Calvo est considéré à bon droit comme l’un des maîtres mondiaux du récit animalier, mais il s’est illustré dans tous les genres du récit populaire : western (Tom Mix), récit de flibuste (Hurleloup, épervier des mers), récit de jungle (King Kong) et même science-fiction (Croisière fantastique). Dans ces histoires aux péripéties volontiers échevelées, non dépourvues de violence et souvent d’une dimension fantastique, la maîtrise des contrastes est manifeste, le blanc de la page jouant avec des noirs qui ne sont jamais posés en aplats simples, mais constellés de fines zébrures blanches qui leur confère une riche texture. Héritier de Félix Lorioux, influencé par Samivel (celui des albums pour enfants) et Albert Dubout (pour le goût du détail et des accumulations saugrenues), Calvo a sans aucun doute subi l’influence de Walt Disney (de huit ans son cadet) dans les années 1930, mais son style n’a rien de mimétique : la rondeur de Calvo est bien plus exubérante et baroque que celle du maître de Burbank. Et d’ailleurs, Disney lui-même ne s’est pas trompé sur la valeur des dessins de Calvo : il lui a proposé après-guerre de venir travailler pour ses studios, ce que Calvo déclina, peu attiré qu’il était par le mode de vie américain.
Né en 1892 à Elbeuf d’une ascendance hispano-italienne, Edmond-François Calvo a laissé le souvenir d’un homme affable, au physique imposant.

















