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sélections de la Cité
le bleu est une couleur chaude la tectonique des plaques Murena t.9 ; les épines

Crepax, Guido

valentina

collection du musée de la bande dessinée

Né en 1933, le dessinateur italien Guido Crepax est arrivé à la bande dessinée par l’architecture. Diplôme d’architecte en poche, il publie ses premières bandes dessinées en 1959, dans une revue médicale.
C’est en 1965 qu’il dessine la première aventure de Valentina, dans un contexte de science-fiction. Inspirée de l’actrice américaine Louise Brooks (Crepax entretiendra un temps une correspondance avec la star hollywoodienne vieillissante), Valentina Rosselli est une digne représentante des swinging sixties : photographe de mode, elle mène une vie libre et sans tabous. Vivant une relation durable avec Philippe Rembrandt, critique d’art et criminologue à ses heures, Valentina se laisse séduire à l’occasion par d’autres et, surtout, sa vie onirique est riche de fantasmes érotiques bisexuels et autoérotiques, teintés de masochisme. Les scénarios, qui affirment à l’occasion les préférences politiques de Crepax (un épisode s’intitule Viva Trotsky), lui permettent surtout de revisiter certains genres littéraires (science-fiction et policier) et, à l’occasion, l’histoire de l’art et de la bande dessinée. Tout au long des trente épisodes que dessine Crepax, Valentina vieillit, même si son allure reste éternellement juvénile, et elle donne même naissance à un garçon, Mattia, fruit de ses amours avec Philippe Rembrandt. Sa dernière aventure paraît en 1995.
Les lecteurs français ont découverts Valentina dans Hara Kiri, puis Charlie Mensuel, dont Georges Wolinski était le rédacteur en chef.
La planche que possède le musée, extraite de Valentina et le chat botté (1968) est typique de la manière de Crepax : noir et blanc élégant, page découpée en une marqueterie de cases juxtaposées qui alternent de rares plans généraux et une multitude de très gros plans au sein desquels la chevelure « brooksienne » de Valentina se répète comme un logo.
Crepax dessine à l’occasion d’autres jeunes filles comme Anita, Bianca ou Belinda, qui partagent avec Valentina un très riche imaginaire fantasmatique, avant de se tourner vers l’adaptation des classiques de la littérature érotique (Emmanuelle, Histoire d’O, Justine, Vénus à la fourrure, etc.).
Amateur de littérature fantastique, il a également adapté Dr Jekyll et Mr Hyde et Dracula. Diminué par les atteintes d’une sclérose en plaques, Guido Crepax est mort en 2003.