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festival : bd-fil de lausanne, une 6e édition très affutée

du 10 au 12 septembre 2010 à Lausanne (Suisse)
entretien avec le directeur, Philippe Duvanel

Pour la sixième année, BD-Fil s’ouvre aux passionnés, aux curieux, aux néophytes et à tous ceux qui veulent découvrir de façon originale, populaire mais aussi exigeante l’univers artistiques du 9ème Art. La Cité est partenaire de cette édition présidée par Zep. Rencontre avec le directeur de BD-Fil, Philippe Duvanel.

Nous aurons l’occasion de revenir sur le programme très riche proposé par le festival suisse : expositions et débats seront au rendez-vous. Ils privilégieront d’abord la création, les auteurs et le contenu des œuvres. Cette édition 2010 mettra en avant notamment les grands maîtres du noir et blanc ou encore les auteurs majeurs de l’OuBaPo (Ouvroir de la Bande dessinée Potentielle). Un grand écart ? Non, un engagement pour tous. C’est ce que nous a confirmé Philipe Duvanel, directeur artistique de BD-FIL dans l’entretien qui suit.

3 questions à... Philippe Duvanel, directeur de BD-Fil

BD-FIL en est à sa 6ème édition. Quelle est l’identité de ce festival ?
BD-FIL est encore jeune et commence à prendre son rythme de croisière. Son propos se veut avant tout populaire et concentré sur une offre prioritairement artistique. Notre offre se concentre prioritairement sur les expositions, que nous concevons, sauf quelques rares exceptions, de A à Z. Un exercice plutôt ardu étant entendu qu’il est presque antinomique de vouloir exposer de la bande dessinée. Nous sommes cependant peu convaincus par l’axe des dédicaces pour favoriser la rencontre avec l’œuvre d’un auteur. Il nous importe à ce titre, de rentrer dans l’acte concret en proposant, à travers nos expositions, de véritables panoramas, ce tout en évitant, autant que se peut, de les limiter à la seule présentation de planches encadrées. Les expositions ne sont néanmoins pas nos seules ressources. Nous défendons également la forte présence d’espaces de lectures, l’organisation de rencontres-discussions avec les auteurs ainsi que la publication de catalogues pour laisser un acte de nos projets. Côté programmation, nous la défendons aussi curieuse et large que possible. Notre situation ainsi que la richesse de la scène suisse de la bande dessinée nous invitent naturellement à mettre un accent particulier sur les auteurs suisses, mais pas seulement.

Cette année le programme est très éclectique. Qu’est-ce qui justifie vos choix de programmation ?
L’éclectisme est une marque de fabrique de BD-FIL. Je le défends et le porte depuis mon arrivée à la direction du Festival (ndlr : en 2006, dès la 2ème édition). Je n’hésite pas, à ce titre, à faire nombre de grands écarts. Il est dans mon souhait de pouvoir offrir et partager le propos le plus large sur la bande dessinée, sans sectarisme et de la façon la plus ouverte possible. Je crois sincèrement au fait que la bande dessinée dite populaire est la porte d’entrée à d’autres types de bande dessinée. Cela est certes une évidence mais il n’est jamais inutile de le rappeler. Je n’ai donc aucune peine à proposer des sujets grand public aux côtés de projets plus pointus ou moins connus, voire quasi confidentiels. Mon seul fil rouge est d’être attentif à ce que chaque visiteur, quel que soit son âge et son niveau de connaissance, puisse faire une découverte et ne pas se sentir exclu du propos qu’on lui présente.

Vos projets les plus ambitieux pour les prochaines années ?
La bande dessinée a profondément bougé et bouge. Je fais chaque année le vœu de l’exprimer le plus largement possible et ce plus particulièrement auprès des néophytes. Pour être plus précis sur mes projets, ou plutôt mes rêves, je dirais que je caresse, côté expositions, le souhait de porter un hommage sur la ligne claire avec des auteurs tels que Chaland, Ever Meulen ou Joost Swarte, des maîtres absolus à mes yeux (mais je ne crois pas, de loin, être leur seul fan !!!) ; de partir sur le projet d’une grande exposition sur la bande dessinée fantastique ou de porter un propos sur les divers formats et formes d’édition du récit illustré. Le festival ne dispose néanmoins pas, à ce jour, des moyens et de lieux ad-hoc pour de tels projets. Côté rencontres et animations les envies sont également fortes, mais il m’importe de ne pas aller plus que vite que la musique et de développer davantage la convivialité du Festival que le volume de ses projets.

Propos recueillis par Pouria Amirshahi, Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

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