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m u s é e

la planche du mois : marked man, de jack davis

en octobre 2011 au musée de la bande dessinée

Figure incontournable du légendaire éditeur américain EC comics, Jack Davis fait partie du petit groupe qui, en 1952, lance, sous la houlette d’Harvey Kurtzman, Mad, revue parodique dont nul n’ignore le succès le succès et l’impact sur l’histoire de la bande dessinée. Son style élégant et nerveux, son goût des compositions dynamiques et son talent remarquable pour la caricature en font un rare exemple d’artiste aussi à l’aise – et aussi génial – dans le dessin « sérieux » que dans l’humour le plus débridé. La planche de Marked Man présentée durant tout le mois d’octobre au musée en apporte une brillante démonstration.

Né en 1924 à Atlanta (Géorgie, USA), Jack Davis montre de grandes dispositions pour le dessin dès son enfance et publie professionnellement dès l’adolescence. Son passage sous les drapeaux est l’occasion de créer une série publiée dans un magazine de l’US Navy. Rendu à la vie civile, il suit des études à l’université de Géorgie et réalise ses premiers dessins publicitaires. Il se lance dans la bande dessinée en travaillant comme assistant sur des séries déjà existantes. Une date marquante de sa carrière, et de l’histoire de la bande dessinée est 1951, quand il entame une collaboration extrêmement fructueuse avec E.C. Comics. Il s’illustre dans les horror comics (Vault of Horror, Tales from the Crypt, Haunt of Fear…), les war comics (Two Fisted Tales, Frontline Combat), et bien sûr l’humour. En 1952, il participe au lancement de Mad. Il publie également dans tous les titres (Cracked, Panic, Crazy…) qui, à la suite de Mad, exploitent la veine parodique. Tout en participant à Trump, Humbug et Help !, successivement lancés par Harvey Kurtzman, et de prêter main forte au même Kurtzman et Bill Elder pour quelques épisodes de Little Annie Fanny dans Playboy, il se tourne avec succès vers l’illustration publicitaire, les affiches de films, le story-board de dessins animés et les illustrations pour la presse magazine.
La planche de Marked Man présentée au musée, a paru dans Incredible relève du registre « sérieux », encore qu’on puisse s’interroger sur la possibilité d’un second degré dans une histoire qui fonctionne, comme la plupart des récits publiés à l’époque par E.C. Comics, sur le principe d’un récit dont la chute en dernière page renverse complétement le développement logique du scénario. Marked Man raconte, dans le registre « la solitude des chefs », l’histoire d’un militaire du futur, assigné aux missions interstellaires les plus dangereuses, et habitué à prendre sans hésiter les décisions les moins faciles, y compris celles qui entraînent la mort d’innocentes victimes.
Du parcours incroyablement prolifique de ce génie du dessin qu’est Jack Burton Davis, on retient habituellement son passage chez E.C. Comics où il dessina des récits d’horreur, de science-fiction et d’humour (pour le premier Mad). Mais il a également travaillé pour la publicité, le cinéma, la télévision, illustré les couvertures des plus grands magazines américains des décennies 50 à 80... Son trait, souple, expressif et élégant est reconnaissable entre tous et a marqué deux générations de dessinateurs, au premier rang desquels Jean Giraud/Moebius.