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planche du mois

la planche du mois :
yves le loup, de rené bastard

en février 2011 au musée de la bande dessinée

Dans le cadre des « visites clin d’œil » proposées par l’association Via patrimoine, la Cité invite à découvrir Yves le Loup, de René Bastard et Jean Ollivier. La fameuse série médiévale du journal Vaillant fait écho à l’exposition Le Moyen-Âge dans la bande dessinée présentée dans les tours de l’Hôtel de Ville d’Angoulême du 17 janvier au 18 février 2011. Présentation par Jean-Pierre Mercier, conseiller scientifique de la Cité.

mardi 1er février 2011
de 13h15 à 13h45
musée de la bande dessinée
visite limitée à 20 personnes, sur inscription auprès de Via Patrimoine
gratuit pour les abonnés de Via Patrimoine, les abonnés de la Cité et les porteurs de la carte Pass’Culture

en association avec Via Patrimoine

la planche

De 1947 à 1962, l’hebdomadaire Vaillant a publié plusieurs bandes dessinées d’aventures s’inspirant des grands classiques de la bande dessinée d’aventure américaine parus dans l’entre-deux-guerres, établissant une « école réaliste » qui fit date.
Les Pionniers de l’espérance de Poïvet et Lécureux s’inspirent ainsi du Flash Gordon d’Alex Raymond. Lynx blanc de Gillon et Lécureux évoquent fortement le Jungle Jim du même Raymond. Enfin Yves le Loup de René Bastard et Jean Ollivier doit beaucoup au Prince Valiant d’Hal Foster, classique médiéval à grand spectacle créé en 1937. Cette récupération se fait au sein d’un périodique dont on connaît les liens le parti communiste français, à une époque où commence la Guerre froide. Elle se fait au prix d’un subvertissement complet de l’idéologie véhiculée dans les modèles d’origine.
Ainsi, Prince Valiant et Yves le Loup se développent sur le terreau commun du cycle de la Table Ronde. Mais là ou Valiant est un fils de roi et membre de plein droit de la Table Ronde, Yves le Loup est un fils du peuple, fier de ses origines et considérant la cour de Camelot comme un repère de nantis. Les scénarios de Jean Ollivier dénoncent à de nombreuses reprises l’influence pernicieuse des croyances religieuses (y compris la légende du Graal), ramenées à des superstitions pour esprits naïfs. Ce qui n’empêche pas la série de baigner presque constamment dans une ambiance fantastique où apparaissent géants, nains difformes, fées et magiciennes, et même le Temps lui-même, vieillard barbu au pouvoir terrible.
Dans ce contexte fantastique, le trait de René Bastard donne toute sa mesure. Il ne possède certes pas la puissance de son « modèle » américain, mais son charme est indéniable. Illustrateur plus que narrateur, Bastard n’est jamais aussi bon que dans les grandes compositions, et sait donner corps aux atmosphères oniriques qui marquèrent fortement les jeunes lecteurs de l’époque et ne sont pas sans rappeler certaines scènes des Visiteurs du soir, le beau film de Prévert et Carné.
La planche que nous présentons aujourd’hui, bénéficiant d’une mise en couleur originale de Bastard, en témoigne avec éclat.

+ d'info sur l’exposition Le Moyen-Âge en bande dessinée