festival : périscopages (suite) - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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f e s t i v a l

festival : périscopages (suite)

retour sur des rencontres d’un 9ème type
du 13 mai au 6 juin 2010 (Rennes)

La Cité a rendu cette année deux fois visite aux rencontres Périscopages. Les 29 et 30 mai, Pili Muñoz, directrice de la maison des auteurs, a assisté aux 24 heures de la bande dessinée et participé aux 24 heures de la radio.. Les 4 et 5 juin, Pouria Amirshahi, en charge du développement et de la coordination, s’est rendu aux assises de la bande dessinée alternative. L’occasion, entre performances, expositions et débats, de s’entretenir avec Morvandiau, auteur et président de Périscopages.

trois questions à Morvandiau

Citebd : La 9ème édition de Périscopages s’est conclue il y a une semaine à Rennes. Quel est le premier bilan ?
Morvandiau : Un public nombreux (plus de 10 000 personnes sur les seules expositions), des artistes du monde entier (France bien sûr mais aussi Suède, Russie, Afrique du Sud, Belgique…), des expositions originales autour des œuvres d’auteurs mais aussi des ouvertures vers le dessin contemporain et la photographie (Kaugummi & friends) ou la création sonore (Emmanuel Guibert et Marc Pichelin rendant un vibrant hommage à Yann Paranthoën). Par ailleurs, à notre invitation et pour la première fois cette année, un auteur a documenté cette édition en dessins ce qui donnera bientôt lieu à une publication. Benoît Guillaume, qui a essuyé les plâtres de cette commande avec beaucoup de talent, donne à voir en avant-goût une partie de ses dessins sur notre blog, http://blog.periscopages.org/. Périscopages est attaché à ses principes fondateurs : gratuité de l’ensemble des rencontres, exigence artistique et culturelle, ouverture à un large public. Les portes d’entrée transdisciplinaires que nous proposons placent ce dernier dans un rapport de curiosité et de questionnement plus que de consommation. Je tiens à signaler aussi cette année la mise en place d’une édition rennaise originale des 24 heures de la bande dessinée ET de la radio, en collaboration avec l’Employé du Moi à Bruxelles, qui fut une belle réussite. Les travaux sont d’ores et déjà accessibles en ligne sur www.grandpapier.org. Franchement, c’est un bon cru.

Comment s’organise ce Festival ? La programmation autant que les moyens financiers doivent être « lourds » à organiser pour un festival de 3 semaines…
Nous préférons le terme “rencontres” à celui de “festival”, trop lié à la forme chapiteaux/stands/dédicaces dont Périscopages se démarque. Notre programmation, axée sur la bande dessinée d’auteur et l’édition alternative, est comparable au sommaire d’une revue : on cherche chaque année, mais aussi d’une édition à l’autre, à montrer des univers variés de façon harmonieuse et équilibrée en termes de préoccupations et d’esthétiques. Périscopages existe grâce à une forte scène alternative locale, un réseau de partenaires aussi bien associatifs qu’institutionnels, à une grande implication bénévole mais également grâce au travail de formation professionnelle et de diffusion d’expositions que l’association met en oeuvre toute l’année. Quant aux moyens, nous travaillons avec des structures en différents points de la Ville (les Champs Libres et les Ateliers du vent, par exemple) et le budget des rencontres, qui durent trois semaines, demeure très modeste avec 30 000 €. Il nous semble évident que le soutien financier des collectivités, effectif mais très mesuré, découle en partie d’une méconnaissance générale de ce qu’est la bande dessinée aujourd’hui. Les Assises de la bande dessinée indépendante qui ont lieu pendant les rencontres, comme le reste de nos actions à l’année, souhaitent apporter leur contribution au développement d’un appareil théorique et critique sur le sujet. C’est encore trop peu, mais nous sommes toujours là en proposant aux publics amateur et professionnel un moment culturel riche en évènements.

Quelles sont vos projets ?
La réflexion est en cours en ce qui concerne les formes que pourraient prendre notre dizième anniversaire l’année prochaine. Notre objet, c’est de faire découvrir des horizons nouveaux, des auteurs ou des initiatives éditoriales dont on ne parle qu’en marge de la production alors qu’ils sont au cœur de la création contemporaine. Afin de ne pas nous limiter au foisonnement franco-français, nous avons initié des résidences croisées d’auteurs avec la Russie et nous envisageons d’autres projets, notamment avec l’Afrique du Sud et le Canada. Nous nous intéressons aussi au patrimoine – nous avons par exemple produit et montré en 2004 la toute première rétrospective du groupe Bazooka - et projetons, pourquoi pas avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, de remettre en lumière d’autres artistes majeurs qui nous paraissent injustement méconnus ou sous-exposés. Enfin, nous échangeons de plus en plus avec des manifestations qui partagent avec nous cet engagement pour la bande dessinée d’auteur. Bref, on continue !

(Propos recueillis par Pouria Amirshahi, Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.)

Morvandiau

Président de Périscopages