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planche du mois

la planche du mois : le roman de renart
de max cabanes (1978)

à l’honneur au musée en juillet

Comme chaque mois, la Cité vous propose de découvrir l’une des planches remarquables de la collection du musée de la bande dessinée. L’occasion d’apporter un éclairage particulier à une œuvre et à son auteur. En juillet, c’est une magnifique planche originale de Max Cabanes tirée du Roman de Renart qui est proposée aux visiteurs, en écho à l’exposition Poils, plumes et pinceaux.

Le Roman de Renart est présent dans (A Suivre) dès son n° 1, paru en février 1978. Forest figurait par ailleurs au sommaire de ce même numéro comme scénariste d’Ici Même, dessiné par Jacques Tardi. Il était somme toute légitime que ce grand auteur, qui avait révolutionné la bande dessinée au début de la décennie précédente avec Barbarella, participât à une entreprise de presse qui entendait hausser la bande dessinée au niveau de la littérature en laissant aux créateurs du neuvième art la liberté de développer leurs récits dans une pagination largement supérieure aux habituels 48 ou 64 pages des albums cartonnés.
Dans ce contexte, revisiter un « classique » de la littérature était programmatique, et Forest s’est employé à restituer la verve comique, la paillardise et l’anarchisme tonitruant du texte médiéval. La trouvaille est géniale qui consiste à affubler de masques d’animaux des personnages humains là où le texte d’origine en octosyllabes met en scène des animaux qui sont autant de caricatures de « types » humains.
Le Roman de Renart est connu pour sa verdeur. Forest le transcende en en faisant un détonant mélange d’argot, d’anglais, d’italien et de vieux français, mâtiné de « forestismes » savoureux.
Cabanes, qui dessinait à la même époque une suite de courts Contes fripons très imprégnés du Montaillou, village occitan qu’avait publié peu de temps auparavant Emmanuel Leroy-Ladurie, est visiblement à son aise dans cette farce énorme et sensuelle. Le traitement des noirs en hachure rappelle la technique des gravures anciennes et accentue l’impression d’archaïsme décalé du texte de Forest.

Le Roman de Renart
Planche 3
Dessin de Max Cabanes, scénario de Jean-Claude Forest
Encre de Chine et blanc correcteur sur papier
Inv. D91.16.3 (dépôt FNAC).

- l’exposition Poils, plumes et pinceaux

le roman renart- Cabanes