la planche du mois : rahan, d’andré chéret - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Acheter vos billets musée en ligne
FR | EN
pour la sécurité sanitaire de tous, nous vous informons que le port du masque est obligatoire dans nos espaces pour les personnes de plus de 11 ans.
accueil > votre visite > au programme > événements et rendez-vous > archives des rendez-vous de la Cité > archives 2011 des rendez-vous de la Cité > la planche du mois : rahan, d’andré chéret

la planche du mois :
rahan, d’andré chéret

en août 2011 au musée de la bande dessinée

La « planche du mois » d’août propose de revenir au héros préhistorique le plus célèbre de la bande dessinée d’après-guerre : Rahan, du dessinateur André Chéret et du scénariste Roger Lécureux. Publié dans Pif Gadget en 1969, « le fils des âges farouches » remporte immédiatement un immense succès, jusqu’à connaître sa propre publication et, plus tard, une adaptation en dessin animé à la télévision. Les solides scénarios de Lécureux et les dessins dynamiques de Chéret ont marqué au moins deux générations de lecteurs.

Rahan est une créature dont on fait les mythes : ancêtre de l’humanité vivant dans une préhistoire de convention, il symbolise explicitement la marche des hommes vers le progrès et la fraternité.
Orphelin (les membres de son clan ont péri dans l’éruption d’un volcan), il a reçu en héritage de son père un coutelas et un collier de griffes qui symbolise les qualités de « ceux-qui-marchent-debout » (soit les êtres humains), Rahan est un héros solitaire loin de son foyer, qui croise au hasard des circonstances la route de tribus à qui il apporte les lumières de la raison. Chaque épisode le voit affronter seul un danger, en triompher par la réflexion, puis rencontrer les membres d’une tribu et après confrontation avec eux, les faire profiter du fruit de sa récente expérience. Il repart alors vers de nouvelles aventures.
Courageux, il est en toute circonstance un adversaire résolu des croyances et des superstitions, auxquelles il oppose les lumières de la raison et de la méthode expérimentale. En ce sens, Rahan est moins une bande « préhistorique » qu’une suite de fables édifiantes exaltant la solidarité entre les peuples et le rejet des croyances religieuses. Ce credo philosophique est au cœur de la plupart des créations du scénariste Roger Lécureux (1925-1999) qui fit toute sa carrière au sein de la rédaction de Vaillant (devenu Pif Gadget à l’époque de la publication de Rahan), idéologiquement proche des positions du Parti communiste français de l’époque.
Rahan paraît pour la première fois en 1969 dans les pages de l’hebdomadaire, et rencontre rapidement un énorme succès, dû bien sûr à la forme canonique d’un récit au schéma presque immuable, mais aussi (surtout ?) au dynamisme du dessin d’André Chéret. Privilégiant des mises en page dynamiques, jouant sur les contrastes du noir et du blanc, présentant constamment des personnages en tension ou en mouvement, Chéret acclimate dans le champ de la bande dessinée française une esthétique directement inspirée de la tradition des comics américains. On pense, en contemplant, les pages, aux aventures de Tarzan (dans ses premières esquisses, Rahan était brun) et aux découpages des aventures de certain super-héros de l’univers Marvel.
Le succès est tel que Rahan connaît un temps une publication à son nom, et que l’éditeur fait appel à d’autres dessinateurs pour dessiner toujours plus d’épisodes des aventures du « fils des âges farouches ». À la fin des années 1980, un dessin animé diffusé à la télévision renforce cette notoriété, confirmée depuis par la publication d’intégrales en plusieurs volumes.
À découvrir durant tout le mois d’août au musée de la bande dessinée.