la planche du mois : les sœurs zabime, d’aristophane - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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m u s é e

la planche du mois :
les sœurs zabime, d’aristophane

en mai 2011 au musée de la bande dessinée

En mai, découvrez avec la planche du mois l’œuvre de l’un des plus singuliers dessinateurs contemporains dont la carrière aura été météorique, Aristophane. Ancien élève des Beaux-arts de Paris, il était venu à la bande dessinée à l’école des Beaux-arts d’Angoulême, où sa personnalité forte mais réservée avait marqué les étudiants et enseignants qui le côtoyaient. Mort à l’âge de 37 ans en 2004 son œuvre tient en quelques centaines de pages où rien n’est médiocre, à l’instar des Sœurs Zabime, dont cette planche provient.

La parution du Conte démoniaque en 1996, librement inspiré de La Divine comédie de Dante, a frappé les lecteurs et la critique, et constitué un moment important dans la reconnaissance de la « nouvelle » bande dessinée des années 1990. Cette évocation de l’enfer, portée par un graphisme puissant et très noir, était pour Aristophane une manière d’interroger la notion du Mal. Il a pris plus tard ses distances avec cette œuvre suffocante, jusqu’à la désavouer.
Il s’est ensuite tourné vers des œuvres plus courtes, au cœur desquelles se trouvent des interrogations existentielles aussi fortes que discrètement traitées.
Ainsi des Sœurs Zabime. L’action se déroule sur quelques heures dans un petit village de l’île de la Guadeloupe (dont Aristophane était originaire). Le lecteur suit trois jeunes sœurs au cours de leur premier jour de vacances scolaires. Aristophane rend avec sensibilité et nuances toutes leurs rencontres, leurs discussions, leurs rires, leur ennui aussi. L’évocation de la vie des différents personnages croisés en chemin, leurs rivalités, les disputes, les affrontements, mais aussi les réconciliations et les connivences se fait par touches discrètes. Le trait est tour à tour charbonneux ou précis (voir le traitement presque décoratif du groupe de fleurs dans la dernière case). Dans ce récit antispectaculaire et pourtant captivant, Aristophane finit par toucher le lecteur, qui ressent au plus profond de lui-même ce que ces péripéties apparemment banales peuvent contenir d’épiphanies intimes.

musée de la bande dessinée, quai de la Charente
du 3 au 29 mai 2011