Je ne sais pas précisément la première fois que j’ai vu des dessins de Buzzelli, il y a longtemps, dans ce « longtemps » je ne faisais pas encore de bandes dessinées, je dessinais en « amateur » et je découvrais chez cet artiste une proximité très grande avec ma recherche : comment déposer
le plus possible de vie avec un pinceau et de l’encre sur du papier.
Je ne mesure pas l’influence que Buzzelli a eue sur mon travail, c’est quelque chose de la fraternité.

votre idée d’hommage
Je ne me souviens pas m’être posé la question, on me permettait de travailler sur cet auteur, dire oui était une évidence.

votre démarche
Je dis fraternité avec Buzzelli, alors ce que j’ai fait de sa planche c’est une suite. Il était un peu un grand frère.

vos références artistiques
Sartre, Deleuze, Le Clézio, Neige Sinno, Giacometti, Rembrandt, Goya, Pina Bausch, l’Art Inuit, Shitao, Pedro Costa.

et si…
Je ne sais pas, j’en ai regardé très peu, celle de Buzzelli m’a arrêtée, je ne réfléchis jamais longtemps, je ne sais pas réfléchir.