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e x p o s i t i o n

les photopeintures de coline serreau

du 25 au 29 août 2010

A l’occasion du Festival du Film francophone d’Angoulême, qui lui consacre un "focus", Coline Serreau présente à la Cité, en première mondiale, ses "photopeintures". Une autre facette de l’œuvre de la cinéaste se dévoile.

Coline Serreau : À propos de mes photopeintures

Mon arrière grand-père paternel Abel Serreau était peintre et sculpteur, son fils Fernand Serreau, peintre et dessinateur est devenu le directeur de l’Ecole des Beaux-arts de Poitiers.
Ses deux fils Jean-Marie et André Serreau n’ont pas échappé à la lignée, après les beaux-arts, ils ont tous deux fait leurs études d’architecture.
André a exercé le métier d’architecte toute sa vie, son fils Jean-Pierre est aquarelliste et dessinateur.
Jean-Marie Serreau, mon père, son diplôme d’architecte en poche, a commencé à faire de la mise en scène de théâtre, créant le plus souvent lui-même ses scénographies.
Ma grand’mère maternelle avait aussi le "don" du dessin, ses deux filles, mes tantes Antoinette et Simone Monnier sont devenues peintres.
J’ai toujours baigné dans un monde où les arts graphiques tenaient une très grande place.
Je me suis intéressée à la photo très jeune, explorant les possibilités du Nikon F que mon père m’avait légué à sa mort.
J’ai étudié l’optique et la sensitométrie avant de réaliser mes premiers films.
Tout au long de ma vie j’ai pris des photos quotidiennement, pour voir le monde, faire mes gammes d’images, composer des cadres, observer les lumières.
Mais je n’ai jamais éprouvé le besoin de montrer mes milliers de photos argentiques.
Puis est arrivé le numérique et un monde s’ouvrait pour composer d’autres images, inventer un nouveau langage.
La pratique courante du travail d’étalonnage et des effets spéciaux dans le cinéma m’avait familiarisée avec les techniques de transformation de l’image numérique.
Depuis cinq ou six ans cette recherche prend une très grande place dans ma vie.
Je ne travaille que sur mes propres photos, je les transforme et les imprime moi-même, le champ des possibles s’élargit chaque jour.
Aujourd’hui j’éprouve le besoin de montrer ce travail qui m’est devenu aussi important que mon oeuvre cinématographique ou théâtrale.
Je travaille sur les textures, murs en décomposition, masques, visages dont on ne sait plus s’ils sont vivants ou en pierre, sur les rêves, sur des lions déchus dont l’humanité nous appelle, sur une nature rêvée, encadrée ou déplacée, sur la violence des couleurs...
Je guette les transformations de nos êtres et de la matière, j’essaye d’éveiller le spectateur par un regard différent qui questionne nos certitudes.
L’homme construit, le temps détruit, tout repart vers l’entropie, je voudrais être le témoin de l’extraordinaire beauté de la disparition.
Humains faits de pierre, eau, bois, atomes, nous tourbillonnons dans la soupe où danse l’univers.