colloque : archiver la bande dessinée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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colloque : archiver la bande dessinée

dimanche 30 janvier 2011 à 11h00

Alors que semble s’amorcer un retour critique sur l’histoire, comme le montre par exemple l’ouvrage de Thierry Smolderen, Naissances de la bande dessinée, la question de l’archive se repose avec une acuité nouvelle. Mais si l’histoire ne se construit que par la confrontation d’archives, comment élaborer celle de la bande dessinée, depuis toujours réticente à l’archivage ? Un mini-colloque pour faire le point.

Avancer qu’auteurs et éditeurs ont longtemps tardé à conserver leurs archives relève d’un doux euphémisme. Jusqu’aux années 1970, l’idée de conserver les planches originales par exemple, semblait parfaitement farfelue aux éditeurs comme aux auteurs. Parallèlement à ce désintérêt des professionnels pour toute politique documentaire, les institutions étatiques ont, elles aussi, longtemps rechigné à archiver ce qui fut longtemps perçu comme une sous-littérature. Mal conservée en bibliothèque, la bande dessinéene semble pas non plus bénéficier, contrairement à d’autres secteurs de l’édition, de fonds d’archives qui permettent d’étudier précisément le rôle des grandes figures du milieu.
Pourtant, des fonds existent. Disséminés, éclatés dans des lieux très différents, répondant à des raisons d’être hétéroclites, ils offrent des outils de plus en plus nombreux pour faire un retour sur l’histoire de la bande dessinée. Car l’histoire du neuvième art a pour particularité de s’être longtemps construite sans archives autres que le fruit des patientes collectes de quelques passionnés.
Aujourd’hui que semble s’amorcer un retour critique sur l’histoire, comme le montre par exemple l’ouvrage de Thierry Smolderen, Naissances de la bande dessinée, la question de l’archive se repose avec une acuité nouvelle.
Quels fonds dorment depuis des années sans avoir été explorés ? Quels fonds récents attendent leurs chercheurs ? Que nous apprend l’expérience des fonds déjà dépouillés ? Archives écrites et orales, publiques et privées, éditoriales et auctoriales, conservées par des institutions ou des particuliers... Quelles archives permettent aujourd’hui d’écrire l’histoire de la bande dessinée ? En quoi la numérisation croissante de l’édition impose-t-elle un changement de pratiques archivistiques ? Si l’histoire ne se construit que par la confrontation d’archives, comment élaborer celle de la bande dessinée, depuis toujours réticente à l’archivage ?

programme

11H00 Mot de bienvenue et introduction

11H15 Évolution des sources, quels objets pour les archives ? par Jean-Pierre Mercier
Cette introduction aux rencontres tentera de faire le tour des types de documents que les centres de documentation, bibliothèques et musées conservent, en rapport avec l’histoire de la bande dessinée, en partant bien sûr des collections entreposées à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.
Jean-Pierre Mercier est entré à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image en 1988, après avoir été successivement (et parfois simultanément) bibliothécaire pour enfants, éditeur et journaliste. Il occupe à la Cité les fonctions de conseiller scientifique.
Traducteur (anglais) et auteur de nombreux articles, il est par ailleurs responsable de la réédition des œuvres de Robert Crumb aux éditions Cornélius.

11H30 Les fonds d’archives sur la bande dessinée en Amérique du nord par Jean-Paul Gabilliet

Aux États-Unis et au Canada, les fonds d’archives relatives à la bande dessinée se trouvent, pour un petit nombre (une demi-douzaine), dans des structures privées ou publiques non universitaires et, majoritairement, dans une quarantaine de bibliothèques universitaires. La communication présentera un panorama de ces collections en mettant l’accent sur la diversité des sources primaires pour l’étude de la bande dessinée : revues et livres de bandes dessinées mais aussi originaux et archives d’auteurs et d’éditeurs.
Jean-Paul Gabilliet est professeur de civilisation nord-américaine au département d’anglais de l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3. Spécialisé dans l’histoire culturelle de l’Amérique du nord, notamment dans le domaine de la culture populaire, de l’image et de la bande dessinée, il est l’auteur de Des Comics et des hommes : histoire culturelle des comic books aux Etats-Unis (Ed. du Temps, 2005)

12H00 La commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence par Jean-Matthieu Méon
Le fonds d’archives Fleurus, déposé naguère auprès du CNBDI par le directeur du Centre de documentation de Fleurus-Presse, permet d’accéder à des documents difficilement ou non consultables par ailleurs. C’est le cas d’une série de dossiers relatifs au fonctionnement interne de la « Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence » (CSC), mise en place en 1950 sur la base de la loi du 16 juillet 1949. Des procès-verbaux des réunions de la CSC ainsi conservés éclairent une période clé de cette institution (1966-1980), c’est-à-dire la période de sa perte de soutiens, de son déclin, de sa marginalisation. A partir de ces documents, nous montrerons comment des débats extérieurs à la CSC ont été reconduits en son sein et ont pesé sur son exercice du contrôle des publications (débats internes sur le contrôle et sa légitimité ; débats sur l’objet du contrôle : comment considérer la bande dessinée qui commence alors à jouir d’une nouvelle –mais relative– reconnaissance ?).
Jean-Matthieu Méon
Docteur en science politique, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication au Département d’Information-Communication de l’Université Paul Verlaine de Metz. Membre du Centre de Recherche sur les Médiations (CREM).
Ses travaux portent principalement sur le contrôle public des médias (presse, télévision), les politiques culturelles et sur certaines pratiques et formes culturelles (musique amateur, pornographie, bande dessinée) –notamment au regard de la légitimité qui leur est reconnue.

12H30 Bulles perdues au pont de Tolbiac : les sources de recherche en bande dessinée à la BnF par Olivier Piffault

Olivier Piffault
Conservateur en chef des bibliothèques à la Bibliothèque nationale de France. Il y est adjoint au directeur du Centre national de la littérature pour la jeunesse – La Joie par les Livres, chargé du centre de ressources. Il s’occupe des aspects patrimoine, bande dessinée et multimédia. Formateur Bande dessinée, il est aussi responsable de la rubrique « BD » de la Revue des Livres pour enfants. Il a été un des commissaires des expositions Contes de fées (2001) et Babar, Harry Potter et Cie (2008-2009) à la BnF, et en a dirigé les catalogues : Il était une fois… les contes de fées (Seuil/BnF, 2001) et Babar, Harry Potter et Cie. Livres d’enfants d’hier et d’aujourd’hui (BnF, 2008).

organisé en collaboration avec le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, Université de Versailles-Saint-Quentin]

conférences animées par Sylvain Lesage et Jean-Pierre Mercier
dimanche 30 janvier 2011 de 10h30 à 13h00
auditorium du musée de la bande dessinée