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F’murr

le génie des alpages

collection du musée de la bande dessinée

Il souffle toujours un vent de douce folie dans les montagnes dessinées par F’murr. Un berger, son chien et un troupeau de moutons, auquel il faut ajouter quelques aigles et d’infortunés touristes, sont les protagonistes de courtes saynètes qui s’apparenteraient au théâtre du loufoque, si une telle catégorie existait.
La planche que possède le musée date de 1980. On y voit Romuald, le bélier du troupeau, succomber à sa crise cyclique de poésie morbide. Il attire la mort en personne, armée d’une faux comme il se doit, mais dotée d’un physique peu conforme aux représentations qu’on fait d’elle habituellement. On appréciera la verve de dialogues qui ne reculent pas devant quelques doubles sens et la belle efficacité d’un dispositif de cases ouvertes et fermées placées en damier, que viendra encore renforcer une mise en couleurs presque monochrome.
Car F’murr, connaisseur pointu des classiques franco-belges et américains, est aussi classique dans sa forme que débridé dans son inspiration.


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